La Schola des Juvenes et l’église des thermes à Makhtar  

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Nous avons eu l’occasion de visiter ces restes de monuments durant un voyage effectué en Tunisie en 2025. La plupart des images de cette page ont été prises lors de cette visite. Les autres ont été extraites de galeries d’images d’Internet afin de compléter l’information.

La page du site Internet Wikipédia décrivant ces restes nous apprend ceci :

« La Schola des Juvenes est, dans son état actuel, un bâtiment d’époque sévérienne particulièrement bien conservé et fouillé par Gilbert Charles-Picard ; il a été interprété comme le lieu de réunion du collège des juvenes (jeunes) de la cité grâce à une inscription. La bâtisse financée par Julius Piso reprend l'emplacement d'un sanctuaire d’époque flavienne consacré à Mars, et a connu des travaux de réfection sous le règne de Dioclétien.

Si l’Empire romain a souvent vu d'un très mauvais œil la liberté d'association, il n'en autorise pas moins certaines formes, sous le nom de “collèges”, à condition qu'ils ne troublent pas l'ordre public et se justifient par des raisons religieuses (piété et solidarité funéraire) ou d’intérêt public (collège de pompiers). C'est à cette dernière catégorie qu'appartiennent les collèges de juvenes, constitués de jeunes hommes pouvant exercer des fonctions d'ordre public dans la cité (patrouilles nocturnes) mais constituant surtout un cadre de sociabilité apprécié par les élites urbaines, même si les ruraux et les personnes moins riches peuvent aussi en faire partie. En 238, à El Jem, c'est ainsi le collège des juvenes qui mena la révolte portant Gordien Ierau pouvoir.

On comprend donc l'intérêt historique que peut présenter ce monument en restituant le cadre architectural de ces importantes associations. Les vestiges comprennent une cour à portiques, des pièces consacrées au culte au nord, des installations sanitaires à l'est, et enfin une salle de réunion à l'ouest. Ce plan reprend une tradition hellénistique, de la palestre quadrangulaire à péristyle. »

Autre information apportée par un panneau situé près des vestiges de ce monument :

« Il s’agit d’un lieu de réunion d’une association ou d’un “collège de jeunes” dont les membres pouvaient avoir une activité paramilitaire comme il en existait ailleurs dans l’empire romain. Son premier état d’occupation a pu être daté de l’époque de l’empereur Domitien à la fin du Iersiècle grâce à une dédicace. Le texte est considéré comme étant l’une des premières inscriptions en langue latine découverte sur le site. Le monument se compose d’une cour encadrée d’un péristyle, de plusieurs pièces et d’une abside fermant un espace à trois nefs. Ce qui explique que l’édifice a été réutilisé, après quelques aménagements, comme église chrétienne. Deux tables d’autel sont encore conservées sur place. Des épitaphes d’époque byzantine y ont été trouvées dont quelques une en mosaïque (musée du site). »

Image 1 : Vue par satellite de l’ensemble. On reconnaît, sous le drapeau bleu, la cour entourée d’un péristyle et, à sa gauche, la nef à trois vaisseaux. Puis, encore à gauche, l’abside en hémicycle aussi large que la nef. Remarquer que cette abside est située à l’Ouest de l’édifice, et non à l’Est comme la plupart des églises chrétiennes (celles-ci ont été construites plus tard).

Image 2 : La nef, avec, au fond, l’abside de la schola. En avant de cette abside, on peut voir l’autel entouré des quatre colonnettes d’un ciborium.

Image 3 : Jonction entre nef et abside. D’un point de vue architectural, il y avait un petit problème : comment réaliser la jonction entre, d’une part, une nef à trois vaisseaux avec, très probablement un vaisseau central surhaussé par rapport aux vaisseaux latéraux, et, d’autre part, une abside dont la largeur est celle de la totalité de la nef. On devine sur cette image ce qui s’est passé. : les architectes ont décidé de désolidariser les deux corps de bâtiments. On y voit au lieu deux colonnes très rapprochées. La première appartient à la nef et la seconde, à l’abside. La colonne située à droite, nettement plus fine que les deux autres, est une colonne du ciborium.

Image 4 : Intérieur de l’abside. Les trois rangées de gradins superposés font penser à un amphithéâtre universitaire réservé à l’enseignement ou à l’hémicycle d’une assemblée politique. Laquelle des deux options est la bonne ?

Image 5 : Face avant de l’autel (côté Est). Cette face a été probablement bûchée. Il devait y avoir une silhouette humaine taillée en bas-relief, le dédicant. Celui-ci est placé sous une conque qui n’a pas été bûchée.

Image 6 : Face latérale de l’autel (côté Sud). La scène semblerait être un pur décor. On découvre cependant 3 couples d’oiseaux symétriques picorant. Il s’agit là d’une sorte d’avatar de la classique représentation des « oiseaux au canthare » dont on devine la forte symbolique relative à la vie et à la mort.

Image 7 : Face arrière de l’autel (côté Ouest). Panier d’abondance. Image possible du paradis terrestre. On retrouve ce type de panier sur une mosaïque funéraire chrétienne déposée au musée de Makhtar ; la partie centrale entre les guirlandes a-t-elle été bûchée ?

Image 8 : Face latérale de l’autel (côté Nord). On retrouve le canthare comme vase de Vie : de celui-ci, jaillit un cep de vigne portant des pampres, feuilles et grappes de raisin. Il est évident que cette scène n’est pas réaliste : les racines d’un cep de vigne plongent de plus de cinq mètres dans le sol. On ne peut donc pas les contenir dans un simple vase. En conséquence, le caractère symbolique de la représentation est prouvé.

Image 9 : Autre vue des deux colonnes rapprochées (celles-ci sont situées côté Nord de l’édifice). La pierre placée verticalement à gauche, n’est pas un autel mais une architrave.

Datation envisagée pour la Schola des Juvenes : an 100 avec un écart de 100 ans.



L’église des thermes


Information apportée par un panneau situé près des vestiges de cette église : « Cette église a été construite à l’intérieur des petits thermes de la ville à l’emplacement du frigidarium (salle froide) en intégrant dans ses structures une partie des murs et des bassins. Construite au dessous du niveau du monument antérieur, elle est composée de trois nefs étroites. L’abside se trouvant au Nord-Ouest occupe l’emplacement d’une piscine du complexe thermal. En face de l’entée axiale, au Sud, se trouve une petite chapelle datée de l’époque byzantine qui était consacrée à des martyrs chrétiens (locaux ou étrangers) dont le reliquaire est en fait un cippe païen réemployé. »

Nous n’avons que peu d’informations sur cette église que, pris par le temps, nous n’avons pu localiser exactement sur place. Nous pensons qu’elle se situe en haut de l'image 1. Mais cette localisation remet en cause l’affirmation « L’abside se trouvant au Nord-Ouest » car, sur la vue par satellite, soit l’abside est au Nord-Est, soit elle est au Sud-Ouest.

Sur l'image 13, remarquer les auges de pierre. Quelle est leur fonction ?


Datation envisagée pour l’église des thermes : an 250 avec un écart de 150 ans.