Les bassins des Aghlabides à Kairouan 

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Nous avons eu l’occasion de visiter ces bassins durant notre voyage effectué en Tunisie en 2025. Les images de cette page ont été prises lors de cette visite.

La page du site Internet Wikipédia décrivant ces bassins nous apprend ceci :

« Histoire

Édifiés vers 860-862, sous le règne du souverain aghlabide Aboul Ibrahim Ahmed Ibn Mohamed Ibn Al Aghlab (856-863), ils font alors partie d'une quinzaine de bassins extra-muros destinés à alimenter la ville en eau. L'ampleur et l'ingéniosité de cette réalisation ont de tout temps forcé l'admiration des voyageurs et ont valu à Kairouan le nom de "ville des citernes". À l'origine, l'alimentation des bassins est assurée par un astucieux système de drainage amenant les eaux de pluie ainsi que celles des affluents de l’oued Merguellil captées par l'intermédiaire de petits barrages. Par la suite, la construction par le souverain fatimide Al-Mu’izz li-Din Allah d’un aqueduc (vers 961), amène les eaux des sources de Cherichira, localité située à 40 kilomètres de Kairouan.

Description


L'ouvrage, réalisé en moellons recouverts d'un enduit étanche, couvrant une superficie de 11 000 m2, est constitué d'un petit bassin de décantation, d'un grand bassin pour l'emmagasinage des eaux et de deux citernes de puisage, le tout ayant une capacité totale de stockage de 68 800 m3.

Le petit bassin, de forme polygonale simple à 17 côtés, avec un diamètre intérieur de 37,40 mètres et une capacité de 4 000 m3, est consolidé par 17 contreforts intérieurs et 28 extérieurs. Il sert de bassin de décantation au niveau duquel l'eau est débarrassée des débris et des impuretés avant de passer dans le grand bassin. Ce dernier, vaste polygone de 64 côtés avec un périmètre de 405 mètres et une capacité de 57 764 m3, mesure 129,67 mètres de diamètre intérieur et 4,8 mètres de profondeur. La pérennité de ce bassin ainsi que le contrôle de la pression de l'eau s'exerçant sur ses parois, ont nécessité pas moins de 182 contreforts (118 extérieurs et 64 intérieurs) pour l'épauler et le renforcer. Les deux citernes de puisage, ayant une capacité de 917 m3, sont adossées perpendiculairement aux bassins et sont couvertes de voûtes en berceau à arcs doubleaux reposant sur des piliers.

Le monument, conçu à l'origine pour l'approvisionnement en eau des citadins de Kairouan, a parfois été utilisé par les princes aghlabides, notamment sous le règne de Ziyadat Allah III, comme lieu de plaisance et de divertissement. Au milieu du grand bassin, s'élève un pilier polylobé qui était jadis surmonté d'un kiosque. En plus de son aspect utilitaire, l'ouvrage fascine également par son esthétique jugée à la fois sobre et majestueuse. »


Nos commentaires sur ce texte et ces ouvrages

Nous n’avons pas grand-chose à dire sur tout cela. Nous n’avons aucun moyen de vérifier les affirmations de l’auteur du texte de Wikipédia concernant une datation vers 860-862. Très probablement, elles sont confirmées par un texte historique montrant que le « souverain aghlabide Aboul Ibrahim Ahmed Ibn Mohamed Ibn Al Aghlab » a fait construire des citernes à Kairouan. Cependant, il serait douteux de penser que les aménagements hydrauliques que l’on voit là soient ceux construits par le souverain aghlabide. En disant cela, nous ne voulons pas provoquer la contestation mais apporter un raisonnement logique. Ces ouvrages hydrauliques (barrages, aqueducs, bassins, citernes,…) font partie des infrastructures civiles. Nous avons constaté que d’une façon générale, les infrastructures ne sont pas des ouvrages statiques. Elles évoluent au cours du temps. Donnons un exemple : le canal des deux mers qui relie l’Atlantique à la Méditerranée a été construit vers la fin du XVIIe siècle grâce à Paul Riquet. S'il revenait voir son œuvre, il ne la reconnaîtrait pas, car dans les siècles qui ont suivi, la compagnie du Canal du Midi qui a pris en charge la gestion de ce canal l’a approfondi et élargi, a planté des arbres en bordure, construit des ponts et autres ouvrages d’art, creusé des ports fluviaux. Un changement complet qui s’est effectué en seulement trois siècles. Dans le cas présent, il est question de onze siècles.


Remarque importante : il peut sembler inutile, voire contre-productif, que nous nous soyons intéressés à ces citernes. Celles-ci, tout comme les barrages et les aqueducs, semblent être moins apparentes ou moins monumentales dans l’Antiquité que dans les périodes qui ont suivi. Il est possible qu'à partir du VIe ou VIIe siècle, il y ait eu des périodes plus chaudes (un réchauffement climatique) et une désertification de l’Ouest de la Tunisie qui auraient nécessité la réalisation de grands travaux d’irrigation. Nous envisageons d’étudier cela après avoir étudié les monuments d’Afrique du Nord.

Datation envisagée pour les bassins des Aghlabides à Kairouan : an 850 avec un écart de 50 ans.