La basilique Saint-Pierre du Kef 

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Nous avons eu l’occasion de visiter ce monument durant notre voyage effectué en Tunisie en avril 2025. La plupart des images de cette page ont été prises lors de cette visite. Les autres ont été extraites de galeries d’images d’Internet afin de compléter l’information.

Lorsque nous avons effectué nos recherches sur le passé du Kef, le fort de la médina et le monument à auges, nous avons été surpris du peu d’informations collectées sur Internet. Aussi, concernant la basilique Saint-Pierre de cette localité, nous nous attendions au même défaut d’informations. Nous avons été à nouveau surpris mais cette fois-ci par l’importance de la documentation révélée par la page de Wikipédia intitulée : «  Basilique Saint-Pierre du Kef  ».

Recopier l’intégralité de cette page serait contre-productif. Nous conseillons au lecteur de la lire avant d’aborder la lecture de celle-ci, qui ne peut rivaliser avec elle, mais qui peut apporter un point de vue complémentaire.

La vue par satellite de l'image 1 montre que l’église est orientée dans la direction Ouest -Est avec environ 1° de différence avec cette direction. On constate sur cette image que les murs Nord et Sud ne sont pas alignés en ligne droite. Défaut de la prise de vue ? Ou défaut réel de l’alignement du bâtiment ?

L'image 2 donne le plan de l’édifice et nous indique la marche à suivre.

Nous commençons notre visite par le narthex (entrée par le bas du plan : trois portes de la façade Ouest permettent de pénétrer dans ce narthex ; images 3 et 4). Les images 5, 6 et 7 montrent l’intérieur de ce narthex côté Sud. L'image 8 est un dessin de la façade primitive reconstituée élaboré par Henri Saladin en 1887. L'image 9 est une carte postale éditée en 1939 montrant l’intérieur de la chapelle aménagée dans le transept. La façade Est du transept est représentée sur l’image 10. Les images 11, 12 et 13 sont des détails de cette façade. Les images suivantes de 14 à 20 font visiter l’intérieur de la nef et de l’abside.

Revenons à l’intérieur du narthex (images 5, 6 et 7). Et observons en premier l'image 5. On remarque la présence sur le mur du fond de quatre pilastres formés de gros blocs dépareillés. Entre les pilastres, les vides sont comblés par des petits moellons quadrangulaires de même hauteur disposés en bandes horizontales. Nous avons eu l’occasion auparavant d’observer des parements analogues. Nous estimons que ce mode de construction date de la période byzantine. Remarquons que ce mode de construction présent sur le mur du fond est absent sur les murs latéraux (images 6 et 7). Remarquons aussi sur les images 5 et 6 que le mur de gauche s’incurve dans la partie supérieure afin de constituer une voûte en plein cintre. L’arrondi de la courbure est visualisé sur le mur du fond. On s’aperçoit alors que la voûte en plein cintre recouvre une partie du pilastre de gauche. On réalise ainsi qu'initialement, il n’y avait pas de voûte en plein cintre. Celle-ci a été posée après.

L'image 7 est une vue intérieure du narthex prise en direction du Sud-Ouest. Deux types de voûtes ont été réalisées : à gauche, une voûte en plein cintre, à droite, une voûte d’arêtes. Nous réalisons qu’il a fallu faire un travail de « bricolage » pour raccorder ces deux types de voûtes ainsi que les murs qui les soutiennent. Nous pensons que la conception relativement complexe de ce type d’architecture est tardive (à partir du XVIe siècle ?). Il faut ajouter à cela le dessin de M. Saladin (image 8). Ce dessin est la représentation classique de la façade Ouest d’une basilique paléochrétienne. Il reproduit la coupe verticale transverse de l’intérieur de la nef : nef à trois vaisseaux avec le vaisseau principal surhaussé par rapport aux vaisseaux latéraux. Par ailleurs, Henri Saladin a ajouté le commentaire suivant : « Façade restituée de l’église byzantine appelée Dar el-Kous. L’’édifice est enterré jusqu’à la ligne CD. Les ornements sculptés des tympans des portes ont disparu ainsi que la partie supérieure de la façade à partir de la ligne AB jusqu’en haut. Les clôtures (claustra) des fenêtres supérieures sont restituées d’après les fragments de clôtures analogues trouvés à Ksour et à Sbeitla; nous les supposons ici à plâtre ajouré. ».

Si ce croquis correspond bien à la réalité (et rien ne nous indique le contraire), nous devons en déduire, puisque le vaisseau central est surhaussé par rapport aux vaisseaux latéraux, qu'il devait y avoir un « système » qui devait porter les murs latéraux du vaisseau central. Ce « système » était peut-être deux murs porteurs, mais plus probablement des colonnes supportant des arcs. Il devait donc y avoir quelque chose de différent de ce qu’il y a actuellement. Ce qui signifierait que les voûtes actuelles sont postérieures à la construction primitive.

L'image 9 permet de voir quel était l’état du narthex en 1939. Il est manifeste que depuis cette date, il y a eu des transformations. On aimerait en connaître la nature.


Les images 11 et 12 montrent des détails de la partie Nord de la façade du narthex, côté de l’intérieur de la nef. Sur l'image 11, on note l’existence d’une porte, actuellement murée, située sur le mur Nord de la nef. À la différence des autres portes, celle-ci n’est pas protégée par un arc de décharge. Il est probable que cette porte a été percée ultérieurement, avec réemploi d’un linteau ancien.

Le linteau et le tympan de la porte médiane de ce narthex ont été photographiés sur l'image 13.

La nef est représentée sur l'image 14, le mur Nord sur l'image 15 et le mur Sud sur l'image 16. Le parement très caractéristique observé précédemment, attribué à la période byzantine, est parfaitement repérable sur le mur Nord. Il est moins visible sur le mur Sud car il est interrompu par la série des trois portes massives. À ce sujet, nous avons de la difficulté à comprendre la présence de ces trois portes. Nous pensons qu’elles devaient faire communiquer l’église avec un autre bâtiment, peut-être un palais.

L’abside (images 17 et 18) et les portes qui l’encadrent (image 19 pour les portes côté Nord, image 20 pour la porte côté Sud) sont pour nous soumises à interrogations. Par certains indices, on pourrait envisager une forte ancienneté de type paléochrétien (clé de voûte de l’abside, plan général d’une abside encadrée par deux pièces, …). Par d’autres indices, comme le voûtement en cul-de-four de l’abside, soutenu par des arcs convergeant vers le sommet du quart de sphère, on pense à des périodes plus récentes voire même romanes. Une étude plus fine que la nôtre (nous ne sommes restés qu’une heure en ce lieu) devrait être effectuée.


Image 21 (croquis en image 22) : clé de voûte du narthex. Le motif gravé sur cette clé de voûte a fait l’objet d’une analyse par Paul Gaukler en 1897. Pour lui, les lettres PTRS disposées sur les branches de la croix constitueraient un monogramme de PETRUS et permettraient d’attribuer la dédicace de l’église à Saint Pïerre.

Il en est de même pour les images suivantes :

Image 23 (croquis en image 24) : clé de voûte de l’abside. Le motif gravé a lui aussi fait l’objet d’une analyse par Paul Gaukler en 1897. Pour lui, les lettres PTRS disposées sur les branches de la croix constitueraient un monogramme de PETRUS, les lettres DMNS signifiant DOMINUS : « Dominus Petrus ».

On remarque sur l'image 24, en dessous de la croix pattée, le monogramme du Christ. Nous pensons que cette figure, associant une croix aux branches évasées et le rhô de la royauté du Christ, a précédé celle du chrisme.

On retrouve la croix pattée sur l'image 25. Elle est associée à deux plantes que nous n’arrivons pas à identifier, n’ayant pas vu de semblables ailleurs.

Image 26 : Localisation des sépultures retrouvées dans le sous-sol. Nous comptons 25 tombes. Elles sont distribuées principalement à l’Est et au Nord de l’édifice. On n’en voit aucune à l’intérieur de l’abside et du narthex (mais il est possible que ces parties n’aient pas été fouillées). Les sépultures sont de forme trapézoïdale (caractéristique du VIe ou VIIe siècle). Fait étonnant : les sépultures dans leur majeure partie (17) sont orientées vers l’Est ; les autres, vers le Nord ou le Sud.

Image 27. Linteau ou architrave décoré de deux fauves (des panthères) ailés encadrant un canthare ; décor hérité de la traditionnelle représentation appelée « les oiseaux au canthare ».


Datation de la basilique Saint-Pierre du Kef

Il est difficile d’estimer la datation de cet édifice car nous pensons qu’il a subi des modifications au cours du temps.

Datation envisagée
: an 550 avec un écart de 100 ans.