Les œuvres exposées de Thuburbo Majus
Nous n’avons pas eu l’occasion de
visiter ce site archéologique durant le voyage effectué en
Tunisie en 2025. Les images de cette page sont extraites de
galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site
archéologique nous apprend ceci :
«
Découvertes effectuées
sur le site
Œuvres in situ
Les fouilles qui ont eu lieu sur le site sont datées d'une
période où la dépose des œuvres était une pratique
courante. De ce fait, le site est relativement dépouillé.
Cependant, on trouve tout de même un petit musée sur le
site. »
Interruption provisoire de la lecture du texte. Nous n’avons
pas trouvé d’image du petit musée ainsi que des œuvres qui y
seraient déposées. Les images
de 1 à 6 sont celles d’œuvres (principalement des
mosaïques) directement observables sur le site.
Poursuivons la lecture du texte de
Wikipédia.
« Œuvres déposées au musée
national du Bardo
Les découvertes les plus remarquables ont été déposées au
musée national. Parmi celles-ci, on trouve une tête,
mesurant 1,35 mètre pour 1,2 tonne, d'une statue de
Jupiter atteignant sept mètres de hauteur (image
9),
ainsi que des mosaïques.
Un naïskos
de la première moitié du IIe siècle av. J.-C.,
chapelle miniature dédiée à Déméter, retrouvé sur le site,
est selon Serge Lancel un résumé du temple de basse-époque
punique, une synthèse de l’art grec avec une origine
orientale (image
7).
Dans
la salle dite du Mausolée sont exposées diverses mosaïques
livrées par le site, dont celle des protomés d'animaux
d'amphithéâtre : cette mosaïque, datée de la seconde
moitié du IVe siècle, avait une finalité
commémorative pour rappeler un spectacle offert par un
riche notable. L'œuvre appartient à une série tardive où
le motif végétal est très présent (images
27, 28 et 29).
D'autres
mosaïques sont situées ailleurs dans le musée. Ainsi, la
mosaïque dite du poète tragique absorbé dans une profonde
réflexion est datée de la fin du IIe siècle et
montre le poète — identifié parfois à Ménandre — en pleine
réflexion, placé au milieu d'un décor de feuillages. Un
parchemin à la main, il a face à lui deux masques de
théâtre (images
15 et 16).
Le musée possède également une représentation des noces de
Dionysos et d'Ariane où sont mis en scène les amours de
Dionysos sur trois registres. Sur le registre supérieur,
le dieu, assis sur une peau de panthère, a face à lui
Ariane. Le décor, inscrit dans un triangle, est selon
Mohamed Yacoub à relier à un " décor conçu pour un fronton
de temple". Les deux registres inférieurs concernent les
compagnons de la divinité, l'un Héraclès face à un satyre
et l'autre des Bacchantes accompagnées du dieu Pan. La
scène se retrouve sur les cratères retrouvés lors des
fouilles de l’épave de Mahdia (images
19, 20 et 21).
L'œuvre
dite Thésée et le Minotaure, datée de la fin du IIIe
siècle, figure le combat final où Thésée s'apprête à
frapper la tête du Minotaure, dont les membres des
victimes jonchent le sol. L'entourage de l'emblema
figure
le labyrinthe (image
23).
On y trouve aussi un bassin avec tête d'Océan avec
xenia ou
plutôt une mosaïque de bassin, avec décor de monstres
marins, dont le rebord est occupé par des motifs de xenia
ou
natures mortes, symbole de fécondité (images
25 et 26).
La vie quotidienne est également représentée avec une
mosaïque de chasse à courre, malheureusement très mutilée,
datant du IVe siècle. Sur les deux registres
conservés figurent deux personnages à cheval poursuivant
un lièvre, accompagnés d'auxiliaires et d'une chienne ;
les chevaux et la chienne sont nommés (image
12).
Le
sport est représenté dans les pugilistes aux prises, une
mosaïque de la fin du IIIe siècle, où deux
pugilistes portant des gants se battent alors que, de la
tête de celui de gauche, coule du sang (image
22).
Les jeux sont aussi présents avec un aurige vainqueur,
emblema malheureusement
mutilé d'une mosaïque du début du IVe siècle
figurant un aurige portant d'une main une couronne et
tenant de l'autre une palme, les rênes du quadrige étant
fixés à son corps (image
224 »
Image 8 : Femme
portant une coquille. La coquille est l’emblème de Vénus.
Dans les représentations de la naissance de Vénus, on la
voit sortir d’une coquille.
Images 9 et 10 :
On a ici la tête et l’un des pieds, tous deux en marbre,
d’une statue colossale de Jupiter. Il existe d’autres têtes
colossales en marbre. Les spécialistes ne sont pas certains
que la statue ait été entièrement en marbre. Ils envisagent
qu’une partie du corps ait été en bois.
Images
13 et 14 : Vénus
tirée par un attelage d’Amours. En voici la
description par Mohamed Yacoub : « Pavement
de chambre entouré d’une tresse. Au milieu, dans un
médaillon circulaire dessiné par une tenture, Vénus
nimbée, un manteau bleu jeté négligemment sur les épaules,
se tient debout de face, sur un char tiré par quatre
Amours. Tout autour, des guirlandes de laurier
entrelacées, vertes et rouges, enferment des coquilles.
Aux angles, des corbeilles de vannerie. IVe
siècle ap. J.-C. »
L’interprétation de la scène est difficile. Les
représentations de dieux tirés par des attelages sont
fréquentes mais très variées car il y a diverses sortes de
dieux et diverses sortes d’animaux attelés. Il doit y avoir
un sens mythologique ou religieux commun à toutes ces
représentations. Elles pourraient être liées aux conceptions
religieuses sur la vie, la mort, la résurrection. Dans le
cas présent, la représentation de Vénus, des Amours, et ce,
sur le pavement d’une chambre, serait signe d’amour et de
procréation.
Images 15 et 16 :
Mosaïque du poète assis.
En voici la description par Mohamed Yacoub : « Pavement
figurant, au centre, dans un petit tableau carré, un poète
assis sur un tronc d’arbre. Il est vêtu d’une ample
draperie qui passe sur l’épaule gauche, enveloppe tout le
bas du corps et laisse nue la poitrine. Sur sa tête est
posée une couronne végétale. De la main droite, il tient
un rouleau de parchemin, et, de la gauche repliée, il
soutient sa tête penchée vers l’avant. Il paraît absorbé
par une réflexion profonde. Devant lui, sur un autel
contre lequel est appuyé sa canne, sont posés deux masques
de tragédie. Ce poète est difficile à identifier. La pose
qui lui a été prêtée, encore assez proche du type
sculptural hellénistique du poète assis, invite à y voir
un dramaturge grec, peut être Ménandre. Dans le reste du
champ, un dense réseau de rinceaux végétaux dessine un
quadrillage oblique de carrés et de fuseaux tangents
déterminant des octogones à quatre côtés concaves ; ces
octogones sont occupés dans les angles du pavement par des
couronnes de laurier décorées de fleurs et de fruits. À
l’intérieur de chaque couronne s’inscrit un fleuron. Une
bande de guillochis sert de bordure à l’ensemble du décor.
Fin du IIe siècle ap. J.-C. »
Images 17 et 18 : Mosaïque de Diane chasseresse.
En voici la description par Mohamed Yacoub : « Grande
mosaïque dont la bordure est constituée par une bande de
guillochis. À l’intérieur, une bande d’octogones adjacents
à côtés concaves, en couronnes de laurier agrémentées de
rubans et de fruits, détermine des fuseaux et des cercles
circonscrivant des carrés. Les médaillons circulaires et
octogonaux servent de cadres à des bêtes d’amphithéâtre
d’espèces variées : cervidés, antilopes, panthère blessée,
sanglier, taureau, bouquetin, autruche, mulet, bélier. Ces
bêtes sont disposées de façon à donner l’impression de
s’affronter ou de se poursuivre. Sous leurs pieds, le sol
est indiqué par une bande vert glauque. Dans la troisième
rangée à partir du bas, deux médaillons renferment, l’un,
un gladiateur vêtu d’une cuirasse et armé d’une lance et
d’un bouclier, l’autre, un homme nu, faisant une libation
aux dieux protecteurs de la chasse. Au milieu de cette
même rangée, masquant partiellement les deux médaillons
précédents, a été encastré, sans doute à une date
postérieure, un tableau carré où figure Diane chevauchant
un daim au galop. La déesse active sa monture à l’aide
d’un fouet qu’elle tient de la main droite relevée. Elle
est vêtue d’une courte tunique retenue à la taille par une
écharpe dont un bout flotte librement. Derrière le groupe,
le paysage est sobrement évoqué par un arbre dépouillé de
feuilles. Le pavement commémore, probablement, une chasse
artificielle dans un amphithéâtre (venatio)
: 2e moitié du IIIe siècle ap. J.-C.
»
Images
19, 20 et 21 : Mosaïque
des noces d’Ariane et de Dionysos. Description par
Mohamed Yacoub : « Mosaïque
dont le décor est réparti en trois registres. En haut, le
registre principal offre une représentation de Dionysos et
d’Ariane, à demi-étendus sur une peau de panthère, à
l’ombre d’une vigne. Le dieu complètement nu, est muni
d’’un thyrse et d’un cratère d’or. À ses cotés, Araine est
figurée tournant le dos au spectateur. L’ample draperie
dont elle est vêtue a glissé le long de son torse et ne
lui recouvre plus que les jambes. La composition de ce
registre, avec les deux personnages, la tête tournée l’un
vers l’autre, le buste relevé et les jambes allongées en
sens opposés de manière à occuper un triangle, semble
dériver d’un décor conçu pour un fronton de temple. Depuis
l’époque grecque archaïque, les sculpteurs ont souvent
utilisé un procédé semblable pour inscrire leurs
personnages sans être contraints à des réductions
d’échelle dans le fronton triangulaire que dessine le
temple à chacune de ses façades. [...] (NDLR :
cette dernière idée émise par Mohamed Yacoub nous fait
envisager que le décor de ce registre, et peut-être aussi du
registre suivant, ont été directement inspirés par (ou
copiés sur) un décor sculpté de fronton de temple).
Les
deux autres registres montrent les compagnons de Dionysos
célébrant la joie des "noces" du couple divin. Ainsi, dans
celui du milieu, est à demi-étendu un personnage barbu –
Silène ou Hercule ? – qui a déjà saisi le cratère que lui
tend un Satyre et s’apprête à en vider le contenu. Plus
bas, des Bacchantes, des Satyres et un dieu Pan animent la
fête, en frappant sur un tambourin et en exécutant un pas
de danse. Cette scène est presque identique à celle que
figurent certains cratères des "fouilles sous-marines de
Madhia" qui remontent à l’époque hellénistique. Première
moitié du IVe siècle ap. J. C. »
Nouvelle hypothèse suggérée par la comparaison avec le décor
des cratères de Mahdia et complémentaire à la précédente :
la scène aurait été une copie de celle sculptée sur le
fronton d’un temple hellénistique, peut-être après la
destruction de celui-ci.
Image 24 : Mosaïque de l’aurige
triomphant. Description par Mohamed Yacoub : « Fragment
d’un tableau ayant occupé le centre d’un pavement à décor
géométrique. Aurige triomphant, vêtu d’une tunique rouge
indiquant son appartenance à la factio russata (parti
des Rouges). Il est représenté sur un char (détruit) tiré
par quatre chevaux, les rênes tournées autour de la
taille. Sa tête est, selon les usages du cirque, coiffée
d’un casque métallique en demi-sphère. De la main droite,
il tient une couronne et un fouet et de la gauche, une
palme. Début du IVe siècle ap. J.-C.
»
Images
25 et 26 : Bassin
avec un décor du dieu Océan et de monstres marins.
Description par Mohamed Yacoub : « Bassin
en mosaïque. Au milieu, une représentation d’une tête
d’Océan, au front étroit et ridé. De sa chevelure émergent
des pattes de homard. Les mêches de son immense barbe se
retournent largement sur les côtés où elles se prolongent
par des rinceaux d’acanthe décrivant des volutes. Sur la
paroi verticale du bassin, monstres marins et Tritons
emportant sur leur dos de gracieuses Néréides dont le cou,
les bras et les jambes sont parés de bijoux. Au dessus,
motifs de type xenia (victuailles)
: oiseaux captifs, paniers pleins de fruits, artichauts.
Océan a souvent été considéré comme une divinité des eaux,
surtout en Afrique. C’est ce qui explique la présence des
fleurs autour du visage du dieu et des xenia
sur les parois du bassin ; IVe siècle ap. J.-C.
»
Images 27, 28 et 29
: Mosaïque des protomés
d'animaux d'amphithéâtre. Description par Mohamed
Yacoub : « Mosaïque
dont le sujet est inspiré par les jeux de l’amphithéâtre.
Médaillons circulaires et hexagonaux, délimités par des
guirlandes de laurier et occupés par des avant-trains
d’animaux sauvages. Ces derniers sont ordonnés de façon à
donner l’impression de s’affronter. IVe siècle
ap. J.-C. »
Image 30 : Mosaïque à décor marin.
Ce type de décor de mosaïque est assez fréquemment
représenté. Une scène à la fois figurative, avec des
poissons ou crustacés individuellement représentés en accord
avec la réalité, et non réaliste dans son ensemble. On peut
songer à une scène de xenia
(les victuailles sont réparties sur le sol afin d’accueillir
le visiteur). Mais dans des scènes identiques, les pêcheurs
ne sont pas des humains mais des Amours ailés. Dans ces cas,
les représentations présentent un aspect symbolique
mythologique ou religieux. Et il est possible que cet aspect
symbolique soit présent dans cette scène.
Datation envisagée pour les œuvres exposées de
Thuburbo Majus : an 250 avec un écart de 100 ans.