La grande mosquée fatimide de Mahdia  

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Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter cette mosquée durant notre voyage effectué en Tunisie en 2025. Les images de cette page sont extraites de galeries d’Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant la grande mosquée de Mahdia nous apprend ceci (extraits) :

« Histoire

Lorsque le premier imam fatimide, Aubade Allah al- Madhi, fonde Mahdia en 909, il choisit de construire la mosquée dans une zone de la ville fortifiée à proximité de la résidence califale.


L'apparence fortifiée du monument souffre encore de l'esprit de pionnier qui accompagne le développement de l'architecture religieuse en Ifriqiya dans les premiers siècles de la conquête. D'ailleurs, Mahdia est conçue par son fondateur comme une cité refuge, comme l'illustre le siège engendré par l'hostilité croissante de la population sunnite face à l'imposition du chiisme par les Fatimides. Cependant, les deux importantes tours d'angle de la mosquée ne sont pas conçues pour la défense du complexe, mais comme un réservoir pour la collecte des eaux pluviales. Il est probable que, pour un temps au moins, elles ont été alimentées par la conduite d'eau qui desservait le palais d'al-Mahdi et venait des sources souterraines de Miyyanish, à six kilomètres de la ville.

Le bâtiment subit plusieurs modifications au cours des siècles, surtout pendant la période ottomane, après la destruction de la ville par les Espagnols en 1554.

Entre 1961 et 1965, il est entièrement rénové par l'architecte français Alexandre Lézine, qui respecte dans les grandes lignes le projet du Xe siècle. De la structure originale, sont conservés le monumental portail d’accès et le portique Nord, tandis que le reste est le résultat des reconstructions antérieures.


Architecture

[...] Salle de prière

La grande salle hypostyle, parsemée de colonnes corinthiennes, se compose de neuf nefs perpendiculaires à la
qibla et de quatre travées. La nef centrale, beaucoup plus haute et plus large que les autres, est bordée de chaque côté par une rangée d'épais arcs outrepassés jumeaux, soutenus par des groupes de quatre colonnes au lieu des colonnes géminées utilisées dans les nefs latérales. Ainsi définie, la nef centrale trace, à l'intérieur de la structure hypostyle, un axe fortement marqué dans le sens du mihrab. L'intersection avec la travée, d'amplitude égale et parallèle à la paroi de la qibla, donne lieu à un plan en T, caractéristique architecturale dont le point central est souligné par une croisée.

Ouverte le long de l'axe de la nef par un arc outrepassé, cette croisée est délimitée par des piliers et demi-piliers d'angles en faisceaux, formés de groupes de colonnes, sur lesquels repose un dôme hémisphérique. Celui-ci s'appuie sur un tambour octogonal percé de 24 fenêtres en verre de couleur verte. La poussée est prise en charge par des pendentifs d'angles, tandis qu'une bande de marbre noir décorée d'inscriptions tirées du Coran marque la transition entre les deux figures du complexe mécanisme structurel. [...]

Le mihrab en forme de fer à cheval, en pierre blanche de Keddal, est soutenu par deux colonnes de marbre vert foncé. À l'intérieur, se trouve une riche décoration sculptée, sur deux registres distincts séparés de l'arche par une bande en marbre blanc couverte de versets coraniques en caractères coufiques. Dans l'extrémité inférieure, se trouvent neuf sillons, au sommet en forme de coquillage à cinq et dix lobes, suivis d'une frise de trèfles en haut-relief ; des sillons convergent dans la partie supérieure en un point unique au sommet de l'arche. La présence inhabituelle d'un second et plus petit mihrab — une simple niche sans décor — dans une position excentrée sur le mur ouest de la salle de prière, s'explique par la vive controverse entre le chiisme et le sunnisme sur la direction correcte de La Mecque. »


Commentaires sur ce texte

Le mot « qibla » définit l’orientation de la prière. À l’intérieur d’une mosquée, tous les fidèles doivent prier dans la même direction. Bien sûr, cela se généralise aussi à l’extérieur de la mosquée. Cette orientation est donnée par la position du mirhab (image 9). Mais cela étant dit, dans la pratique, c’est un peu plus compliqué. On le voit ici avec la présence de deux mirhabs. Cette orientation est, normalement, dans la direction de la Mecque. Mais comment arrivait-on à trouver la direction de la Mecque, au Xe siècle ? Il est peu probable que l’orientation actuelle de la nef soit exactement celle de la Mecque. Et il doit en être de même de la perpendiculaire à la nef.

La grande différence que nous voyons entre cette mosquée et celle de Kairouan réside selon nous dans les chapiteaux. Alors que ceux de Kairouan sont très disparates, et utilisés en réemploi à partir de ruines de nombreux monuments anciens, ceux-ci semblent tous identiques. D’où l’idée que le bâtiment « entièrement rénové par l'architecte français Alexandre Lézine, qui respecte dans les grandes lignes le projet du Xe siècle », pourrait être très différent de l’édifice du Xe siècle. Certes, dans un effort de restauration, il est légitime de remplacer une colonne un peu branlante par une colonne plus solide, mais faut-il remplacer des séries de chapiteaux disparates par d’autres plus modernes et tous identiques ? Et la question se pose encore plus après la description ci-dessus : « piliers et demi-piliers d'angles en faisceaux, formés de groupes de colonnes,... » et l’observation des images : colonnes jumelles,  arcs outrepassés. Nous nous posons donc cette question : la copie est-elle conforme à la réalité ? Nous pensons qu’avant de procéder à la restauration, l’architecte a dû prendre des photographies. Il serait aussi intéressant de disposer d’un plan.

En tout cas, nous ne pensons pas qu’il y avait une coupole dans l’édifice du Xe siècle. Celle_ci doit dater au plus tôt du XIe siècle.


Datation envisagée pour la grande mosquée fatimide de Mahdia : an 950 avec un écart de 50 ans.