Le complexe épiscopal et la basilique Saint-Vital de Sbeïtla  

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Nous avons eu l’occasion de visiter le site archéologique de Sbeïtla durant un voyage effectué en Tunisie en avril 2025. La plupart des images de cette page ont été prises lors de cette visite. Les autres ont été extraites de galeries d’images d’Internet afin de compléter l’information.

La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site archéologique nous apprend ceci concernant le complexe épiscopal et la basilique Saint-Vital :

« La basilique dite de Vitalis, construite par suite du besoin d'un espace plus grand pour la communauté catholique, forme avec la basilique de Bellator une “église double” dont d'autres exemples existent en Afrique et en Europe occidentale. Mesurant environ cinquante mètres de long sur 25 mètres de large et accessible par quatre portes latérales, cet édifice comporte cinq nefs avec onze travées séparées par des doubles colonnes reconnaissables par leurs bases.

La nef centrale est dotée de deux absides à ses deux extrémités, dont l'une, accessible par un petit escalier circulaire, abritait un autel au centre (image 5) ; la deuxième abside, accessible par un large escalier servant de presbyterium, accueillait un banc pour les prêtres (image 12). Cette abside donne sur deux pièces latérales qui conduisaient au baptistère derrière l'abside (image 13).

Le baptistère, dont l'architecture et la forme de la cuve sont semblables à ceux de la chapelle de Jucundus, est richement décoré avec une croix au fond et sur les côtés, des fleurons sur les parois verticales, une guirlande de laurier sur le rebord et une inscription rappelant que la cuve avait été offerte à la suite d'un vœu par Vitalis et Cardela (images 15, 16 et 17). »



Le complexe épiscopal

La vue par satellite de l'image 1 et le plan de l'image 2 donnent une idée de ce que pouvait être ce complexe épiscopal : un ensemble de bâtiments (deux basiliques, une chapelle, des maisons d’habitation du clergé). Soit, en allant de droite à gauche, on observe tout d’abord une première église à abside semi-circulaire, la cathédrale de Bellator, puis un corps de bâtiment à plan presque carré, la chapelle de Jucundus. Après ce bâtiment, vient une autre église à abside plus grande que la précédente, la basilique de Vitalis. Un ensemble de pièces ayant probablement servi de locaux d’habitation jouxte cette basilique. Des thermes prolongent ces pièces. Enfin, un autre groupe de pièces à plan rectangulaire détaché du groupe précédent devait être utilisé comme lieu d’hébergement par les membres de la communauté.

Nous ne savons pas comment les archéologues ont identifié les deux églises comme étant des cathédrales (sièges d’évêques), ni comment ils ont pu identifier l’antériorité de l’église de Bellator sur celle de Vitalis.

Nous examinerons ci-dessous la basilique de Vitalis. La chapelle de Jucundus et l’église de Bellator seront étudiées dans les pages suivantes.



La basilique Saint-Vital

Nous allons examiner cette église en suivant un parcours du Nord-Est jusqu’au Sud-Ouest. On commence par l’abside semi-circulaire située au Nord-Ouest (image 5). En se retournant en direction du Sud-Ouest (image 6), on repère en premier plan une grille à plan circulaire entourant une cavité, et, en second plan, la seconde abside.

Une très belle mosaïque orne le fond de la cavité (image 7). Étant en présence d’une sorte de bassin au plan en forme de croix grecque aux extrémités arrondies ave,c au fond, une mosaïque de même forme et sans autre information (ce qui est tout de même surprenant au vu de la qualité de la composition), nous avons immédiatement pensé que cette construction pouvait être une piscine baptismale. Mais il y aurait eu dans cette église deux fonts baptismaux ? Cela aussi est surprenant. Cependant, en observant de plus près le fond (image 8), nous remarquons que la paroi verticale empiète sur le décor de la mosaïque. Cela signifie que le mur vertical a été posé sur la mosaïque, et donc après la pose de celle-ci et non avant (ce qui serait logique dans le cas d’une construction de piscine baptismale). Par ailleurs, l'image 4 montre que cette mosaïque cruciforme n’est pas centrée sur l’axe de l’église. Il est donc probable qu’elle a appartenu à un bâtiment antérieur à l’église.

Poursuivons notre visite. Nous passons dans la partie Sud-Ouest (images 9 et 10). On y voit un espace à plan rectangulaire qui devait à l’origine être entouré d'une colonnade. À l’intérieur de cet espace, une dalle rectangulaire percée d’alvéoles carrées devait servir de base à l’autel principal de l’église (image 11).

Nous passons ensuite dans l’abside Sud-Ouest qui aurait servi de presbyterium avec le large escalier utilisé comme banc pour les prêtres (image 12).

Nous remarquons que la nef de cette église est comparable à d’autres en Tunisie. Elle est à trois ou cinq vaisseaux. Trois vaisseaux si on considère qu ’elle est partagée en trois parties de largeur équivalente. Ces parties sont séparées par des piliers à colonnes doubles. Cinq vaisseaux du fait que chacun des collatéraux est divisé en deux parties séparées par des piliers de moindre importance. Une remarque : il est probable que les piliers n’étaient pas reliés entre eux par des arcs mais par des linteaux ou architraves en bois.


Nous contournons l’abside pour accéder au baptistère (image 13). Au centre de cette pièce, se trouve la piscine baptismale entièrement recouverte de mosaïques. Une minuscule abside est située au fond de la pièce. Cette abside est exactement située dans l’axe de l’église. Cela signifie que, la cuve étant de forme oblongue, son axe principal est perpendiculaire à celui de l’église, et donc dans la direction Est-Ouest. Nous pensons que cette disposition devait correspondre à une liturgie en rapport avec la marche solaire. On sait en effet que chaque soir, le soleil plonge dans l’eau à l’Ouest (il meurt dans l’eau) et le matin suivant, il émerge de l’eau à l’Est (il ressuscite). De même dans le sacrement du baptême, le catéchumène devait pénétrer dans l’eau par l’escalier Ouest pour ressortir de l’eau par l’escalier Est, une fois baptisé.

Remarquons les restes de colonnes : les fonts baptismaux devaient être surmontés d’un ciborium.

Image 16. Texte de cette mosaïque : « VITALIS ET CARDELA VOTU MSN », Vitalis et Cardela ont fait le vœu.

Image 17 : Le texte de cette mosaïque qui devait recouvrir une tombe nous apprend que le saint évêque Honorius a vécu en paix pendant 3o ans (ou 80 ans ?) et 5 mois. La mosaïque porte une croix pattée où sont accrochées les lettres alpha et oméga.



Datation envisagée
pour le complexe épiscopal et la basilique Saint-Vital de Sbeïtla : an 500 avec un écart de 100 ans.