Le Temple des Eaux du Kef 

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Nous avons eu l’occasion de visiter ce monument en ruine durant notre voyage effectué en Tunisie en 2025. La plupart des images de cette page ont été prises lors de cette visite. Les autres ont été extraites de galeries d’images d’Internet afin de compléter l’information.

Il n’y a pas, semble-t-il, de page du site Internet Wikipédia réservée à l’étude du site archéologique du Kef intitulé le « Temple des Eaux ».

Cependant, nous avons trouvé sur Internet trois autres pages le décrivant :

Selon le site Internet « Petit Futé » : « Vaste complexe thermal du Haut-Empire qui contenait plus de 4 000 mètres cubes d'eau. Le temple est situé au pied du rocher primitif d'Al Kasbah. À la suite de la démolition des maisons modernes environnantes, un important champ de fouilles archéologiques a révélé les structures et les annexes d'un vaste complexe thermal de l'époque romaine. Ce complexe se compose de plusieurs parties : les thermes et leurs citernes, le nymphée de Ras el-Aïn : le Temple des Eaux proprement dit, et les portiques vraisemblablement un " tribunal des eaux". »

Selon le site Internet « Siccaveneria » : « Les vestiges des Grands Thermes romains, surgissant du sol au milieu de bâtiments récents, semblent vouloir rappeler par leur magnificence l'importance d'EI Kef/Sicca-Cirta dans l'Antiquité. Les restes du nymphée, les Grands Thermes et les citernes qui les approvisionnaient sont situés de part et d'autre de la rue qui passe devant Dar El Kahia. Les fouilles ont dégagé le bassin de la salle hexagonale du frigidarium monumental des Grands Thermes publics. Le pavement est situé à plus de 4 mètres au-dessous du niveau de l'habitat actuel. Ces Thermes ont sans doute été construits au IIIesiècle, selon un plan original qui place les salles chaudes au nord, protégées par la masse du Jebel. Les vestiges couvrent une surface de 2000 m2 environ, de plan rectangulaire, dont le grand axe est orienté nord-sud. Au nord, des murs aux pierres rongées et calcinées révèlent l'existence des salles chaudes, toutes proches des citernes qui les approvisionnaient en eau. Au sud, au bas de la pente, se dressent les hautes arcades qui entouraient le déambulatoire et le bassin hexagonal du frigidarium. De superbes piliers portent encore de grands arcs plein cintre à 6-7 mètres de haut. Ces vestiges d'un monument symbolique de la civilisation romaine prouvent, par leur ampleur, qu'EI Kef était à cette époque une ville très prospère pour pouvoir entretenir un tel bâtiment public. »

Selon le site Internet « holidayland.tn » : « Le Temple des Eaux est un majestueux complexe thermal datant du Haut-Empire, situé au pied de la Kasbah. Bien qu’en partie entouré de constructions modernes, ce site historique offre aux visiteurs la découverte des thermes, d’une grande abside et des vestiges d’une chapelle paléochrétienne. Les citernes autour de la source Ras al Ain sont un incontournable pour les amateurs d’histoire et les aventuriers. »


Le Temple des Eaux (images de 2 à 8)

Commentaires au sujet des textes précédents

Nous sommes un peu surpris par le contenu de ces textes. Tous signalent que l’on est en présence à la fois de thermes et d’un Temple des Eaux qui serait le frigidarium de ces thermes. Immédiatement un problème se pose. Autant que nous le sachions, les thermes étaient des bâtiments de bains publics, à usage non religieux. Et, à l’inverse, les temples étaient des bâtiments à usage religieux. Alors quel est le choix ? Thermes ? ou Temple ? Religieux ? Ou non religieux ? On peut certes envisager qu’il y a eu succession des deux : un bâtiment thermal transformé en temple ou l’inverse.

Par ailleurs, on s’attendrait à des justifications pour l’un ou l’autre des choix. Ainsi, en ce qui concerne les thermes, on nous apprend que le bâtiment hexagonal serait le frigidarium. Mais revenons à la page de ce site décrivant les thermes d’Antonin à Carthage. On y découvre tout un ensemble de salles ayant nom : frigidarium, mais aussi, caldarium, tepidarium, vestiaire, palestre. Un ensemble de salles qu'hormis le frigidarium, on n’a pas dans le cas présent. Certes, il est question d’un caldarium mais celui-ci n’aurait été identifié que grâce à des pierres calcinées et non par un hypocauste, construction classique pour chauffer le sol du caldarium. Par ailleurs, nous n’avons vu sur le site archéologique aucun panneau indiquant la présence d’un tel caldarium. Existe-t-il un plan de fouilles permettant d’identifier ces thermes sans contestation possible ?

De même, quelle est donc la raison permettant de justifier l’appellation « Temple des Eaux ». Certes, la présence de bassins dont l’un situé au centre de la construction hexagonale (images 4 et 5) signifie que l’eau devait revêtir une importance particulière. Mais cette importance était-elle de nature religieuse ? Car rien en ce lieu ne permet d’identifier cela. Si ce bâtiment était un temple, à quel dieu (ou déesse) était-il dédié ? Par ailleurs, on ne voit rien dans cette construction qui permette de penser qu’on est en présence d’un temple grec ou romain : le plan centré n’est pas celui caractéristique d’un temple (plan rectangulaire avec péristyle, colonnes et chapiteaux, avec, à l’intérieur, deux salles, le naos et le pronaos, présence de statues, de stèles de dédicace).

À l’inverse, le plan centré de ce bâtiment nous fait penser à d’autres édifices à plan centé décrits sur notre site Internet. Nous estimons que la centralité du bâtiment est en relation avec l’idée de centralité de celui qui l’a fait construire. Celui-ci veut transmettre à tous l’affirmation : « Je suis au centre du monde ». Il nous faut cependant dire que cette idée de centralité n’est pas seule à justifier la construction de ce bâtiment. Celui-ci devait avoir une ou plusieurs autres fonctions : hôtel de ville, hôtel de région, tribunal, salle de congrès, etc.

Remarque : le modèle architectural que l’on a ici est un peu différent du modèle rencontré en Europe dans des églises comme la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle ou l’église d’Ottmarsheim. Le modèle qui se rapprocherait le plus de celui-ci serait Saint-Vital de Ravenne.



Les pièces déposées sur le site (images de 9 à 12)

Des stèles diverses ont été déposées sur le champ de fouilles. Nous ne savons pas quelle est la provenance de ces pierres : ce champ de fouilles ? Ou d’autres encore ? Pour la plupart, ce sont des stèles funéraires. Nous avons essayé de les traduire mais nous ne sommes pas suffisamment compétents en épigraphie latine. Pour la plupart d’entre elles, la gravure des lettres est malhabile.

Nous pensons que la stèle de l'image 10, très stylisée avec, semble-t-il, le signe de Tanit, est punique.


La chapelle paléochrétienne

Le site Internet holidayland.tn évoque la présence d’une chapelle paléochrétienne. Nous pensons l’avoir identifiée sur les images 13, 14 et 15. Sur l'image 13, on voit la nef au premier plan, suivie par le chœur terminé par une abside arrondie. La nef est en partie recouverte par une mosaïque (image 14). Cette mosaïque est précédée par deux fragments de plaques funéraires. On lit sur celle de gauche les mots CORPVS (corpus) et INPACE (in pace). Probablement, cette plaque a recouvert le corps d’un chrétien. Le chœur est représenté sur l'image 15. Le mur de fond de l’abside serait typiquement byzantin. De forme arrondie, mais pas tout à fait semi-circulaire, il a été posé entre deux parois préexistantes. Un sarcophage à dalles de pierre a été construit dans cette abside.


Datation envisagée pour le Temple des Eaux du Kef : an 300 avec un écart de 100 ans.