Infrastructures et monuments publics de Timgad
La page du site Internet Wikipédia
décrivant ce site archéologique constitue un document
exceptionnel, tant par l’abondance des informations que le
caractère à la fois objectif et critique des explications
apportées. Ces informations ne concernent pas seulement la
cité de Timgad, son histoire et ses monuments, mais sa
région, la Numidie, et les relations qu’ont pu avoir ses
habitants avec d’autres peuples tels que les Maures, les
Romains, les Vandales, les Byzantins, ou, sur le plan
religieux, les donatistes et les catholiques orthodoxes. Sur
beaucoup de points, l’analyse du commentateur rejoint la
nôtre.
Nous conseillons donc vivement la lecture de cette page de
Wikipédia. Nous n'en reproduirons dans cette page et les
pages suivantes que quelques extraits :
« Histoire
Origines. [...] On
ne peut cependant savoir si un habitat préexistait à la
colonie romaine ou s'il ne s'agissait que d'un nom de
lieu.
Fondation. C'est en
100 que Trajan fit procéder à la fondation de la cité par
la Troisième légion Auguste et son légat Lucius Minatius
Gallus. Les habitants de Timgad avaient donc tous la
citoyenneté romaine et furent inscrits dans la tribu
Papiria. La colonie prit le nom de colonia Marciana
Traiana Thamugadi
: Marciana rappelle le nom de la sœur de Trajan et
Thamugadi, nom indéclinable et non latin, est
vraisemblablement le nom indigène du lieu. On ne sait pas
cependant s'il y avait déjà une agglomération africaine
sur place : la fondation romaine se déploya cependant
comme si elle se trouvait en terrain vierge. Le plan
initial de Timgad, quadrangulaire et géométrique, atteste
que cette fondation suit les principes des
gromatici,
les arpenteurs romains.
[...] Rien
n'indique que Timgad ait pu servir de camp provisoire à la
troisième légion Auguste. La fondation de Timgad prend
cependant pleinement son sens lorsqu'on la replace dans
l'histoire des déplacements de la légion africaine. La
déduction de la colonie se trouve en effet entre la
première installation d'une cohorte légionnaire à Lambèse
en 81 et l'installation définitive de toute la légion vers
115-120.
[...]
Rôle territorial.
On a souvent vu dans la fondation de Timgad un objectif
d'abord purement militaire. L'installation de la colonie
de Timgad a longtemps été conçue en fonction d'une image
erronée du massif de l’Aurès à l'époque romaine. On pensa
en effet, souvent, jusque dans les années 1960-1970, que
le massif n'avait pas été pénétré par Rome, et qu'en
conséquence, il avait constitué un foyer de rébellion et
une menace, à l'instar d'autres périodes de l'histoire, et
l'on interprétait le dispositif militaire romain comme
l'encerclement du massif. Les prospections archéologiques
et l'analyse des photographies aériennes menées par Pierre
Morizot ont apporté un démenti à cette image : l'Aurès
était cultivé, occupé par un habitat dispersé et la
présence militaire y était faible et très ponctuelle.
L'archéologie révèle donc une montagne tranquille, sans
troubles sérieux, à la vocation essentiellement rurale, à
la richesse modeste, mais ouverte à la romanisation et
plus tard à la christianisation. [...]
La
population est estimée par C. Courtois à 15 000 au début
du IIIe siècle, après l'édification de toutes
les structures importantes de la ville. [...] »
Commentaires sur cette
première partie du texte de Wikipédia
Nous retrouvons en grande partie certaines des idées que
nous avons pu exprimer lors d’études historiques sur
d’autres questions que celles concernant la cité de Timgad.
Il faut d’abord comprendre que n’étant pas historiens de
formation, nous avons commencé à remettre en question des
idées reçues. Petit à petit, nous avons réalisé que des
historiens de formation pouvaient avoir aussi des idées
reçues. Dans le cas présent, on est bien en présence d’une
idée reçue : à savoir que, lorsqu’une armée s’implante en
piémont d’une montagne, c’est pour contrôler les populations
qui occupent cette montagne. Cette idée n’est pas forcément
fausse, bien au contraire. En règle générale, lorsqu’un
peuple domine un autre peuple, il a tendance à s’emparer des
terres les plus riches qui se trouvent en général dans les
plaines alluviales et à repousser l’autre peuple dans les
zones montagneuses ou les déserts, plus arides. C’est ce que
l’on constate dans toutes les colonisations., même si des
expressions pompeuses tels que « la Conquête de l’Ouest »,
ou « l’enrichissement de la Mitidja » s’efforcent d’atténuer
le caractère répréhensible de l’opération. Dans le cas
présent, il était donc normal de penser que les armées
romaines avaient pu repousser les populations autochtones
dans les montagnes. Il existe cependant une possibilité :
que la colonisation de cette région ait été faite par un
peuple ayant précédé les romains. Les romains arrivent,
chassent ce peuple avec peut-être l’aide des populations
montagnardes, et s’installent à Timgad en favorisant le
commerce avec la population autochtone.
Images
4, 5 et 6 : Les rues de Timgad.
Images 7, 8 et 9 :
Les portes de Timgad.
L’arc de Trajan (images 6 et 7) :
Cet arc dit de Trajan est ainsi décrit dans la page de
Wikipédia : « La
large avenue qui passe devant le capitole aboutit au nord
à l’arc de triomphe érigé à l'entrée Ouest du
decumanus maximus.
Peu avant la fin du IIe siècle, la porte
utilitaire fut remplacée par un arc de triomphe appelé
abusivement “arc de Trajan” qui, avec un minimum de
restauration, nous est parvenu presque intact.
La
large baie centrale de six mètres de haut permettait le
passage des véhicules qui ont laissé de profondes ornières
sur les dalles de la voie. Aux piétons étaient réservées
les deux baies latérales, de trois mètres soixante-quinze
de haut. Au-dessus de ces dernières, sur les deux faces
maîtresses, sont creusées des niches rectangulaires ornées
de colonnettes destinées à recevoir des statues, dominées
par des voûtes en arceau assises sur des colonnes
corinthiennes détachées. Quatre colonnes sont montées sur
piédestal pour chaque face principale. L'ensemble était
couronné au faîte de l'édifice d'un groupe comprenant sans
doute un char.
D'autres
reliefs furent ajoutés par la suite à la base de la face
est : les statues de Mars et de la déesse de la Concorde,
érigées sous le règne de Septime Sévère (193-211) par un
certain L. Licinius Optatianus, en reconnaissance de son
élection au flaminat
perpétuel de la colonie. »
Le
forum (images de 10 à 14)
:
Description du forum
dans la page de Wikipédia : «
Le forum et
le théâtre de Timgad sont situés au cœur du quadrilatère
de la ville originale, où ils occupent plusieurs des îlots
définis par la trame des rues orthogonales. La
construction du forum fut
financée par la cité. Sa construction commença sans doute
peu de temps après la fondation de la ville. Le
forum,
de plan rectangulaire et bordé par quatre portiques
délimitait un espace fermé, ordonné, accueillant de
nombreuses activités, il formait le cœur politique et
social de la cité. Il abritait la curie où se rassemblait
l’ordre décurional ainsi qu'une basilique civile et un
seul temple. Ce dernier, de taille assez modeste, est
proche d'un des angles du forum et
semble avoir été dédié à la Victoire. C'est un édifice
tétrastyle, c'est-à-dire que la façade compte quatre
colonnes, élevées sur un podium.
Édifiée en 116-117, la curie est en forme rectangulaire
avec trois baies, le fond est occupé par une estrade
comprenant des sièges mobiles, sa salle était précédée
d'un portique, revêtue de marbre et ornée de quatre
statues dont une dédiée à la Concorde de l'ordo et une
dédiée à la Victoire. Élevée un peu plus tard, la
basilique lui faisait face, occupant la façade orientale
du forum.
Une abside au nord donnait une axialité à cette vaste
salle qui accueillait les activités judiciaires, une
tribune occupait l'un des petits côtés et permettait aux
juges de siéger. »
Le capitole (images de 16 à 18) :
Toujours d’après la page de Wikipédia : « Le
capitole, qui abritait la triade religieuse essentielle de
la religion romaine traditionnelle, était en théorie un
des éléments essentiels de toute fondation urbaine. Au Iersiècle
av. J.-C., les écrits de Vitruve sur l’urbanisme, ...
conseillent de placer les sanctuaires de Jupiter, Junon et
Minerve au lieu le plus élevé, d’où l’on peut découvrir le
plus de murailles. Mais si des villes africaines comme
Cuicul et Thugga présentent un capitole en position
centrale (au moins initialement pour Cuicul), celui de
Timgad est dans une position plus surprenante. Il est en
effet éloigné du forum et
même de l’alignement du plan orthonormé initial et ne se
trouve même pas sur un sommet de colline. En fait, c’est
surtout sa taille, sa monumentalité exceptionnelle qui le
distinguait et le rendait visible à tous. Cet emplacement
étrange avait cependant le mérite de le mettre
particulièrement en valeur pour qui venait de Lambèse.
Construit au IIe siécle , il fut restauré au IVe
siècle. [...] »
Le
marché de Sertius (images
de 19 à 25) :
Description de ce marché dans la page de Wikipédia : « Plotius
Faustus Sertius était un riche personnage de rang
équestre. Plotius et sa femme financèrent à l’époque des
Sévères la construction d’un marché situé à l’ouest de la
ville originelle, non loin de sa maison. La ville
possédait sans doute déjà un marché, appelé aujourd'hui
marché de l’Est ; il se trouvait près du forum et
s’étendait sur deux cours semi-circulaires. Sans doute
s’était-il avéré insuffisant avec la croissance de la
ville. Le marché payé par Sertius fait face au temple du
Génie de la colonie, c’est une place oblongue, bordée de
portiques, disposant des aménagements nécessaires pour
accueillir les étals des marchands, et se terminant par
une abside. Le marché possédait une ouverture qui donnait
sur des thermes. Ceux-ci sont souvent considérés comme une
annexe du marché, mais leur construction n’est pas
nécessairement liée à la même opération immobilière et
leur rapport avec les constructions voisines n'est pas
claire. Par la suite, un autre petit marché, sans doute
destiné au commerce de vêtement, fut construit dans le
quartier. Construire un marché était un acte d’évergétisme
important, mais ce don fait à la cité était sans doute
aussi un “cadeau intéressé”. Contemporain de la
construction de sa maison, il en constitue sans doute la
contrepartie : l’acte d’évergétisme répondant à
l’appropriation privée d’une partie importante du sol
public. Derrière le don de Sertius, se cache une
fructueuse opération immobilière tandis que son marché
proclamait sa générosité et sa libéralité envers sa cité.
[...] »
Les
consoles sculptées du marché de Sertius (images
de 26 à 30) :
Nous avons voulu montrer la richesse d’ornementation de ces
consoles sculptées. Non seulement la richesse, mais aussi la
variété. On y voit des feuilles d’acanthe s’enroulant et
épanouissant sous la forme de grappes de fruit (image
26), des pampres de vigne soutenus par un angelot
émergeant d’un grand vase bombé (image
27), des rameaux de lierre entourant un bâton (image 28), d’autres
bouquets de feuilles d’acanthe (images
29 et 30).
Datation
envisagée pour les infrastructures et monuments
publics de Timgad : an 200 avec un écart de 100 ans.