Le site archéologique de Makhtar (généralités)
Nous avons eu l’occasion de visiter ce
site archéologique durant un voyage effectué en Tunisie en
2025. La plupart des images de cette page ont été prises
lors de cette visite. Les autres ont été extraites de
galeries d’images d’Internet afin de compléter
l’information.
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site
archéologique nous apprend ceci (larges extraits) :
« Histoire
Mactaris est habitée dès le VIIIe millénaire
av. J.-C., comme l'atteste la présence d'escargotières
fossilisées. La fondation de la cité elle-même est sans
doute le fait des populations libyques. [...] Aux
IIIe et IIe siècles av. J.-C., c'est
une importante cité numide qui conclut une alliance
privilégiée avec Carthage sous le règne du roi Massinissa
(202_148 av. J.-C.). [...] L'époque
néo-punique voit un développement certain, les stèles
retrouvées à Bab El Aïn et datées du Iersiècle
témoignant de la présence d'un tophet ; la divinité
importante est alors Ba’al Hammond.
Mactaris
connaît une romanisation tardive mais réelle : elle
obtient en46 av. J.-C le statut de ville libre. [...]
Promue colonie sous le nom de Colonia Aelia
Aurelia Mactaris entre
176 et 180, la cité tire profit dès la fin du Iersiècle
de la paix romaine et connaît une certaine prospérité. [...]
Au
IIIe siècle, elle devient le siège d'un évêché
chrétien et subit le schisme donatiste au Ve
siècle ; la cité possède à cette époque deux cathédrales.
[...]
Le
déclin de la ville commence avec les invasions vandales à
partir de 439. Sous le règne de Justinien, des fortins
sont aménagés dans les édifices existants dont ceux des
“Grands thermes”. Le déclin est définitif au XIe
siècle. avec le passage des tribus des Hilaliens. »
Les tombes mégalithiques (images de 2 à 6)
Texte de Wikipédia : « Le
site possède un bel ensemble de mégalithes qui a été
fouillé. Constitué de grosses dalles, l'ensemble possédait
un espace destiné au culte rendu aux défunts lors des
cérémonies de dépôt des cendres. Les mégalithes ont servi
de lieu de sépulture collective. Les fouilles d'une
chambre funéraire intacte, effectuées par Mansour Ghaki,
ont permis de retrouver un grand nombre de céramiques de
diverses origines, locales mais aussi importées. Ce
matériel a permis une datation du début du IIIe
siècle av. J.-C. à la fin du Iersiècle.
»
Commentaires sur cette
partie de texte
Nous sommes un peu surpris par la datation ci-dessus. Nous
sommes en effet habitués aux datations des mégalithes situés
en France. Ceux-ci sont estimés antérieurs de plusieurs
millénaires avant J.-C. De plus, des tombes puniques d’un
style plus évolué que ces mégalithes sont quant à elles
estimées du VIe siècle av. J.-C. Certes, il est
toujours possible que la « datation
du début du IIIe siècle av. J.-C. à la fin du Iersiècle.
» soit celle de ces mégalithes. Cependant, nous
pensons que ces tombes mégalithiques sont de construction
nettement plus ancienne et qu’elles ont fait l’objet d’un
réemploi à des périodes plus récentes.
Le temple punique de Hathor-Miskar (images
de 7 à 12)
Texte de Wikipédia : « Le temple de
Hathor-Miskar est bien connu du fait des
importantes fouilles qui y ont été effectuées, même si les
vestiges en sont mal conservés. Au centre du sanctuaire,
les archéologues ont retrouvé un autel daté d'environ 100
av. J.-C. »
Commentaires sur cette
partie de texte
Durant notre visite du site archéologique, nous ne sommes
pas allés sur cette partie : les images
de 7 à 12 ont été récoltées sur Internet. Il serait
intéressant de disposer d’un plan de ce temple afin de
vérifier s’il existe une continuité de l’architecture des
temples entre la fin du premier millénaires av. J.-C. et le
début du premier millénaire ap. J.-C.
Remarquer la présence d’auges sur l'image
12.
Le temple de Bacchus (images
de 13 à 18)
Texte de Wikipédia : «
Le Capitole est assez mal conservé même si les fouilles
ont livré une dédicace associant l'empereur à la triade
Jupiter-Junon-Minerve. Le site a livré également un
temple de Bacchus. Un temple d’Apollon a sans
doute pris la suite d'un sanctuaire d’Eshmoun, le même
processus étant sans doute à l'origine du temple de Liber
Pater, interprétation romaine du dieu punique Shadraoha. »
Commentaires sur cette
partie de texte
Nous n’avons pas d’autre renseignement sur le temple
de Bacchus. Les images
de 13 à 18 sont extraites d’Internet.
Les forums : le forum numide, le
macellum et le forum romain (images
de 19 à 27)
Textes de Wikipédia :
Sur le forum numide
(images de 19 à 21)
: « En
outre, les archéologues ont dégagé une place publique
d'époque numide qui devait être le centre religieux de la
ville, de par la présence de temples, et qui abrita un
temple d’Auguste et de Rome. »
Sur le forum romain
(images de 25 à 27)
: «
Le forum est le lieu où se croisaient le decumanus
et
le cardo
(symbolisant le cœur de la cité romaine). Le dallage de la
place de 1 500 m2 est remarquablement bien
conservé. Sur ses côtés, la place possédait un portique et
était fermée par un arc qui constitue encore l'un des
fleurons du site.
»
Remarque concernant le
macellum ou
marché romain (images 23
et 24) : nous n’avons pas sur ce dernier de
commentaire provenant de Wikipédia. Il nous est connu
seulement par des images obtenues par Google Maps.
Les arcs de triomphe
: arc de Trajan, arc de Bab El Aïn (images
de 28 à 33)
Texte de Wikipédia :
Arc de Trajan (images de 28 à 30) : «
L’arc
de triomphe à une baie, construit en l'honneur de
l'empereur Trajan en 116, a été conservé et intégré dans
les fortifications de l’époque byzantine, une tour y était
accolée. La bâtisse commémore le changement de statut de
la cité et la fondation d'un nouveau quartier. »
Arc de Bab El Aïn
(images de 31 à 33)
: « Une
autre importante porte, dite Bab El Aïn, est située à
l'extérieur du parc archéologique. Les archéologues ont
retrouvé en 1969 dans sa maçonnerie un grand nombre de
stèles néo-puniques présentées pour certaines au musée du
site. »
Les grands thermes du Sud
(images de 34 à 48)
Texte de Wikipédia : « Le
site présente les vestiges de thermes importants avec une
date de construction située entre la fin du IIe
et le début du IIIe siècle : les “Grands
thermes du Sud”, qui figurent parmi les plus
importants de l’Afrique romaine, avec des murs conservés
sur une hauteur supérieure à douze mètres et une belle
mosaïque à décor de labyrinthe (image
43),
et les “thermes du Capitole” (NDLR : non
représentés sur cette page).
Les
thermes principaux de Makhtar, inaugurés en 199, ne
semblent pas avoir possédé de palestre. Yvon Thébert
considère quant à lui que les palestres étaient intégrées
à la construction au plan symétrique dont la surface
totale est d'environ 4 400 m2, dont 225 m2
pour le seul frigidarium d'époque
sévérienne, qui occupe le centre du complexe avec la
piscine de natatio accolée
et encadrée de deux apodyteria.
Au IVe ou au début du Ve siècle, les
installations sont réduites : le complexe est transformé
en fortin à l'époque byzantine et doté d'une enceinte en
grand appareil. »
Commentaires
divers concernant ces grands thermes
On analyse des différences de parement des pierres sur les images 34, 37 et 38.
Il est manifeste que la construction en très petit appareil
a été effectuée après la construction en très gros blocs. Et
même probablement longtemps après, car le soin pris pour la
construction initiale témoigne d’une période de prospérité
et son absence pour la construction suivante témoigne, quant
à elle, d’une période de déclin, un déclin non prévu
initialement. Remarquons sur ces images que le petit
appareil est directement posé sur les arcs. Ces arcs
construits en pierre de taille semblent être légèrement
déformés : ce n’est pas tout à fait la forme demi-circulaire
que l’on s’attendrait à voir dans une construction aussi
soignée. D’où l’idée que ces arcs auraient pu être installés
au cours de la deuxième construction, soit par réfection
d’arcs anciens situés au même emplacement, soit en
innovation en remplacement d’une structure ancienne
différente.
Les arcs des images 39 et
40 sont quant à eux, plus réguliers. Étaient-ils
destinés à porter des structures lourdes analogues aux pans
de mur des images 37 et
39 ? Nous ne le pensons pas car l’ensemble paraît
trop fin pour supporter un poids important.
Concernant chacun de ces arcs (image
41), nous avions envisagé qu’ils pouvaient être à
double révolution (soit 2 arcs superposés) ou même triple
révolution (soit 3 arcs superposés). Grâce à l'image
42, nous
constatons que ce n’est pas le cas. Les arcs sont à une
seule révolution : il y a un seul rang de claveaux mais
chacun des claveaux est mouluré de façon à donner l’illusion
que l’arc est à trois voussures. Nous ne pensons pas que
l’ensemble de l’arcade soit une création romaine. Elle n’est
pas non plus de création romane. Est-elle de tradition
byzantine ?
Images de 43 à 46 :
mosaïques diverses.
Remarquer la présence d’auges sur l'image
48.
Le bâtiment à auges (images
de 49 à 54)
Texte de Wikipédia : « [...] À
proximité de l'édifice se trouvent les vestiges d'un édifice à auges
dont la destination n'est pas assurée mais qui a pu servir
à la collecte de l'impôt en nature ou annone. »
Commentaires sur cette
partie de texte
Lors de notre visite à Makhtar, nous avons photographié ces
ruines sans y prêter une grande attention. Ce n’est qu’après
avoir étudié la « basilique au pied du fort » du Kef et revu
les images de 49 à 54
que nous avons compris leur importance. Car il y a une
grande ressemblance entre ces deux bâtiments ; même plan en
forme de trèfle, même système de murs formés d’auges
surmontées de baies à arcs en plein cintre, et même
hypothèse avancée (paiement d’un impôt en nature). À
présent, plusieurs questions se posent : existe-t-il
ailleurs en Tunisie des bâtiments analogues autres que ces
deux bâtiments ? Ailleurs dans le territoire issu de
l’empire romain ? Les auges rencontrées à plusieurs reprises
dans des sites archéologiques (comme ici dans le temple
punique de Hathor-Miskar ou les grands thermes) ont-elles
servi à la collecte de paiements en nature ?
Petite remarque concernant ces deux bâtiments à auges. Pour
celui du Kef, nous avons envisagé une datation tardive (an
1200) . Pour celui de Makhtar, la datation n’est pas
indiquée, mais on peut supposer que, appartenant à un site
archéologique, ce monument date de l’an 400, chacune des
deux datations devant être donnée avec une erreur de 200
ans. Malgré les importantes marges d’erreur, il y a
incompatibilité entre ces deux datations. Où se situe
l’erreur ?
L’amphithéâtre (images
de 55 à 60)
Texte de Wikipédia : « Un
amphithéâtre,
également conservé à l'entrée du site, a fait l'objet
d'une importante restauration. La structure de la cavea
est
différente au nord et au sud, ce qui en fait un édifice de
type mixte : le nord est construit tandis que la partie
sud tire parti du relief de la colline. Un dispositif
unique de cages d'accès des bêtes à l'arène a également
été retrouvé. »
Datation envisagée pour le site archéologique de Makhtar
Le site archéologique a été occupé durant près de deux
millénaires. En conséquence, il est difficile d’envisager
une datation. Mais nous pouvons privilégier la période au
cours de laquelle la cité a été la plus prospère. Soit la
période romaine : an 200 avec un écart de 100 ans.