L’ancien amphithéâtre d’El Jem
Nous avons eu l’occasion de visiter cet
ancien amphithéâtre durant un voyage effectué en Tunisie en
2025. La plupart des images de cette page ont été prises
lors de cette visite.
La page du site Internet Wikipédia décrivant le site
archéologique d’El Jem nous apprend ceci :
« Si
le troisième amphithéâtre d'El Jem compte parmi les
monuments les plus célèbres de Tunisie, l'antique Thysdrus
a possédé deux autres amphithéâtres, de moindre mesure.
Le
premier serait datable du Iersiècle av. J.-C.
et devait donc être rudimentaire, sans maçonnerie, mais
avec une cavea
“creusée dans le roc d'une colline, dont la typographie
lui a imposé ses dimensions et ses contours”. Il a dû être
aménagé par des marchands ou des agriculteurs italiens
immigrés pour les combats de gladiateurs. Il est d'une
grande valeur documentaire car représentant un jalon
unique dans son genre.
Par
suite de la détérioration de cet amphithéâtre et au
développement économique et urbanistique de Thysdrus, et
après plusieurs tentatives de restauration, il est décidé
à l’époque flavienne de réaménager complètement la même
colline — la seule de la région — en “la comblant de
remblais sur une hauteur de plus de deux mètres, [pour]
allonger le grand axe de l'arène, qui atteignit les
proportions de 60 × 40 mètres”.
Une tribune est ajoutée sur le petit axe, des gradins
construits sur des remblais tassés, deux carceres (cellules
et pièces où les gladiateurs et les bêtes sauvages
attendent l'entrée en scène) sont mis en communication
avec l'arène. Si l'édifice gagne en solidité et
fonctionnalité, c'est sans préoccupation d'ordre
esthétique. Malgré leur proximité, ce deuxième
amphithéâtre est distinct du premier par l'emplacement et
le style de construction, notamment les éléments
essentiels que sont la cavea et l'arène qui “divergent
totalement par le choix de leur modèle”. Ce nouvel
amphithéâtre est comparable à de nombreux autres présents
en Tunisie, comme à Thuburbo Majus, avec une structure
adossée à une butte naturelle partiellement aménagée.
El
Jem est “unique au monde” par le fait de posséder trois
édifices appartenant chacun à l'une des trois grandes
catégories connues d'amphithéâtres, tous trois étant
civils et non militaires, puisque la ville n'a jamais eu
de garnison. ».
Commentaires divers
Lorsque nous avons visité ce site archéologique, nous
n’avons pas compris qu’il n’y avait pas un seul amphithéâtre
antérieur au grand amphithéâtre d’El Jem, mais deux qui se
sont succédé. Ce n’est qu’en lisant le texte précédent, issu
de Wikipédia, que nous avons réalisé notre erreur.
Cependant, nous ne l’avons pas corrigée : nous avons
conservé la légende « Ancien amphithéâtre d’El Jem » au lieu
de l’écrire au pluriel. Et ce pour une raison simple : il
faut être un parfait expert pour repérer dans les images
1, 2, 4, 5 et 6 la présence de deux amphithéâtres.
Seule la vue par satellite de l'image
3 fait apparaître une forme des vestiges un peu
différente de la forme rigoureusement elliptique des
amphithéâtres.
Remarquons sur les images
4 et 5 la présence de longs couloirs rectilignes
dirigés vers le centre. La vue par satellite en fait
apparaître un plus grand nombre (environ une douzaine), tous
rayonnant vers le centre. Nous pensons que ces couloirs
étaient des vomitoires. Les citoyens désireux d’assister au
spectacle empruntaient ces passages, pénétraient dans la cavea puis, de là,
montaient dans les gradins en empruntant des escaliers (image 6).
Le texte ci-dessus affirme que cette construction n’était
pas l’œuvre de militaires mais civile car Thysdrus n’était
pas une ville de garnison. Nous pensons que ce n’est pas une
preuve. Mais comment a-t-on su que Thysdrus n’était pas une
ville de garnison ? Parce qu’aucun texte n’en parle ! Mais
a-t-on conscience du fait que l’on ne connaît par les textes
qu’une toute petite partie de l’histoire romaine ? Une
grande partie de ce que l’on devrait connaître est
définitivement perdue et il est possible qu’une garnison ait
existé à El Jem à un moment donné sans qu’un seul texte en
parle. De toute façon, la construction peut très bien avoir
été financée par des militaires sans qu’il y ait une
garnison à El Jem : le territoire aux alentours a pu être
colonisé par des vétérans.
Datation envisagée pour les anciens amphithéâtres
d’El Jem : an -75 avec un écart de 75 ans pour le premier,
an +125 avec un écart de 75 ans pour le second.