Évolution de l’architecture des monuments religieux  

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De façon plus complète, cette page s'intitule « Évolution de l’architecture des monuments religieux : de la basilique chrétienne à la mosquée musulmane ».


Depuis que nous avons commencé nos investigations, nous commençons à avoir une petite idée de l’évolution de l’architecture des monuments d’Europe au cours du premier millénaire de l’ère chrétienne, et plus particulièrement des églises. Nous allons dans cette page analyser cette évolution en ce qui concerne la Tunisie. Ce pays étant le plus représentatif d’Afrique du Nord en ce qui concerne les monuments de cette période, la réflexion vaudra pour toute l’Afrique du Nord.

Il faut noter que l’analyse des monuments de Tunisie datés du premier millénaire est différente de celle effectuée en Europe. En Europe, nous avons effectué nos observations principalement sur des monuments en élévation, dont la plupart encore en activité. En Tunisie, ces monuments sont soit à l’état de ruines, soit non visitables (mosquées). Par rapport à l ’étude des monuments d’Europe, celle de la Tunisie a le gros avantage de révéler le plan primitif au sol du monument étudié et parfois de dater cette première construction. Mais, à l’inverse, il ne révèle rien des parties hautes. En conséquence, il faut formuler des hypothèses.

Dans un premier temps, nous allons présenter dans les images de 4 à 9 quelques monuments d’Europe afin d’établir des comparaisons avec ceux de Tunisie.

Mais auparavant, étudions le cas des églises à nef unique.



Les églises à nef unique (images de 1 à 3)

Nous en avons identifié qu’une : la chapelle d’Asterius à Carthage (images 1 et 2). Il y aussi celle du baptistère de Jucundus à Sbeïtla, mais à l’origine, ce n’était pas une chapelle mais une salle où l’on pratiquait le baptême qui a été par la suite transformée en chapelle en installant l'autel sur les fonts baptismaux (image 3). Nous pensions en avoir identifié une autre en haut du plan de l’ensemble épiscopal de Dermesch (image 22), mais bien que de petites dimensions, cette chapelle aurait une nef à trois vaisseaux. Cette observation confirmerait notre idée qu’aux premiers temps du christianisme, il y a avait une séparation des fidèles dans des nefs à trois vaisseaux : les baptisés occupaient le vaisseau central, les catéchumènes, les collatéraux. Il y avait certainement des églises à nef unique, mais ce devaient être des oratoires strictement privés.

Une observation concernant la chapelle d’Astérius : son chœur est doté d’une abside semi-circulaire avec l’autel au centre de cette abside. Une disposition un peu différente de celle faite pour les autres églises de Tunisie ; pour celles-ci, l’autel principal est dans la nef. Mais il s’agit de nefs multiples. Cette disposition confirmerait notre idée que les églises à nef unique seraient des oratoires privés accessibles aux seuls baptisés.



Comparaison avec l’Europe : les églises à nefs multiples (images de 4 à 9)

Les images de 4 à 6 représentent, successivement : la vue intérieure de la nef, le dessin en perspective de cette nef et le plan au sol de la basilique Sainte-Madeleine de Béziers. Concernant le plan au sol, ne pas tenir compte des lignes croisées représentant les voûtes en stuc construites au XVIIIe siècle et disparues suite à une restauration durant les années 2000. Ces images permettent d’imaginer le modèle typique des basiliques chrétiennes construites entre l’an 300 et l’an 1000 : nef à trois vaisseaux charpentés, le vaisseau central étant surélevé par rapport aux vaisseaux latéraux, ce qui permet des ouvertures dans les murs gouttereaux de ce vaisseau central afin d’éclairer la nef. Le vaisseau central est porté par des piliers ce qui permet une communication entre le vaisseau central et les collatéraux.

Il faut cependant ajouter que la basilique Sainte-Madeleine ne définit qu’un modèle intermédiaire datable du VIe ou VIIe siècle, le modèle ayant évolué au cours du premier millénaire. Il faut imaginer qu’à l’origine, les piliers n’étaient pas reliés entre eux par des arcs mais par des architraves ou linteaux en bois. De plus, les piliers n’étaient pas à section rectangulaire. C’étaient des colonnes cylindriques monolithes.

Le modèle de Sainte-Madeleine a évolué par la suite avec le voûtement des vaisseaux de nef et l’apparition de piliers cruciformes, et, aux alentours de l’an mille, on assiste l’apparition du modèle roman.

Les images 7, 8 et 9 représentent des églises italiennes. Leur principale différence avec la basilique Sainte-Madeleine se trouve dans les piliers : ce sont des colonnes cylindriques monolithes. Nous ne sommes pas certains que ces églises d’Italie aient toutes précédé l’église Sainte-Madeleine de Béziers, même si nous pensons que, dans sa globalité, le modèle d’églises à piliers rectangulaires est postérieur au modèle à colonnes cylindriques monolithes. Il a pu y avoir coexistence des deux modèles pendant des siècles. Pour des raisons diverses, le modèle à colonnes a pu subsister (récupération gratuite de colonnes issues des ruines romanes, conservation des techniques de taille, reproduction volontaire de modèles anciens).



En Tunisie : les églises à nef à trois vaisseaux (images de 10 à 18)

Lors de notre voyage et des recherches qui ont suivi, nous avons rencontré des églises à nef triple. Elles sont identifiables par les restes de murs extérieurs et de bases de colonnes, voire de colonnes entières (image 10). Pour chacune de ces églises, nous avons eu la surprise de découvrir l’aménagement intérieur. Ces églises, même de petite taille, sont souvent dotées de deux absides opposites. L’abside dite côté Ouest (en fait il y a parfois des surprises dans l’orientation) est en général surélevée de quelques marches et peut contenir des tombes paléochrétiennes. Cette abside est précédée de l’autel principal qui se trouve dans la nef (images 10, 13 et 14). Un autel secondaire peut avoir été installé côté Est. Ces dispositions sont importantes car elles sont la conséquence d’une liturgie particulière : pour mémoire, rappelons-nous les conséquences sur le mobilier liturgique dues à la mise en application de certaines consignes du concile Vatican II concernant la « messe face au peuple ». Nous avons donc eu l’occasion de voir ces particularités des absides opposites et de l’autel situé dans la nef en Tunisie. En était-il de même en Europe durant la même période ?

Nous avons dit auparavant que les divers monuments étant en ruine s’il n’était pas possible de connaître leur plan en élévation. Fort heureusement, nous disposons de la mosaïque de tombe chrétienne du nom de « Ecclesia Mater » (image 15). Cette mosaïque datable du IVe ou Ve siècle représente une église à plan basilical. La nef est à trois vaisseaux (ou plus). Le vaisseau central est porté par des colonnes cylindriques monolithes. Il est surhaussé par rapport aux vaisseaux latéraux et les fenêtres supérieures rectangulaires permettant d’éclairer la nef sont nettement visibles. Le toit en pente est couvert de tuiles. Le plan en coupe verticale pourrait être comparable à celui de l'image 31 ou de l'image 32. Principale remarque que l’on peut faire : les piliers de la nef ne portent pas des arcs semi-circulaires mais des architraves ou des linteaux droits.

Nous pensons donc être en présence d’une des premières basiliques chrétiennes.


Image 16 : On retrouve la forme de basilique chrétienne dans cette vue d’artiste de la basilique de Carthagenna à Carthage. Cependant, plusieurs points nous gênent dans cette représentation. Pour le premier d’entre eux : nous venons de voir sur la mosaïque « Ecclesia Mater » que les piliers du vaisseau central ne portaient pas des arcs mais des architraves. Comment l’auteur de ce dessin de la Carthagenna a-t-il su que les piliers portaient des arcs (et non des architraves) ? Si toutefois les piliers portaient des arcs. Autre question : d’après le dessin, le vaisseau central est surhaussé par rapport au collatéral le plus proche. Lequel est surhaussé par rapport à son voisin. Que se passerait-il dans le cas d’une nef à 7 vaisseaux ? À 9 vaisseaux ? Faudrait-il y rentrer à plat ventre ?

Image 18 de la basilique de Candidus à Haïdra. Ici aussi, le dessinateur a voulu montrer que les piliers du vaisseau central portaient des arcs et non des architraves. Mais s’il y avait des arcs, ils seraient en pierre. Et on verrait dans les ruines des pierres des voussoirs taillés en forme d’angle. Or de tels voussoirs en pierre, on n’en voit pas sur les restes en ruine de l’édifice (image 17). Il en est de même pour les architraves. S’il y en avait en pierre, on verrait quelques restes de ces architraves éparpillés dans les ruines (c’est le cas en ce qui concerne certains temples romains). Et donc, très probablement, les piliers étaient reliés, non par des arcs, mais par des architraves en bois.

Les images 19, 20 et 21 constituent une sorte de contre-exemple de ce que nous venons de voir. Cette fois-ci, les piliers sont reliés par des arcs en plein-cintre, les voussoirs de ceux-ci correctement taillés sont apparents. Remarquer que les piliers sont à section rectangulaire. Ils ne sont pas monolithes mais constitués de gros blocs de forme parallélépipédique. Selon une inscription placée à proximité, la construction aurait pu être faite durant la 26e année du règne du roi vandale Thrasamund. Ce qui correspond à l’an 522 de notre ère. Cette église de El Gousset est en beaucoup de points très intéressante. À notre connaissance, ce serait une des seules basiliques de Tunisie à piliers rectangulaires (on trouve cependant des piliers rectangulaires dans certaines mosquées de Tunisie) et à arcades conservées. De plus, elle serait de construction vandale. Il faudrait voir si on retrouve le même type de construction dans le Maghreb ou en Andalousie.



Les basiliques à nefs multiples (plus de 3 vaisseaux)

Image 22 : La basilique de Dermesch visible sur ce plan est dotée d’une nef à cinq vaisseaux. On remarque que le vaisseau central est porté par des piliers formés de deux colonnes voisines. Les vaisseaux latéraux situés de part et d’autre du vaisseau central sont séparés entre eux par une colonnade à une seule colonne. On remarque que la largeur d’un vaisseau collatéral correspond à peu près à la moitié de celle du vaisseau central.

On retrouve les mêmes caractéristique à la basilique Saint-Vital de Sbeïtla (image 23) : piliers porteurs du vaisseau central plus développés que les colonnes des collatéraux ; largeur du vaisseau central double de celle d’un collatéral ; nef à cinq vaisseaux. Nous voyons dans cette description un début de séparation entre l’architecture des églises d’Europe et l’architecture des églises d’Afrique. Les églises à nef à cinq vaisseaux ou plus sont rares en Europe. On les trouverait parmi les églises les plus anciennes.

Et ce n’est pas fini ! Car on a 7 vaisseaux pour la nef de Saint-Cyprien (image 25), 7 vaisseaux, voire 9, pour celle de la Basilica Majorum (image 26), et 9 pour Damous el Karita (image 27), trois églises de Carthage.


Les images 28, 29 et 30 révèlent un système de construction à l’aide de tuyaux de brique s’encastrant les uns les autres et permettant de soutenir des voûtes. Nous ne connaissions pas ce système avant de visiter la Tunisie. Nous sommes persuadés qu’il conviendrait de l’analyser et de reproduire la méthode globale. Nous pensons que les voûtes obtenues pouvaient recouvrir un espace restreint de la largeur d’un collatéral mais pas de la largeur d’un vaisseau central. Ce type de voûtement a peut-être été utilisé pour recouvrir les collatéraux des églises à nef à cinq vaisseaux ou plus. Nous pensons en effet que le système de couverture par des toits en pente inspirés de celui de l'image 16 (déjà problématique pour cette image 16) n’était plus possible pour des nefs à 7 vaisseaux ou plus.

Nous pensons donc qu'en Afrique, le modèle original de la basilique paléochrétienne (image 31) a évolué vers un système dans lequel les collatéraux ne sont plus recouverts par un toit en pente, mais par un toit plat, peut-être légèrement bombé. Selon nous ,le vaisseau central, plus large que les autres, devait être recouvert par un toit charpenté en double pente. Les toits latéraux étant supprimés, le vaisseau central pouvait être légèrement abaissé. Le climat particulier de cette partie de l’Afrique permettait la construction de toits en terrasses, comme c’est le cas actuellement (image 32). Mais alors qu’en Europe le système de couverture ne permettait pas la construction de nef à plus de 3 vaisseaux, on s’est aperçu en Afrique qu’on pouvait multiplier le nombre de vaisseaux (image 33).



Des basiliques chrétiennes aux mosquées (images 34 à 39)

Le plan de la mosquée de Kairouan (image 34) s’apparente à celui des grandes basiliques de Carthage (images 25, 26 et 27). Cela ne paraît pas évident au premier examen. Mais il faut faire abstraction de toute la partie située à gauche sur le plan de l'image 34, soit la grande cour et la galerie qui l’entoure. Il ne reste à droite qu’une grande nef (ou salle de prière) à 17 vaisseaux. Le vaisseau central a la particularité d’être deux fois plus large que les vaisseaux latéraux. De plus, ce vaisseau central est porté par des piliers à deux colonnes monolithes (image 37) alors que les vaisseaux latéraux sont portés par des piliers à une seule colonne (image 38). Remarquons par ailleurs sur l'image 36 que le vaisseau central est de peu surélevé par rapport aux vaisseaux latéraux. Le même type d’observations peut être fait sur les images suivantes de 39 à 42 ou sur les pages de notre site décrivant les grandes mosquées de Tunisie. Revenons à présent aux images 25, 26 et 27 et cette fois-ci faisons abstraction de toutes les absides semi-circulaires en ne gardant que les nefs. On repère facilement à l’intérieur de chacune de ces nefs un vaisseau central plus large que chacun des vaisseaux latéraux qui sont, eux, de même largeur. Ces vaisseaux latéraux sont portés par des piliers à une colonne alors que le vaisseau central est porté par des piliers plus massifs souvent à deux colonnes. La ressemblance entre les formes architecturales des nefs d’églises et de mosquées est pour le moins surprenante. Les différences sont quant à elles explicables par les croyances religieuses : les chrétiens croient en la présence divine à l’intérieur même de chaque église principalement dans les absides. Pour les musulmans, Allah n’est pas présent dans la mosquée mais à la Mecque. Il y a certes une petite abside dans chaque mosquée (le mihrab) mais elle ne fait qu’indiquer la direction de la Mecque vers où se tourne le croyant. Et le musulman n’a pas besoin de construire d’autres absides. Par contre, il faut une grande cour pour les ablutions et la rencontre entre croyants.

Nous pensons que la forme architecturale des grandes nefs chrétiennes a inspiré les bâtisseurs musulmans. Il est même possible qu’aux débuts de l’expansion musulmane, il y ait eu transformation d’églises chrétiennes en mosquées. Cette transformation ne s’est pas faite obligatoirement dans la violence : les chrétiens étant souvent divisés (comme l‘ont été les musulmans), il a pu y avoir adhésion de communautés entières à la foi musulmane.



L’orientation des grandes mosquées (images 36, 40, 41, 42, 43, 44, 45)

Au cours de notre recherche sur les églises d’Europe, nous avons été confrontés aux problèmes liés à leur orientation. Il arrive parfois que des chercheurs locaux fassent des découvertes exceptionnelles sur l’église qu’ils étudient : par exemple, à tel jour de l’année, qui correspond à la fête de tel saint, le soleil illumine tel chapiteau ... et ce phénomène ne se reproduit pas un autre jour de l’année. Les chercheurs déduisent de cette observation que l’architecture de l’église a été faite en vue de la réalisation de ce phénomène. Ces histoires ainsi que le désir de savoir comment l’orientation d’une église a été fixée dans le plan initial nous ont amenés à examiner la question de l’orientation. Trouver l’orientation d’un bâtiment est devenu facile grâce aux images par satellite qui situent le Nord en haut de l’image. Nous avons donc testé la méthode sur les églises d’Europe. Mais nous avons très vite déchanté. Si, dans leur globalité, les églises d’Europe sont orientées dans la direction Ouest-Est, cette direction est très approximative à 45° environ en plus ou en moins par rapport à cette direction Ouest-Est soit, une plage correspondant au quart de la circonférence. Au vu de ces grandes approximations, nous avons provisoirement abandonné les recherches utilisant des images par satellite.

Nous avons repris la prospection par images-satellite en procédant à l’étude de la Tunisie. La lecture de ces images nous permettait de reconstituer le plan des vestiges en ruine et des mosquées. Nous avons été surpris de découvrir que les orientations des mosquées des images 36, 40, 41, 42, 43 et 44 étaient sensiblement les mêmes. En voici le détail (l’écart angulaire est calculé en degrés par rapport à la direction Nord-Sud, l’écart étant positif côté Est) :

Pour Kairouan (image 36) : 30°

Pour Mahdia : (image 40) : 35°

Pour Sfax : (image 41) : 33°

Pour Sousse (image 42) : 24°

Pour Tunis (image 43) : 37°

Pour Hammamet (image 44) : 40°

Pour Testour (image 45) : 60°

En ce qui concerne les six premières mosquées, la moyenne est d’environ 33°. Les six écarts angulaires sont compris entre 24 ° et 40°, soit un intervalle de largeur 16° (moins de 5 % de la circonférence totale). Il nous semble que cette orientation voisine de 33° a été privilégiée par les constructeurs de grandes mosquées. Mais à quoi correspond-t-elle ? Auparavant, nous avions appris que la prière musulmane était effectuée en direction de la Mecque, cette direction étant fixée par la position du mihrab dans la salle de prière de la mosquée. Le calcul de la direction de la Mecque à partir de la mosquée de Kairouan nous a donné le résultat suivant : 61° par rapport à la direction Nord-Sud. Il s’agit là d’une valeur qui se détache nettement de l’intervalle [16, 40]. Une valeur cependant proche de celle de la mosquée de Testour, moins représentative que les 6 autres grandes mosquées de Tunisie.

Pour quelles raisons des 6 grandes mosquées de Tunisie sont-elles orientées à environ 33° par rapport à la direction Nord-Sud alors qu’elle devraient l’être à 61° ? Nous avons pensé que cette erreur était d’abord due à une imprécision des mesures et à la pratique consistant à indiquer, non la direction exacte (par une ligne droite) d’une ville, mais le chemin pour y accéder (par un tracé sinueux). À cela il fait ajouter que très probablement,, la direction privilégiée n’était pas la direction Nord-Sud mais celle de la perpendiculaire au plan de l’écliptique (plan du zodiaque). Cette perpendiculaire qui correspond à l’axe de rotation de la terre fait un angle de 23° avec l’axe Nord-Sud. Cela reste cependant à étudier de plus près.

En effet, l’axe de rotation de la terre tourne autour de l’axe Nord-Sud en faisant un angle de 23° durant une année complète. En conséquence, pour un observateur situé dans l’hémisphère Nord, cet angle passe de 23° durant le solstice d’été à -23° durant le solstice d’hiver. Mais pour cet observateur terrestre, ce n’est pas l’axe de rotation qui varie de 23° à -23° mais la direction Nord-Sud et, en conséquence la direction Est-Ouest. Cette direction (qui change au cours de l’année), il peut l’observer par la position du soleil au lever et au coucher du soleil.

Il nous faut admettre que jusqu’à une date récente, les habitants des contrées désertiques comme l’Arabie ou le Sahara ne connaissaient pas la boussole, les cartes IGN, et, à plus forte raison, le GPS. Mais ils savaient s’orienter dans le désert. Ils disposaient d’un matériel élémentaire : un bâton planté en terre, voire, eux-mêmes, pour mesurer l’ombre portée. Et, à l’inverse, ils disposaient d’une bonne mémoire concernant le terrain, et de solides connaissances en matière d’astronomie, moins grandes que celles de nos astronomes, mais plus fortes que les miennes et probablement plus aussi que les vôtres, ami lecteur.