Le site archéologique de Thélepte
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter ce site archéologique durant notre voyage effectué
en Tunisie en 2025, c'est pourquoi les images de cette page
ont été extraites de galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce chantier de
fouilles nous apprend ceci :
« Histoire
La cité est créée sous les Flaviens. [...] L'histoire
de la ville au Haut-Empire romain est méconnue, les
connaissances sont plus importantes à l'époque chrétienne,
vandale et byzantine. La ville est colonie au IIe
siècle, sous le règne de Trajan. L'évêque Iulianus
représente la ville à la conférence de Carthage organisée
par saint Cyprien en 256, et la ville sera présente lors
des événements religieux jusqu'au VIIe siècle.
En 411, la ville a à la fois un évêque catholique et un
évêque donatiste. Saint Fulgence, né en 468. évêque de
Ruspe pendant le siècle vandale, est originaire de la
ville. Des vestiges archéologiques sont conservés de la
période vandale dans la région comme à Henchir et Gousset
ou El Erg, ainsi qu'une épitaphe datée de la 17e
année de Tharamund. Après la reconquête byzantine, le site
a un rôle militaire et devient siège du gouverneur de
Byzacène. Du début de l'époque arabe ne sont conservés que
des tessons de céramique datables du IXe au XIe
siècle.
Histoire des fouilles
Les premières explorations sont datées du XIXe
siècle.
Beaucoup d'éléments du site antique n'ont pas été
fouillés. Sept églises sont repérées au XIXe
siècle, ainsi que quatre chapelles, mais seulement deux
sont visibles au XXIe siècle. Un plan de la
ville par Sadoux est publié par Paul Gauckler en 1913.
Féthi Béjaoui a repris l'étude des édifices chrétiens.
L'édifice compris comme étant la cathédrale a été fouillé
au début du XXIe siècle, en 2005.
Description : Vestiges
conservés
Thermes publics :
Les thermes conservent quelques pièces dont une grande
salle qui possédait une voûte. L'édifice était pourvu de
mosaïques dont peut-être celle du chasseur face à un lion,
conservée au musée national du Bardo. Les spectateurs sont
représentés dans l’œuvre datée du IIIe siècle.
Église 1 : L'édifice
est peut-être la cathédrale du fait de dimensions
importantes, de 60 m sur 17 m. Sans l'avant-corps,
l'édifice mesure 30 m sur 17,40 m. Elle est située dans la
partie orientale de la ville. L'église était orientée
nord-nord-est. Le quadratum populi comportait
cinq nefs. L’abside orientale était semi-circulaire. Il y
avait des salles à l'arrière de l'abside, même si aucune
sacristie n'a été identifiée comme telle. L'édifice
comporte une nef centrale et quatre bas-côtés. Le sol de
l'abside comporte des mosaïques végétales et florales. Le
chœur, occupant deux travées, était séparé par des
chancels. Les bases des piliers comportent des éléments
sculptés, fleurs, oiseaux et une scène du sacrifice
d’Abraham. L'édifice est utilisé jusqu'à l'époque
byzantine. Les fouilles ont livré également des carreaux
de terre cuite. Les voûtes de l'abside étaient composées
de tubes de terre cuite. Une annexe située au nord-ouest
était peut-être un baptistère. Stéphane Gsel datait
l'édifice du Ve siècle.
Église 2 (3 dans la
numérotation de Baratte) : Fouillé en 1885 et à
nouveau exploré à partir de 1999, l'édifice est situé à
environ 100 m de la citadelle et mesure 40 m sur 20 m et
possède une nef et deux bas-côtés, trois éléments de même
largeur. L'église possède deux absides et deux chœurs. Un
des espaces était destiné à abriter une chapelle destinée
aux martyrs. Le chœur était couvert de dalles et les deux
absides comportaient des mosaïques. L'édifice était
couvert d'une charpente. L'accès se faisait par la façade
orientale.
Citadelle byzantine
: La citadelle est vaste, en forme de quadrilatère, avec
350 m sur 150 m et a été décidée par Justinien au milieu
du VIe siècle. Des vestiges de remparts et de
tours sont conservés : 4 tours rondes, 8 carrées.
Description : Éléments
perdus ou non visitables
Église 2
(numérotation de Baratte) : L'édifice, situé à
200 m de l'église 1 et jamais fouillé, a presque disparu.
L'édifice à abside était orienté nord-nord-est. Les
dimensions étaient au maximum de 28 m sur 12,80 m. Il y
avait sans doute trois nefs dans le quadratum
populi.
Église 4 (numérotation
de Baratte) : L'édifice est situé au nord-est de
la ville, à 500 m de la citadelle. L'église est orientée
nord-est sud-ouest pour des dimensions de 45 m sur 18,65
m. La couverture était sans doute faite de charpente et de
tuiles. L'édifice était précédé par une cour et un porche.
Le quadratum populi comportait
cinq nefs et douze travées ; une abside semi-circulaire
fermait l'édifice au chevet. Stéphane Gsell a daté
l'édifice de la seconde moitié du Ve siècle.
Église 5 (numérotation
de Baratte) : L'édifice était situé à 50 m de la
citadelle et est en très mauvais état de conservation.
L'église, orientée nord-est sud-ouest, mesurait 21 m sur
11,60 m. Des tuiles ainsi que des tubes de terre cuite ont
été retrouvés. Le quadratum populi comportait
trois nefs et sept travées. Le chevet était pourvu d'une
abside semi-circulaire couverte d'une mosaïque. Le chœur
utilisait les trois dernières travées.
Église 6 (numérotation
de Baratte) : L'édifice était situé à 1 500 m au
nord-est de la ville et sans doute au milieu d'une
nécropole. Non fouillé, il mesurait 29 m sur 10,90 m. Un
vestibule profond de 3,50 m était présent. Le quadratum
populi mesurait
24,20 m sur 10,40 m. Stéphane Gsell a daté les chapiteaux
du Ve siècle ou du VIe siècle.
Église 7 (numérotation
de Baratte) : L'édifice est situé au sud-ouest de
la ville et il a sans doute disparu. Le musée du Bardo
conserve un élément de la mosaïque de l’abside. Les
fouilles ont livré également des inscriptions
martyrologiques. Selon Stéphane Gsell, l'édifice mesurait
26 m sur 11 m. Les nefs étaient dallées et l'abside était
couverte de mosaïques. Une charpente en tuiles recouvrait
l'église. Des tubes de terre cuite ont été retrouvés.
L'accès se faisait peut-être par le bas-côté. L'église
comportait trois nefs et sept travées, les deux dernières
travées étant occupées par le chœur. La mosaïque de
l'abside comportait des rinceaux, des oiseaux et une
inscription basée sur le psaume 53,4. Sous la bas de
l'autel les archéologues ont retrouvé une inscription en
l'honneur de Ianuarius. L'édifice est daté du IVe
siècle ou du Ve siècle.
Église 8 (numérotation
de Baratte) : L'édifice orienté au nord-est n'a
pas été fouillé. Il mesurait 16,40 m sur 10,80 m et
comportait trois nefs et cinq travées. Les deux dernières
travées étaient occupées par le chœur.
Église 9
(numérotation de
Baratte) : La chapelle était située à 150 m au
nord-est de la citadelle et mesurait 12 m sur 8,40 m.
Église 10 (numérotation
de Baratte) : L'édifice était situé à 200 m au
nord-est des thermes, il s'agissait d'une chapelle
triconque ou tétraconque.
Église 11
(numérotation de
Baratte) : La chapelle était située au
sud-ouest, non loin des carrières. Les murs conservés sur
3,50 m vus par Stéphane Gsell ont disparu. Les dimensions
étaient de 8,40 m sur 4,20 m, l'édifice comportait une
seule nef et se terminait par un mur arrondi. Deux grottes
existent toujours, peut-être des oratoires après avoir
servi de lieu de sépulture. »
Ce texte de Wikipédia montre à la fois l’importance du site
archéologique dans son ensemble et celle de ses parties
disparues ou non visitables. Initialement, au vu des seules
images dont certaines reproduites ci-dessous, nous n’avions
pas prévu d’en parler. La lecture de ce texte nous a
convaincu de le faire. Nous pensons en effet que ce texte
n’a pu être construit qu’à partir d’une documentation
relativement importante avec très probablement des
compte-rendus de fouilles, et, peut-être, des relevés de
plans d’églises identifiées. En conséquence, il y a un
travail de recherche important à effectuer dans les archives
en ce qui concerne ce site archéologique et sans doute
beaucoup d’autres sites de Tunisie. Ce travail, nous ne
pouvons le faire car nous devons continuer notre travail de
synthèse et passer à l’étude d’autres sites ou monuments en
Afrique du Nord ou au Proche-Orient. Nous espérons que ce
travail pourra être fait par des historiens locaux désireux
de faire connaître et aimer le riche patrimoine de la
Tunisie.
Image 6 :
Bestiaire transperçant un lion. Voici les explications, par
Mohamed Yacoub, de ce panneau de mosaïque trouvé à Thélepte
et déposé au musée du Bardo :
« Seuils
de pavement d’occus figurant une scène d’amphithéâtre. Sur
les seuils apparaissent de nombreux spectateurs, serrés
les uns contre les autres, et les yeux braqués sur un
spectacle à caractère particulièrement dramatique. Ce
dernier occupe la partie centrale de la mosaïque et montre
un venator aux
formes athlétiques et aux muscles animés d’une tension
extrême, combattant presque au corps à corps avec un
énorme lion en furie. Le fauve, bien transpercé par la
lance de son adversaire, est encore dressé sur ses pattes
postérieures et cherche à broyer, de sa gueule ouverte, la
tête du bestiaire. De sa blessure coulent abondamment de
grosses gouttes de sang qui forment des flaques sur le sol.
Le
bestiaire porte, au dessus de sa tunique, une solide
cuirasse de cuir qui lui protège le corps. À gauche de ce
duel à mort, surgit un deuxième lion (en partie détruit)
non moins énorme, qui va vivement attaquer à son tour.
L’arène où se déroule ce spectacle sanglant est entourée
d’une enceinte recouverte de plaques de marbre. Elle est
percée de portes entr’ouvertes devant lesquelles se
tiennent d’autres bestiaires qui agitent de la main une
étoffe de couleur foncée, pour exciter les fauves. IIIe
siècle après J.-C. »
Datation envisagée pour le site archéologique de
Thélepte : an 250 avec un écart de 100 ans.