Le site archéologique de Thuburbo Majus
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter ce site archéologique durant notre voyage effectué
en Tunisie en avril 2025. Les images de cette page sont
extraites de galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site de
fouilles nous apprend ceci :
«
Histoire
Elle (la cité) devient un chef-lieu de district en 27 av.
J.-C., sous le règne de l’empereur Auguste. On suppose que
l'endroit était déjà habité auparavant par les Berbères
puis, de manière assurée, par les phénico-puniques de par
la place des cultes des deux divinités principales à
l'époque postérieure : Saturne reprend le culte de Ba’al
Hammon et Junon Caelestis reprend le culte d'Astarté.
En
128, sous le règne d’Hadrien, la ville obtient le droit de
cité (municipe) et parvient à maturité entre 150 et 250.
Sa prospérité repose alors essentiellement sur le commerce
entre l'intérieur des terres et les villes côtières. Selon
les estimations, la ville compte à cette époque entre 7000
et 12000 habitants. L'empereur Commode octroie à la ville,
rebaptisée Colonia Julia Aurelia Commoda,
le statut de colonie romaine en 188. L'intégration à
l'empire et la prospérité permettent à la cité de se parer
d'édifices publics. La cité commence à décliner vers la
fin du IIIe siècle. L'empereur Constantin tente
de revivifier l'agglomération qui compte alors encore 1
000 habitants. Renommée Res Publica Felix Thuburbo
Majus,
elle reçoit une nouvelle impulsion sous le règne de
Constance II qui poursuit une politique de reconstruction,
en particulier des thermes. Elle entre cependant à nouveau
en déclin sous le coup des invasions vandales et des
combattants arabes qui propagent l’Islam de village en
village. La colonie est fortement endommagée par un
tremblement de terre.
La
ville devient par la suite un évêché, siège du diocèse de
Thuburbo Majus suffragant de l’archidiocèse de Carthage,
dont on connaît au moins quatre évêques : Sedatus qui prit
part au concile de Carthage (256), Faustus qui prit part
au concile d’Arles (314), saint Cyprien qui participa au
concile des Églises de Carthage (412), au cours duquel il
s'opposa au donatiste Rufinus, et Bennatus qui fut banni
sous le règne d’Hunéric (484). [...]
C'est
seulement en 1857 que l’archéologue français
Charles-Joseph Tissot arrache la ville de l'oubli. Les
fouilles sont reprises en 1912 puis vers 1930, sous
l'impulsion de Louis Poinssot, et enfin en 1957.
L'essentiel des fouilles est effectué de 1912 à 1936. Un
siècle et demi après sa découverte, les fouilles sont
encore inachevées en raison de l'ampleur du site.
Édifices
Les bâtiments dégagés, outre le Capitole, sont
relativement modestes, ce caractère étant à relier aux
faibles ressources des habitants. De même, les temples ont
été transformés en églises à l'époque romaine, aucune
construction religieuse nouvelle n'ayant alors été
entreprise. »
Nous arrêtons provisoirement la lecture de ce texte afin de
commenter quelques images. Mais auparavant, ajoutons un
petit commentaire sur cette phrase du texte :
« Elle
entre cependant à nouveau en déclin sous le coup des
invasions vandales et des combattants arabes qui propagent
l’Islam de village en village. » . Selon les
sources historiques, les Vandales se seraient installés en
Afrique en mai 429. Ils auraient été vaincus par les
Byzantins en 533-534. Les Byzantins auraient été à leur tour
vaincus par les Arabes en 647 à Sbeïtla. Le tout semble
clair. La réalité est probablement nettement plus complexe.
On s’imaginerait en effet que, d’un seul coup dès l ‘an 429,
le Maghreb est devenu Vandale puis, dès l’an 534, il est
passé Byzantin, et à partir de 647, il est devenu Arabe. Ce
faisant, on oublie les diverses tribus qui occupaient ce
territoire et qui n’avaient rien de Vandale, de Byzantin, ou
d’Arabe. Remarquons que dans le texte reproduit ci-dessus,
les Vandales et les Arabes sont décrits comme des
envahisseurs mais rien n’est dit sur les Byzantins. Nous
voyons là une dérive qui peut concerner les historiens même
les plus objectifs : il y a les méchants qui sont les
Vandales et les Arabes et les gentils qui sont les
Byzantins. C’est là un raisonnement primaire. Un
raisonnement qui d’ailleurs peut être contredit par le fait
que les principales constructions faites par les Byzantins
sont des forteresses. Ce qui signifie que durant la période
byzantine, il y avait un état de guerre permanente. Nous
réétudierons cela dans notre page de conclusions sur les
monuments de Tunisie.
Infrastructures de la cité
(images de 3 à 9)
Comme les autres cités anciennes de Tunisie, il devait y
avoir des structures d’approvisionnement ou d’entretien :
approvisionnement en eau par l’intermédiaire d’aqueducs, de
citernes, de fontaines, puis d’égouts ; approvisionnement en
denrées diverses par l’intermédiaire de routes, de ponts, de
moulins. De ces infrastructures, il reste un ensemble de
citernes et des rues pavées.
Nous poursuivons la lecture du texte de
Wikipédia :
« Édifices religieux
De son Capitole
daté de 168, quatre impressionnantes colonnes
corinthiennes de 8,50 mètres ont survécu sur les 6 de la
façade initiale à l'épreuve du temps et ont été
redressées. La taille de la construction est comparable à
celle du Capitole de Dougga, derrière lequel il se situe
de par son état de conservation. Les fouilles ont
également livré les fragments de la statue colossale
située au musée national du Bardo à Tunis, ainsi que trois
favissae (NDLR : les favissæ étaient des fosses
rituelles, situées dans l'enceinte des temples des diverses
civilisations antiques du bassin méditerranéen, ayant servi
de dépôt d'objets de culte ou d’ex-voto après leur usage).
Le temple de Mercure,
consacré en 211, se situe sur son côté nord-ouest, et
possède un péristyle circulaire possédant huit colonnes.
La proximité de la construction avec le forum suit les
préconisations de Vitruve. On y trouve aussi deux
sanctuaires consacrés à Saturne, dont l'un
possède un plan de type oriental et aurait été bâti aux IIe
ou Iersiècle av. J.-C. Ce dernier sanctuaire,
comme ceux de Mercure et
de Junon Caelestis, a été utilisé comme église au
VIe siècle.
L'un des temples de Saturne a été bâti en hauteur. On y
trouve également un "temple
de Baalat", possédant un plan fréquent en
Afrique, avec une cour outre le temple stricto sensu qui a
été par la suite transformé
en basilique chrétienne. »
Le Capitole (images de 10 à 15)
Nous avons eu l’occasion de décrire ce type de temple romain
à plusieurs reprises dans les pages de notre site Internet. Le Capitole est
formé de trois temples rectangulaires accolés. Ces temples
sont dédiés aux trois divinités romaines, Junon, Jupiter et
Minerve. Les temples sont surélevés afin de montrer la
puissance de Rome. Le temple de Jupiter est situé entre les
temples de Junon et de Minerve. Il est souvent plus grand
que les deux autres mais il semblerait que ce ne soit pas le
cas ici (images 10 et 15).
Le temple de Mercure
(images de 16 à 21)
Il s’agit d’un temple à plan circulaire dit à « tholos
». Nous ne connaissons pas les raisons ayant
conduit à utiliser ce type de plan.
Le temple de Junon
Caelestis (images
de 22 à 24)
On pourrait penser qu’il y avait à Thuburbo Majus deux
temples dédiés à Junon, celui du Capitole et celui-ci. En
fait, Junon Caelestis ne serait peut-être pas la même que la
Junon du Capitole. Les phéniciens, soumis aux romains,
auraient continué à vénérer leurs propres dieux en leur
donnant les noms de dieux romains. Ainsi Ba’al Hammon aurait
été perpétué sous le nom de Saturne et Tanit, déesse
phénicienne qui aurait succédé à Astarté, aurait pris le nom
de Junon Caelestis, voire plus simplement, Caelestis.
Les restes du temple de Junon Caelestis sont, en apparence,
très réduits, hormis son portail d’entrée (image
23).
Le temple de Baalat
(images de 25 à 28)
Nous n’avons pas d’indication au sujet du nom de Baalat.
Mais nous pensons qu’il doit y avoir un rapport avec le dieu
phénicien Ba’al Hammon. Du temple lui-même, il ne reste que
l’entablement précédé par un grand escalier de plus de 10
marches (images 26 et 27).
La vue par satellite de l'image
25 fait apparaître un mur à tracé de demi-cercle.
Ce pourrait être les restes d’une abside. Le temple aurait
été transformé en église.
Le temple de Saturne (images
29 et 30)
Peu de vestiges de ce temple de Saturne dont il ne resterait
que l’entablement.
Le temple–église (images de 31 à 34)
La vue par satellite de l'image
31 permet de repérer un corps de bâtiment ayant
une nef à trois vaisseaux. On retrouve cette nef sur les images 33 et 34. Le
vaisseau central était porté par des colonnes monolithes en
marbre gris bleuté.
Le
temple de la Paix (images
de 35 à 39)
Les images de ce temple de la Paix ont été trouvées sur le
site Wikimédia commons. Selon le plan de l’image
2, il jouxterait le Capitole, au Nord de ce temple.
Nous n’avons cependant pas vu le Capitole dans les images
recueillies : y a-t-il eu des erreurs ?
Reprenons la lecture du texte de
Wikipédia :
« Édifices civils
En contrebas du temple, s'étend un forum carré à
péristyles de 45 mètres de côté, édifié au IIe
siècle et restauré au IVe siècle, bordé sur
trois côtés par des portiques et le Capitole. On y accède
par deux portes de petites dimensions sur ses côtés
sud-ouest et sud-est.
À proximité se trouvent les vestiges de la curie, dont
l'aménagement intérieur a pu être restitué, avec ses
gradins et son estrade.
On peut également y voir un macellum (marché), place dont les côtés possèdent des boutiques.
»
Parmi les édifices civils, nous avons recueilli les images
de trois portes (ou arcs de triomphe), du
forum et du
macellum.
Les portes (porte
Nord, porte Sud, porte Est) (images
de 40 à 45)
On note une forte ressemblance entre ces trois portes. Seuls
des détails permettent de les distinguer.
Le forum (images de 46 à 48) et le macellum
(images de 49 à 51)
Poursuivons la lecture du texte de
Wikipédia :
« Édifices de
loisirs
Au sud-ouest du site, les vestiges des thermes d’hiver et
d'été, avec de remarquables mosaïques, témoignent de
l'architecture des bains de l’époque romaine.
Les “thermes d'hiver”,
s'étendant sur 1 600 m2, ont été construits à
une date mal assurée, dans la seconde moitié du IIe
siècle ou au début du IIIe siècle. Le complexe
thermal a été rénové entre 395 et 408, une autre
rénovation ayant eu lieu à une époque tardive
indéterminée. La construction est encore utilisée à la fin
du Ve siècle ou au début du VIe
siècle. Doté de trois piscines, le frigidarium ne mesurait cependant qu'environ 70 m2.
Deux des piscines ont été supprimées, peut-être au Ve
siècle alors qu'une aile adjointe à la même époque est
considérée par Yvon Thébert comme un espace consacré aux
réunions.
Les “thermes d'été”,
à proximité immédiate du forum, étaient très richement ornés. À proximité se
trouvent des latrines. Ils ont été construits à la fin du
IIe ou au début du IIIe siècle.
L'édifice, s'étendant sur 2 800 m2, avec un
frigidarium de 125 m2, est à considérer comme un
édifice de taille moyenne. L'ensemble a subi de nombreux
remaniements non datables mais a été restauré de façon
assurée en 361. Il a existé un débat entre archéologues à
propos de l'imbrication des divers éléments de la zone, et
des incidences des constructions de la palestre des
Petronii et des grandes latrines semi-circulaires sur
l'espace thermal, en particulier les accès qui ont dû
changer lors des divers bouleversements.
Située au nord-est des “thermes d'été”, la palestre offerte par les
Petronii à la ville en 225 était destinée à la pratique du
sport. Proche de la palestre a été découvert un bas-relief
représentant des ménades en train de danser, ce qui
illustre l'imitation de modèles classiques dès le Iersiècle.
L'un des côtés de l'édifice a fait l'objet d'un remontage,
ce qui en fait un des atouts du site, les autres façades
étant dans un état avancé de ruines.
L'orientation des salles chaudes des thermes a
permis l'identification des deux lieux à l'usage lié à la
saison : salles chaudes au nord pour les thermes d'été, au
sud pour les thermes d’hiver. Le site possédait d'autres
installations thermales, les “thermes du labyrinthe”, les
“thermes du Capitole”, outre des thermes situés dans la
“maison aux communs”.
Thuburbo Majus accueille par ailleurs un amphithéâtre
qui prenait appui sur le relief et qui n'est pas encore
totalement dégagé. »
Les thermes d’hiver
(images de 52 à 54) et les thermes d’été (images de 55 à 57)
Il est déjà très difficile d’identifier les différentes
salles de thermes quand on les visite sans disposer d’un
plan précis. À plus forte raison quand on n’a pas l’occasion
de les visiter et qu’on ne dispose que de quelques photos
comme ici. Par ailleurs, ces thermes ont été profondément
modifiés au cours du temps, certaines parties pouvant
devenir des églises ou des habitations.
La palestre (images 58, 59 et 60)
Les images 59 et 60 font
apparaître un petit énigme. Les deux images montrent le même
monument appelé « portique des Petronii ». L'image
59 apparaît plus belle que l'image
60. Sur cette image
59, on ne
voit pas tous les étais de fer qui défigurent le portique
dans l'image 60. Et
on pourrait se demander pour quelle raison nous avons choisi
d’afficher cette image 60. Surtout après l'image 59 parce qu’il
semble évident que les étais ont été placés pour consolider
l’édifice avant sa restauration définitive visible sur l'image 60. Mais c’est là
qu’on découvre un petit problème. L'image
59 a été capturée sur la page de Wikipédia. La
photo est ainsi légendée : « Palestre des Petronii en 1963 ». L'image
60 a, quant à elle, été capturée sur la galerie
d’images de Google Maps, site Internet postérieur de plus de
50 ans à 1963. Il est donc fortement envisageable que cette
image ainsi que d’autres du même site corresponde à l’état
actuel du portique (et non à un état antérieur comme on le
pensait auparavant). Cette constatation amène à des
questions : que s’est-il donc passé ? Serait-il possible que
la restauration effectuée en 1963 n’ait pas résisté ?
Serait-il possible que plus généralement, par suite d’une
portée trop grande, les architraves n’aient pas supporté les
forces de flexion ?
L’amphithéâtre (images de 61 à 63)
Comme beaucoup d’autres sites en Tunisie, il y avait un
amphithéâtre en Thuburbo Majus, preuve selon nous d’une
forte implantation des légions romaines.
Reprenons la lecture du texte de
Wikipédia :
« Quartiers d'habitations
L'habitat privé a été moins l'objet de fouilles que les
monuments publics ou religieux. Cependant, environ une
vingtaine de maisons privées ont été dégagées.
Les constructions privées, de par la dureté du matériau
local, étaient bâties de béton de plâtre.
Les archéologues ont pu déterminer que les classes aisées
vivaient dans le quartier occidental de la cité, le
quartier septentrional abritant des classes davantage
populaires du fait de la proximité d'installations
artisanales, en particulier des huileries.
À proximité du forum ont
été retrouvées des habitations luxueuses, au sol recouvert
de mosaïques et de marbre, certaines possédant un système
de chauffage. »
La maison des « animaux
liés » (images 64
à 67)
C’est une mosaïque en forme de T trouvée dans cette maison
puis déposée au musée du Bardo qui lui a donné son nom.
Cette mosaïque de pavement de triclinium
(salle à manger) est ornée de
xenia (victuailles). Dans des médaillons (au nombre
de 12) sont figurés des animaux, en couple ou isolés, aux
pattes liées.
Maison de Neptune Thururbo (image
68 et éventuellement certaines des images
suivantes)
Nous n’avons pas de renseignement sur cette maison, hormis
sa localisation grâce à Google Maps. Concernant le nom qui
lui a été donné, il pourrait correspondre à la mosaïque d’un
bassin déposée au musée du Bardo. On y voit en effet une
représentation de la tête de Neptune ou du dieu Océan. Cette
mosaïque est représentée dans la page suivante consacrée aux
œuvres déposées de Thuburbo Majus (images
25 et 26 de cette page).
Datation envisagée pour le site archéologique de
Thuburbo Majus : an 225 avec un écart de 125 ans.