Le site archéologique de Sufetula à Sbeïtla  

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Nous avons eu l’occasion de visiter ce site archéologique durant notre voyage effectué en Tunisie en avril 2025. La plupart des images de cette page ont été prises lors de cette visite. Les autres ont été extraites de galeries d’images d’Internet afin de compléter l’information.

La page du site Internet Wikipédia décrivant la ville de Sbeïtla nous apprend ceci :

« Histoire

La ville de Sufetula est fondée par l’empereur romain Vespasien, le fondateur de la dynastie des Flaviens qui règnent sur l’empire de 69 à 96. Les armées romaines viennent de pacifier la région alors en proie aux attaques berbères, et des terres sont attribuées aux vétérans qui peuvent ainsi protéger les frontières des incursions étrangères.


À l'époque du calife Othmân ibn Affàn, Sbeïtla est le point d'entrée de la conquête de l’Afrique du Nord par les Arabes musulmans, sous la conduite des sept Abdullah — Abd Allah ibn az-Zubayr, Abdullah ibn Abbas, Abdullah ibn Omar, Abdullah ibn Masud, Abdullah ibn al-As, Abdullah ibn Iaafar in Abi Talib et Abd Allah ibn Saad ibn Sarh — qui réussissent à battre le patrice Grégoire, basé à Sufetula et appuyé par les Frexes, selon la tradition locale, dans des batailles qui voient en l'an 647 la victoire de la nouvelle religion, ouvrant ainsi une nouvelle page dans l’histoire de la Tunisie en particulier et celle du Nord de l’Afrique en général. »


La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site archéologique nous apprend ceci (extraits) :

« Le site archéologique de Sbeïtla, vestige de l'antique Sufetula, est un site archéologique du centre-ouest de la Tunisie, situé à Sbeïtla, dans le gouvernorat de Kassérine.

Le site subit de graves dégâts, à la suite du tremblement de terre de 365 et du fait d'une destruction volontaire en 647, après la violente bataille entre musulmans et byzantins qui refusaient d'abandonner ce site stratégique
. [...]

Histoire

Les témoignages archéologiques du site sont tous postérieurs au Iersiècle mais des traces d'une installation humaine antérieure existent dans les environs immédiats.


La ville est fondée par les Romains sous la dynastie des Flaviens, probablement dans la deuxième moitié du Iersiècle. Les armées romaines viennent de pacifier la région alors en proie aux attaques des Maures présentés comme les véritables barbares de l'Afrique, et des terres sont attribuées aux vétérans qui peuvent ainsi protéger les frontières des incursions étrangères. C'est ainsi que naissent les villes de Sufetula et Cillium (actuelle Kasserine) distantes de 35 kilomètres.


Se situant à mi-chemin entre le nord et le sud de la province d’Afrique en Byzacène, la cité de Sufetula connaît un important développement économique et urbanistique. Les monuments, que l'on peut encore visiter, en témoignent : les maisons, le forum, les temples, les thermes, etc. La ville sert alors de carrefour routier et de centre commercial et agricole. Son économie est essentiellement axée sur l’agriculture, et notamment sur la culture de l’olivier pour la production d’huile.


La ville devient une colonie, après avoir été un municipe, avec une organisation administrative calquée sur le système romain classique. À partir du IIe siècle, la ville est dotée d'un curateur, sorte de contrôleur des finances envoyé par Rome. C'est d'ailleurs Sufetula qui livre le premier exemple de curateur de cité (un certain Aelius Rusticus) sous le règne de Septime Sévère.

Au premier quart du IVe siècle, Sufetula se convertit au christianisme comme le reste de l’Empire romain, après que l’empereur Constantin institue le christianisme comme religion d'État. Elle n'échappe pas aux querelles liées aux courants schismatiques que connaît l’Église (notamment le donatisme). Mais celles-ci disparaissent avec l'arrivée des Vandales au Ve siècle. Les chrétiens de la ville sont alors persécutés, notamment en 484, avec le cas d'un évêque nommé Praesidius. La présence de plusieurs centres de production d'huile d'olive et de céramiques près de Sufetula, dont l'activité est assurément datée de la fin du Ve siècle et du début du VIe siècle, laisse penser que l'économie et les arts continuent cependant de se développer.

Les Byzantins, à la reconquête de l'Afrique sous le règne de Justinien, s'installent à Sufetula avec une garnison et fortifient de nombreux monuments, comme en témoignent les maisons à l'entrée du site. Le patrice Grégoire choisit en effet la ville comme lieu de résidence et y installe son état-major. Avec l'approche des armées arabes venues de Tripolitaine, Grégoire proclame son indépendance vis-à-vis de l’Empire byzantin en 646.

La connaissance des attaques de l'armée musulmane repose essentiellement sur la tradition orale arabe. En 647, Sufetula est prise et ses habitants fuient en grand nombre la ville pour se réfugier peut-être dans l’amphithéâtre de l'antique Thysdrus, l'actuelle El Jem. La ville est détruite mais pas totalement abandonnée comme l'attestent les fouilles récentes.

L’excavation du site débute à la fin du XIXe siècle. [...] Malgré ces nombreux travaux, uniquement le tiers du site a été restauré et de nombreux monuments restent en attente, tels que le temple anonyme, l'arc de Septime Sévère et l'amphithéâtre. Il est marqué par la perte des monuments énumérés en 1967 par l'archéologue Noël Duval, dont le mausolée, la basilique des saints Sylvain et Fortunat, la colline de cendres et les tombes d'époque chrétienne. »


Commentaires de ces deux textes

Le premier de ces deux textes privilégie, selon nous, l’histoire événementielle, et, dans cette histoire, l’importance de la conquête de 647. Nous sommes moins en accord avec ce raisonnement trop attaché à la lecture littérale des textes sans remise en question de leur authenticité. Nous dirions d’ailleurs la même chose en ce qui concerne la victoire de Charles Martel sur les Arabes à Poitiers. Nous pensons en effet que dans la pratique, les « grands évènements qui font le destin des nations » sont beaucoup plus complexes que le compte-rendu qui en est fait. Ainsi, dans le cas présent, on parle d’une tribu de Frexes qui auraient participé à la conquête. C’est ce qui s’est probablement passé. Un corps expéditionnaire ne peut réussir son invasion que s’il dispose de complicités à l’intérieur de la partie envahie.

Quant au second de ces deux textes, nous relevons la phrase suivante : « Au premier quart du IVe siècle, Sufetula se convertit au christianisme comme le reste de l’Empire romain, après que l’empereur Constantin institue le christianisme comme religion d'État. »

Là encore, nous trouvons l’interprétation un peu trop schématique : vers l’an 325, par un claquement de doigts de Constantin, tout l’Empire romain qui était païen se convertit au christianisme. Nous pensons que c’est plus compliqué que cela. Nous envisageons même le contraire : que, vers l’an 300, la majorité des populations était convertie au culte chrétien ou désireuse d’une paix avec ceux-ci. Et ce serait Constantin qui se serait converti par opportunité. La reconnaissance du christianisme comme religion d’état serait apparue beaucoup plus tard, après la mort de Constantin.

Reprenons la lecture du texte de Wikipédia décrivant le site archéologique de Sufetula :

« Édifices

Le site actuel couvre une vingtaine d’hectares mais la ville antique occupait sans doute une cinquantaine d'hectares. Il est installé sur un plateau à proximité de sources qui sont toujours exploitées, dont certaines alimentent la ville de Sfax, et de carrières de pierre toujours en activité. Dès le départ, Sufetula est divisée en îlots rectangulaires séparés par des rues dallées sous lesquelles court un système de canalisations pour l’eau potable et d’égouts pour la collecte des eaux usées.

Le site n'est pas encore entièrement fouillé mais les monuments sont nombreux et datent de l'époque romaine (forum, thermes, théâtre, etc.) ou de l'époque byzantine (églises). Il n'est pas possible d'attribuer avec certitude des monuments à l'époque vandale, faute de textes l'attestant, ou à la première période islamique.
»



Les infrastructures

Le pont-aqueduc

Texte de Wikipédia : « Situé sur l'oued Sbeïtla, il mesure une cinquantaine de mètres de longueur. Il est ancré dans le rocher et repose sur trois piles centrales. Il est consolidé et assez largement remanié lors des travaux entrepris de 1907 à 1911. »

Question : Est-ce bien un pont romain ? Nous savons en effet que les ponts sont des ouvrages relativement fragiles qui résistent difficilement à un fleuve en crue.

Les routes et rues

Nous avons voulu, dans les images de 7 à 15, reconstruire un trajet allant du Sud (image 7) au Nord (image 8) en empruntant une large rue (image 9), bordée de canalisations (image 10), de citernes (image 12), d’une huilerie (images 13, 14 et 15), et traversant la ville en direction d’un forum (image 11).


Les lieux de plaisir (amphithéâtre, théâtre, thermes)

Texte de Wikipédia : « L’amphithéâtre :

L'amphithéâtre est une structure dédiée à la population défavorisée, située au nord-ouest du site. Il n'est pas encore intégralement fouillé et tous ses secrets n'ont pas encore été dévoilés.
»

Texte de Wikipédia : « Le Théâtre :

Situé en bordure de l'oued, au centre-est de la ville, les gradins du théâtre sont restaurés dans les années 2010 et les colonnes relevées se profilent sur le creux
. »


Texte de Wikipédia : « Les grands thermes :

Il s'agit d'un édifice d'une surface assez importante dont le plan est caractérisé par son irrégularité car sans axe principal. Le monument est double avec un ensemble de salles correspondant aux thermes d'été et un autre plus modeste pour les thermes d'hiver ; tous deux sont séparés par un espace intermédiaire correspondant aux salles d'entrée et à la palestre. Le visiteur accède à l'édifice par une porte d'entrée encadrée de deux colonnes et s'ouvrant sur un vestibule où se trouve, sur le mur d'en face, la base d'une statue portant une inscription honorifique au nom de Carpentius.


À droite, il accède à une première salle servant très probablement de vestiaire; celle-ci est suivie d'une deuxième salle depuis laquelle on pénètre dans une palestre à ciel ouvert d'environ 27 mètres sur 17, entourée d'un portique sur les quatre côtés et pavée de mosaïques à motifs géométriques. La palestre donne sur les thermes d'été formés par le grand frigidarium divisé en deux grandes salles accueillant chacune une piscine à son extrémité ; l'une des deux salles donne sur deux autres, probablement des tepideria, dont un double sol avec des pilettes de briques supporte le sol en béton ainsi que des conduits d'air chaud en terre cuite dans les cloisons des murs. Ces dernières salles donnent sur le caldarium, de forme classiquement en croix, avec un espace carré au centre, deux niches rectangulaires sur les côtés et une exèdre semi-circulaire au centre. L'ensemble thermal d'hiver est accessible pour sa part par le vestiaire qui donne sur un frigidarium avec deux salles carrées et une piscine unique à l'extrémité ; cette dernière comporte des niches sur les trois côtés destinées vraisemblablement à des statues, un ensemble de salles formant le tepidarium parallèlement au frigidarium, puis le caldarium cruciforme avec un espace rectangulaire au centre et trois piscines, dont deux rectangulaires sur les côtés et une semi-circulaire dans l'axe. »



Les thermes privés

Nous n’avons pas lu d’explication sur ces thermes privés surtout remarquables par la belle mosaïque qui orne la piscine (images 38 et 39).



Les monuments publics

Texte de Wikipédia : « L’arc de Dioclétien :

Situé au sud-est de la ville et restauré entre 1910 et 1911, l'arc de Dioclétien représente, avec les trois temples, le monument de Sbeïtla le plus admiré. Il s'inscrit dans un rectangle de 12,15 mètres sur 6,85, formant ainsi une porte monumentale de plus de cinq mètres d'ouverture, encadrée de deux épais pieds-droits comportant chacun une niche ; ils sont précédés par un piédestal supportant deux pilastres déposées sur deux colonnes corinthiennes. L'arc possède un aspect massif avec un décor rustique surmonté d'une inscription placée sur la face externe ; on y apprend qu'il a été dédié aux empereurs de la première tétrarchie mise en place par Dioclétien à la fin du IIIe siècle pour faire face aux invasions barbares.
»

Texte de Wikipédia : « L’arc d’Antonin le Pieux :

La porte centrale de l’arc de triomphe comporte deux pieds-droits percés par des baies latérales. L'ensemble est orné par quatre colonnes reposant chacune sur un piédestal. Au-dessous des baies latérales, se trouvent deux niches destinées probablement à des sculptures. L'arc est surmonté par une architrave à trois bandeaux au-dessus duquel un étage supérieur porte une dédicace de 139 à Antonin le Pieux et à ses deux fils adoptifs. L'arc permet l'accès au forum par quatre marches
. »

Texte de Wikipédia : « Le forum :

Le forum romain, de forme rectangulaire délimitée par un mur d'environ 70 mètres sur 67, est une place centrale d'environ 34 mètres sur 37, dallée de plaques de calcaire et entourée sur les trois côtés par des colonnades supportant la toiture des portiques. Les colonnes, au nombre de treize au sud-est et de quinze sur les côtés, sont surmontées à l'origine par des chapiteaux de type corinthien, pour une hauteur totale d'environ 5,50 mètres. La galerie, qui borde la place des deux côtés, est large de six mètres et se termine au niveau des temples par des niches. Depuis cette galerie, on accède à une série de petites salles de quatre à cinq mètres de largeur.
»


Texte de Wikipédia : « Le capitole :

Le capitole, élément central de toute cité romaine, est formé de trois temples séparés, dédiés à la triade capitoline Jupiter, Junon, Minerve, constituant le centre religieux de la cité. Ils forment un ensemble homogène et spectaculaire de forme classique à l'époque romaine, construit sur des podiums séparés à la base par des couloirs. Chaque temple est précédé d'un portique de quatre colonnes, supportant un fronton, et entouré par une fausse colonnade. On accède au capitole par des escaliers sur les temples latéraux, la plateforme en face du temple central pouvant ainsi servir de tribune.
»



Le temple anonyme


Nous n’avons pas lu d’explication sur ce temple anonyme. Il est probablement anonyme parce qu’il n’a pas été fouillé car sinon on aurait sans doute trouvé des épitaphes.


Les maisons fortes

Texte de Wikipédia : « Les fortins :

Les fortins sont des enceintes dépourvues de portes auxquelles on accédait par des échelles. Ils servaient comme refuge pour les habitants. L’intérieur est divisé en chambres et comporte un puits pour assurer le ravitaillement en eau ; il en reste trois aujourd'hui dont deux ont été fouillés après 1945 et restaurés.
»



Le musée archéologique du site

Texte de Wikipédia : « Collections :

Le musée s'avère de modestes dimensions et présente peu d'attraits à l'exception de quelques mosaïques, et composé de quatre salles exposant des objets archéologiques témoins des différents aspects de la vie quotidienne de la Préhistoire à l'époque musulmane. La première salle est réservée à des cartes, plans et témoignages archéologiques qui remontent à l'époque capsienne. La deuxième est réservée à des statues, statuettes et bustes en marbre découverts à Sbeïtla, Kasserine et d'autres sites de la région. La troisième abrite deux panneaux de mosaïques qui décoraient des maisons privées et d'autres objets qui reflètent la vie économique dans la région pendant l’Antiquité. La dernière est réservée à des objets et documents qui datent de l’époque chrétienne. Le musée près de la billetterie contient de précieuses pièces de l'antique Sbeïtla telles qu'une mosaïque et une statue en marbre de Bacchus.
«

Nous n’avons pas d’autre renseignements sur ces objets déposés ; le musée était fermé au moment de notre visite.

Image 67 : Stèles votives et stèles funéraires.

Image 68 : Salle des sculptures. L’image permet de constater que les sculptures des images suivantes sont de dimensions respectables.

Image 69 : Cette sculpture est peut-être ce qui reste d’une face avant de sarcophage. Nous n’en connaissons pas le thème.

Image 70 : Cette sculpture représente peut-être Bacchus adolescent.

Image 72. Carreaux de céramique : celui du coin supérieur droit est orné d’une croix pattée.

Image 73 : Panneau de mosaïque représentant, en haut, Amphitrite et Dionysos ; ils sont au milieu de la mer installés sur les dos d’une grosse pieuvre. Dionysos a une apparence nilotique. En dessous d’eux, deux nymphes sont aussi montées sur des monstres à queues de serpent et à tête de lion pour l’une, de taureau pour l’autre.

Image 74 : Panneau de mosaïque d’un probable dessus de tombe chrétienne. Il est décoré d’une croix pattée et d’un cratère.

Image 75 : Très beau panneau de mosaïque décoré d’une croix monogrammée portant les lettres alpha et oméga et encadrée par deux plantes légèrement différentes (plans de pavot ?).



Datation envisagée
pour le site archéologique de Sufetula à Sbeïtla : an 225 avec un écart de 150 ans.