Le site archéologique d’Oudhna
Dans cette page, nous évoquons le site archéologique
d’Oudhna dans les rubriques suivantes : infrastructures,
amphithéâtre, maisons romaines, thermes, capitole.
Nous avons eu l’occasion de visiter ce site archéologique
durant notre voyage effectué en Tunisie en avril 2025. La
plupart des images de cette page ont été prises lors de
cette visite. Les autres ont été extraites de galeries
d’images d’Internet afin de compléter l’information.
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site
archéologique nous apprend ceci :
«
L'ancienne Uthina est une cité romaine édifiée sur une
hauteur, sur plusieurs dizaines d’hectares, dominant une
plaine agricole fertile.
Histoire
Oudhna devient une colonie de vétérans de la Legio
XIII Gemina sous
le règne de l'empereur Auguste, d'où le titre de
Colonia Iulia Pietas Tertiadecimanorum Uthina qui
lui est donné ; il s'agit de l'une des premières colonies
sur le territoire de l'actuelle Tunisie, d'après Pline
l’Ancien. Elle atteint son apogée sous le règne de la
dynastie des Antonins et des Sévères mais est saccagée par
les soldats de Capellien en 238 à la suite de la révolte
de Gordien Ier. Le site est fouillé une
première fois au XIXe siècle, permettant ainsi
de révéler de nombreuses mosaïques, notamment celles d'une
riche villa dite "des Laberii". Une campagne de fouilles
archéologiques reprend en 1993, permettant d'ouvrir le
site à la visite dès 1999.
Éléments du site
Comme toute cité romaine, le site comprend un
amphithéâtre, un capitole, des thermes, des citernes, un
aqueduc et des habitations dont des riches villas.
[...] »
Nous poursuivrons la lecture de ce texte en décrivant
ci-dessous ces divers éléments chapitre par chapitre.
1. Infrastructures
Texte de Wikipédia : « [...] Le
réseau d'approvisionnement en eau alimentant les thermes
et les demeures est composé d'un aqueduc
s'étendant sur deux branches de plusieurs kilomètres ; il
collectait les eaux des sources environnantes et
aboutissait à des citernes
de captage dont les grandes citernes situées au
sud de la ville et la grande citerne du forum alimentant
ce dernier ainsi que les grands thermes publics.
[...] »
Image 1. La vue par
satellite ne montre qu’une partie des ouvrages
d’infrastructure de la ville : aqueducs, citernes, ponts.
Elle est située à proximité du capitole, au Sud de celui-ci.
Image 4 : Citerne
anciennement voûtée. La voûte s’est entièrement effondrée.
Image 5 : Autre
citerne. Elle est voûtée en voûte de béton. Il s’agit d’un
type de voûte différent de la voûte romane formée de pierres
taillées et appareillées. Dans cette voûte, il n’y a pas de
clé de voûte, ce que confirme l’existence de trous au
sommet. Il est possible que ces trous permettaient de
recueillir des eaux pluviales en complément des eaux
apportées par les aqueducs. Remarquer la différence entre
les matériaux de construction des murs verticaux et de la
voûte.
Image 6 : Cette
citerne semble plus évoluée que la précédente. Elle l’est
effectivement : on y découvre des arcs doubleaux portés par
des pilastres. Les constructeurs avaient compris que ces
arcs doubleaux assuraient une fonction de soutien de la
voûte.
Image 9 : Voûte
d’un pont. Il s’agit d’une voûte que nous avons ci-dessus
appelée « romane », une voûte à pierres soigneusement
taillées et appareillées. Les romains connaissaient donc
l’existence de ce type de voûte. Reste à savoir quand elle a
été inventée. De quand date ce type de pont ? Serait-il
possible que ce pont soit contemporain avec les citernes ?
Et si c’est le cas, on peut se demander pour quelles raisons
les arcs doubleaux de l'image
6 n’ont pas été construits en pierres taillées et
appareillées, plus performants que le béton.
2. Amphithéâtre et théâtre
Texte de Wikipédia : « [...] L'amphithéâtre de
forme elliptique mesure 110 mètres sur 90, avec une arène
centrale de 58 mètres sur 35 desservie par une galerie
souterraine alignée sur son grand axe. Les gradins, dont
la partie inférieure est creusée dans le sol et adossée à
la colline avoisinante, possèdent une capacité pouvant
aller jusqu'à 15 000 spectateurs. Ceci le classe au
troisième rang de Tunisie après ceux d’El Jem et de
Carthage. [...] »
Nous n’avons pas grand-chose à dire sur cet amphithéâtre,
ainsi que sur le théâtre que nous n’avons pas eu l’occasion
de visiter. Les images parlent d’elles-mêmes.
3. Autres édifices de
loisirs : les thermes
Texte de Wikipédia : « [...] Les grands thermes
publics, datés de l'époque de l'empereur Trajan,
s'étendent sur une superficie d'environ 6 500 m2.
Seule la partie inférieure est conservée et correspond aux
citernes et aux salles de service ; la partie supérieure
comporte une disposition symétrique et abrite des salles
chaudes surélevées sur de petits piliers de briques
pleines, permettant la circulation de l'air chaud
(hypocauste) ;
les salles froides étaient voûtées et comprenaient un
bassin, sur l'emplacement d'une huilerie où un plateau de
pressoir ainsi que des pièces pavées de mosaïques ont été
dégagés. Les "thermes des amours pêcheurs", encore en
fouilles, comportent un frigidarium abritant
plusieurs bassins dont le plus important est situé dans
l'axe et pourvu de mosaïques dont l'une à thème nilotique
représentant des amours en train de pêcher au moyen d'une
petite barque et de filets. [...] »
En fait, il existe trois thermes : les thermes des Laberii,
les bains des Laberii, les grands thermes publics.
L’appellation des Laberii n’a semble-t-il aucune valeur
d’authenticité. Elle proviendrait du fait que ces bains ou
thermes sont à proximité de la maison des Laberii. Il n’est
d’ailleurs pas certain que ces trois thermes soient les
seuls de la cité d’Uthina, celle-ci n’ayant pas été
entièrement fouillée.
Nous n’avons pas visité ces différents thermes, l’accès de
ceux des Laberii étant provisoirement interdit au public. Il
ne nous a pas été possible de différencier sur les images
les thermes des Laberii des bains des Laberii, pourtant
distincts sur les images par satellite.
Image 24 : Les
latrines. Cette image est très intéressante . Nous avons eu
auparavant l’occasion de voir des latines, en particulier à
Dougga (voir la page du
site archéologique de Dougga, image
46). Mais les images donnaient l’impression d’un
espace aéré, à découvert, d’une hauteur maximale de 1, 5
mètres. Nous découvrons ici un espace fermé d’une hauteur de
plus de 3 mètres (et donc invisible de l’extérieur). Il y a
moins de sièges qu’à Dougga mais ils sont plus espacés. Mais
on découvre surtout que ces sièges sont situés à l’intérieur
de niches qui étaient auparavant voûtées en cule-de four. On
découvre aussi l’existence de fresques bien visibles au
devant des piliers mais devaient se prolonger à l’intérieur
des niches et sur le cul-de-four de celles-ci. L’ensemble,
qui à présent apparaît disparate, devait former un tout
unique.
Image 25 :
Mosaïque des amours pêcheurs. Nous aurons sans doute
l’occasion de la commenter dans la page suivante relative
aux mosaïques du site.
4. Les maisons
d’habitation
Texte de Wikipédia : « [...] La villa dite "des
Laberii" comporte une trentaine de pièces sur une
superficie de 2 300 m2, presque toutes pavées
par des mosaïques, articulées autour d'un patio à ciel
ouvert entouré sur les quatre côtés par un couvert. Les
principales mosaïques en place sont des copies, les
originales étant exposées au musée national du Bardo dont
: Une composition florale centrée par une scène
mythologique très poétique qui représente Séléné
contemplant le corps d’Endymion allongé et endormi sur un
rocher à l'ombre d'un arbre. [...] Un
pavement de l’atrium qui représente la vie rurale en
Tunisie à l'époque romaine. [...] Un
pavement de la salle de réception couvert par un décor
végétal avec, aux quatre angles, des cratères ornés chacun
de l'image des quatre saisons ; le centre de la mosaïque
représente Dionysos. [...]
La maison d'Industrius
s'étend sur 700 m2. L'une de ses pièces
comportait une mosaïque représentant Vénus sortie des eaux.
[...] La
mosaïque est désormais exposée au musée national du Bardo.
»
Image 28 : On
repère sur cette image, en haut, la maison des Laberii, à
gauche, la maison d’Industrius, au centre et en bas les
thermes et les bains des Laberii, l’un des deux étant aussi
appelé la maison des amours pêcheurs.
La maison des Laberii est ornée de très belles mosaïques.
Les images de 29 à 33 présentent
des décors répétitifs de diverses formes de croix :
svastikas sur l'image 29,
nœuds de Salomon (motif présumé chrétien) sur l'image
30, croix grecques sur les images
31 et 33, croix pattées sur l'image
32.
Lorsque nous avons visité ce site, nous avons admiré les
très belles mosaïques à thèmes et avons pris de belles
photos (nous le pensions) sans avoir réalisé que ces
mosaïques étaient en fait des copies dont les originaux se
trouvent au musée du Bardo. Les
images 34, 35 et 36 ayant été prises dans de
meilleures conditions que les nôtres, nous les reproduisons
pour montrer dans quel contexte elles se situent. Nous
aurons l’occasion de les commenter dans la page suivante
relative à l’étude des mosaïques à thèmes du site d’Oudhna.
5. Le capitole
Texte de Wikipédia : « [...]
Le capitole est
composé à l'origine par trois temples dont le temple
central, mesurant 43 mètres sur 27 et dédié à Jupiter, et
deux temples latéraux de taille inférieure dédiés à Junon
et Minerve. Les trois temples n'existent plus et seules
les colonnes de la façade du temple central sont
conservées. L'un des chapiteaux de style corinthien a été
remis en place, donnant une idée de la hauteur de
l'édifice.
Le temple est dressé sur un podium très élevé et dominant
la ville ; on y accède par de larges escaliers sur deux
niveaux, séparés par un palier, chaque niveau
correspondant à de larges pièces voûtées aménagées sous le
temple. Par ses proportions gigantesques, le capitole
d'Oudhna est considéré comme l'un des plus grands temples
de l’Afrique romaine. »
Image 37 : Il
n’est pas facile de reconnaître le plan du site et surtout
son évolution à travers l’histoire. Partons du drapeau bleu
en bas de l’image. Une bande blanche part en direction Ouest
- Sud-Ouest. Cette bande blanche est l’escalier supérieur
menant au temple de Jupiter. Au dessous de cette bande, une
autre plus grise désigne l’emplacement de l’escalier
inférieur. Au-dessus de la bande blanche, se trouve le
temple de Jupiter. Les colonnes du péristyle de ce temple
(escaliers et colonnes sur l'image
39), à peine visibles par vue directe, le sont par
leur ombre portée sur l’esplanade du dessus. Cette esplanade
est terminée vers le Nord par deux hémicycles identiques (image 42). L’esplanade
et les deux hémicycles constitueraient le temple de Jupiter.
Il était encadré par deux petits temples dédiés à Junon et
Minerve (image 38).
On voit sur cette image
38 qu'à l’origine, la longueur du temple était
assez réduite, un peu plus longue que l’esplanade et les
deux hémicycles. Ceux-ci ont probablement été édifiés
ultérieurement. Le temple aurait été par la suite complété
vers le Nord-Ouest et terminé par une abside presque
demi-circulaire (images 45
et 47). On constate que ces bâtiments ont subi de
multiples transformations. Ainsi, sur l'image
46, le mur situé à gauche a été installé après le
mur arrondi de l’abside à droite, comme le prouve la voûte
posée contre le mur de droite. De même, sur l'image
47, les
deux corps de bâtiment situés en premier plan qui obstruent
les baies inférieures de l’abside ont été édifiés après
celle-ci.
Nous pensons qu’une huilerie a été installée à l’intérieur
de ces bâtiments (image 44).
Image 41. Elle
apporte une certaine surprise : Les belles colonnes en
marbre blanc seraient creuses ! Ou plutôt remplies d’un
assemblage hétéroclite de pierres et de mortier. Y a-t-il eu
à l’origine des colonnes bâties habillées par la suite de
plaques de marbre ? Ou s’agit-il d’un essai moderne de
reconstitution en rapport avec la poésie des ruines ?
Image 48 : Nous
avons ajouté la vue par satellite d’une forteresse, située
au Sud-Est du capitole, dont il ne reste que quelques tas de
pierres.
Datation
envisagée pour le site archéologique d’Oudhna : an
250 avec un écart de 100 ans.