Le site archéologique de Sullectum à Salakta
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter ce site archéologique durant le voyage effectué en
Tunisie en 2025. Les images de cette page sont extraites de
galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site
archéologique nous apprend ceci :
« Histoire
Salakta est l'un des sites historiques les plus anciens du
pays. Il comporte un petit musée aménagé dans l'enceinte
du site antique. Toutefois, la majorité de ce dernier se
trouve sous la mer.
C'est à Salakta que l'une des principales pièces du musée
archéologique, après avoir été au musée archéologique de
Sousse, représentant un lion africain, est découverte en
1958. À l'époque romaine, Salakta est un important port
commercial sous le nom de Syllectum ou Sullectum. L'un des
bureaux de la Place des Corporations à Ostie porte le nom
des naviculaires de Syllectum, et des amphores à huile
avec la marque d'origine A SYLL (traduit par “de
Syllectum”)
ont été retrouvées à Ostie et à Salakta, preuve
archéologique d'un commerce d’huile actif entre Salakta et
Rome.
Le village fut un lieu privilégié pour les Byzantins qui
l'utilisaient comme point stratégique pour leurs
conquêtes. »
Commentaire de la phrase
« Toutefois,
la majorité de ce dernier se trouve sous la mer. ».
Cette phrase confirme ce que nous avions envisagé lorsque
nous avons étudié le port punique de Carthage. Selon nous,
il y aurait eu un phénomène de transgression marine sur la
côte tunisienne entre l’antiquité et notre époque. La mer se
serait élevée de plusieurs mètres, ou plus exactement, le
sol se serait abaissé de plusieurs mètres par rapport au
niveau de la mer supposé constant. Nous envisageons une
différence d’amplitude d’au moins 2 mètres. On peut en effet
considérer que durant l’Antiquité, le sol des habitations
proches du rivage était à au moins un mètre d’altitude pour
éviter des inondations lors de fortes tempêtes et,
actuellement, le même sol doit se trouver à plus d’un mètre
sous le niveau de la mer. Mais cette différence d’amplitude
devrait être plus importante que deux mètres. Il serait bon
de la mesurer si cela n’a pas encore été fait.
Images 5, 6 et 7.
Nous avons eu l’occasion de voir ce type de construction à
niches ou alvéoles. C’était à Oudhna à la
page du site archéologique, image
24. La présence de sièges de latrines est
incontestable en ce qui concerne Oudhna, et on peut admettre
que les sièges ont été enlevés à Salakta.
Comme à Oudhna, cette salle de latrines devait être couverte
de fresques. Il en reste des traces à l’intérieur des
conques dominant les alvéoles (image
6). Ces latrines se trouvaient au-dessus d’une
salle voûtée, peut-être une fosse septique (image
7).
Nous n’avons pas de renseignement sur
les catacombes, et, en particulier, sur l’époque de leur
construction (images 10 et
11). Ce que nous pouvons dire, c’est que si leur
entrée se trouve dans le sous-sol, au bas des images
8 et 9, ces catacombes sont à une altitude proche
du niveau de la mer.
Le musée archéologique de Sullectum
Ce musée est situé peu après le port de pêche de Salakta, à
650 mètres du site archéologique (coordonnées GPS :
35.39246, 11.04871).
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce musée
archéologique nous apprend ceci :
« Collections du musée
La mosaïque du Lion
provenant de Salakta est déposée d'abord au musée
archéologique de Sousse. La mosaïque est dégagée lors de
fouilles de sauvetage en 1958 dans une salle de 5,64 m sur
5,48 m dans un bâtiment interprété comme une maison d'un
marchand, donc environ 30 m2 et environ 450 000
tesselles. Le lion mesure 4,50 m de longueur ; il est
représenté de profil et sur fond blanc et “deux fois plus
grand que nature”. Pline l’Ancien a décrit les lions
africains. La représentation du lion africain est
réaliste, le mosaïste ayant utilisé du marbre de Chemtou.
L'œuvre se rapproche du style réaliste de l'époque des
Sévères. De l'œuvre se dégage “une intense expression de
vie”. Il s'agit selon Louis Foucher de l'agrandissement
d'un motif comme on en trouve sur un médaillon d'une
mosaïque de Ganymède de Sousse. La mosaïque, issue de la
maison d'un marchand, est datable du IIIe
siècle. Le lion était l'emblème de la corporation des
Leontii. Les Leontii étaient des armateurs qui ont fait
construire des thermes au début du IIIe siècle
qui servaient aussi de lieu de sociabilité. Une
inscription sur une mosaïque perdue portait Nica Leontii,
Victoire aux Leontii.
La mosaïque des
bienfaits de la baignade et des plaisirs de la vie
comprend une inscription latine EN PERFECTA CITO
BAIARV(m) GRATA VOLVPTAS/VNDANTESQUE FLVVNT AQ(uae) SAXI DE
RVPE SVB IMA/NISIBUS HIC NOSTRIS PROSTRATVS LIBOR
ANHELAT/QVISQVIS AMAT FRATRVM VENIAT MECVMQ(ue) LAETETVR.
On
y trouve aussi une réplique
de la mosaïque des marchands de Syllectum de la
place des Corporations d’Ostie, Statio 23 de la place :
sous un phare à étage, se trouvent deux navires dont l'un
à trois mâts ; deux dauphins en dessous mordent les
tentacules d’un calamar ou d'un poulpe. L'inscription
désigne les naviculaires de Syllectum avec une formule de
vœux N F (pour Navicularii Feliciter,
“ bonne chance aux armateurs“). Le phare de Syllectum a
peut-être servi de modèle au minaret de la grande mosquée
de Kairouan. »
Hormis le spectaculaire lion, le musée de Salakta contient
peu d’objets significatifs. On remarque seulement :
– La partie inférieure d’une stèle votive. Nous pensons
qu’elle date de l’époque romaine mais de style
lybico-punique (image 13).
– Autre fragment de stèle votive ou d’autel. Ici c’est la
partie supérieure qui a été préservée. De la partie
inférieure, il ne reste que la tête du personnage qui devait
être représenté debout sous un arc. Dans la partie
supérieure, deux dauphins encadrent un trident. Tout en
haut, les deux masques circulaires pourraient représenter le
soleil et la lune. Il est possible que cet autel ait été
dédié à Neptune dont l’emblème est un trident (image
14).
La mosaïque de lion (image
17) a été très bien décrite ci-dessus. Concernant
l'image 18,
nous constatons bien que le phare, probablement copié
de celui de Sullectum, ressemble fortement au minaret de la
Grande mosquée de Kairouan. Nous ne sommes cependant pas
certains que les bâtisseurs de ce minaret aient voulu copier
exclusivement ce phare. Il y avait probablement d’autres
modèles analogues qui ont disparu depuis.
Datation
envisagée pour le site archéologique de Sullectum
à Salakta : an 250 avec un écart de 150 ans.