Le site archéologique de Tigzirt 

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La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site archéologique nous apprend ceci (extraits) :

« Histoire

Origines phénico-puniques et réseau maritime.
La ville a été établie en tant que colonie sur la route commerciale maritime entre la Phénicie et le détroit de Gibraltar. Elle faisait partie de l’empire carthaginois et servait de port à la forteresse de Rusippisir (aujourd’hui Taksebt) à 3 km à l’est. Elle faisait donc partie de ces comptoirs dont Lancel dit qu’elles “s’échelonnent assez régulièrement tous les 30 ou 40 kms” le long du littoral algérien. Elle constituait l’un des points de relais essentiels pour le cabotage le long de la façade maritime nord du Maghreb antique.


Période romaine. Elle est tombée sous l’hégémonie romaine à la suite des guerres puniques. Sous la domination romaine, Iomnium avait le statut de “Civitas” dans la province de Numidie. Les fouilles ont révélé un port romain de taille moyenne. Il y avait un forum, un temple, un palais de justice et un bureau de magistrats. Ses rues étaient tracées. Un bain public et une mosaïque ornementale ont été trouvées, avec des inscriptions et des statues.

Antiquité tardive : christianisation. En 411, la ville est érigée en siège épiscopal.


Ruines et archéologie.

La grande basilique : La grande basilique d’Iomnium, également désignée comme la cathédrale, car il semble probable qu’une église de cette ampleur ait abrité le siège de l’évêque lui-même, se dresse entre le rempart byzantin et le rempart romain, mais beaucoup plus proche de ce dernier, dont elle n’est séparée que de quelques mètres. Deux autres églises connues dans la ville étaient situées de la même manière. [...] Les colonnades doubles séparaient la nef des bas-côtés, à droite comme à gauche. Les basiliques chrétiennes se caractérisent par quatre types de colonnades : celles à colonnes simples, les plus courantes ; celles à piliers carrés ; celles combinant colonnes et piliers ; et enfin, celles à doubles colonnes, dont les exemples connus en Afrique sont encore peu nombreux. La basilique d’Iomnium appartenait à cette dernière catégorie ; cependant, il convient de noter que dans les deux files les plus proches des bas-côtés, des piliers prenaient parfois la place des colonnes. [...] À l’intérieur, les vestiges témoignent de la disposition architecturale de l’église. À gauche, la colonnade est largement détruite, ne laissant que des traces floues. À droite, bien que partiellement préservée, elle gît au sol. Les colonnes, d’une hauteur de 2,95 m à 3,05 m, reposaient sur un dé de terre, sans base propre. Des colonnes doubles séparent la nef de l’abside, tandis que deux colonnes isolées marquent l’accès à celle-ci. L'abside surélevée accueillait un autel et des colonnes supportant probablement un ciborium. Des détails tels que des rainures verticales indiquent l’emplacement de barrières mobiles. Des bases de colonnes portent des sculptures élaborées, tandis que des motifs chrétiens ornent les piédroits des portes. Les sacristies adjointes disposent de portes internes et externes, offrant une voie distincte pour le clergé. Des fragments de mosaïque révèlent les niveaux de sol et les escaliers disparus. [...]

Autres basiliques

1– La description de l’édifice basilical désormais disparu, qui se trouvait dans la partie sud de la ville et contre le rempart romain, révèle des fondations enfouies sous la route. Un rapide croquis a été réalisé. Il s’agissait d’un rectangle mesurant 25 mètres sur 13 mètres, divisé en trois nefs par deux rangées de piliers carrés, au nombre de sept ou huit à chaque file. À l’extrémité, se trouvait une abside profonde de 4,50 m sur 7 m.

2– La basilique à crypte, située à cinquante mètres au sud de la grande basilique, présentait une caractéristique remarquable avec ses deux étages, dont un sous-sol. L’étage inférieur, exploré il y a cinq ans, comportait trois voûtes en berceau un peu surbaissé, de 3,30 m sur 7,20 m de vide, reliées entre elles par des arcs. Le sous-sol avait été transformé en fondrière après avoir été inondé, tandis que l’étage supérieur, remblayé sur environ un mètre, ne révélait aucun plan visible mais conservait une forme basilicale.

3– La basilique de la nécropole, située sur une colline en face de la grande basilique, au-delà du petit ravin (Targa-Roumizga), a d’abord été mal identifiée comme étant un cirque ou un temple. Bien que quelques demi-colonnes (cippes) païennes aient été découvertes dans cette nécropole, les tombes chrétiennes étaient probablement bien plus nombreuses. Malheureusement, les ruines de cette basilique ont été utilisées comme source de matériaux de construction pour le village environnant, ce qui a limité les découvertes archéologiques. Cependant, les sondages et les déblais ont permis de révéler le plan de l’édifice, qui présente un intérêt certain, ainsi que sa fonction funéraire. L’église, orientée vers l’ouest, se présente sous la forme d’un rectangle de 14,50 m sur 11,50 m, avec trois nefs et une abside à l’est. Les murs, construits en moellons avec des chaînes de pierres de taille à intervalles réguliers, ne sont pas de grande qualité. Deux rangées de piliers, formant chacune cinq travées, séparent les nefs. Des tympans d’arcades, dont certains sont incrustés dans la maison de l’Administration, ont été découverts, présentant divers motifs tels qu’une rosace à six feuilles et une étoile formée de deux carrés entrelacés.
[...] »


Commentaires divers

– Le texte que nous avons reproduit ci-dessus n‘est qu’une toute partie du texte de Wikipédia dont nous conseillons la lecture. Assurément, ce texte s’est inspiré de documents exceptionnels tels que des rapports de fouille. Il a même peut être été écrit par des personnes qui ont directement procédé à certaines de ces fouilles.

– Nous n’avons pas voulu recopier l’intégralité du texte. Et en particulier des chapitres entiers intitulés par les paragraphes : Bâtiments divers, Fortifications, Îles, Nécropoles, Épigraphie, Huiles et pressoirs antiques.

– En créant notre site Internet, notre principal objectif était de vérifier l’existence d’une continuité de construction entre la basilique romaine dite du IVe siècle et la basilique romane dite du XIIe siècle. Cette continuité de construction, nous l’avions pressentie en Europe à partir du VIIe ou VIIIe siècle. Nous sommes en train de la découvrir dans le Maghreb entre le IVe et le VIIe siècle. Il nous faut donc obtenir le maximum de renseignements sur les basiliques chrétiennes. Cela justifie que nous ayons reproduit le texte sur les autres basiliques de Tigzirt, aujourd’hui disparues. Nous constatons que toutes ces basiliques ont des plans à peu près semblables.

– Concernant l’histoire d’Iomnium, il nous est dit ceci : «La ville a été établie en tant que colonie sur la route commerciale maritime entre la Phénicie et le détroit de Gibraltar. [...] Elle faisait donc partie de ces comptoirs dont Lancel dit qu’elles “s’échelonnent assez régulièrement tous les 30 ou 40 kms” le long du littoral algérien. ».
Cette analyse conforme la nôtre. Selon nous, en effet, les phéniciens avaient conçu sur la côte africaine de la Méditerranée une chaîne de ports échelonnés à 30 ou 40 kms, analogue à ceux qu’ils avaient créés sur les côtes du Proche-Orient. Le but ultime était d’aborder le détroit de Gibraltar pour pouvoir commercer avec les côtes atlantiques d’Europe et d’Afrique. Les guerres puniques seraient issues de la volonté romaine de s’emparer de ce commerce.

– Il semblerait que le texte de Wikipédia n’ait pas décrit le temple dédié au Génie protecteur de la ville (images 1, 2, 3 et 4). Nous n’avons pas d’information sur celui-ci.


Images 10 et 11 : Le baptistère et la piscine baptismale.

On a tendance à confondre les mots : baptistère, piscine baptismale, cuve baptismale, fonts baptismaux. Nous pensons qu’il faudrait préciser la définition de chacun car une piscine baptismale, en général creusée dans le sol, ne doit pas être confondue avec une cuve baptismale creusée dans la pierre ou fondue dans le bronze. Il en est de même pour le baptistère et la piscine baptismale. Le baptistère est une construction programmée pour accueillir les cérémonies du baptême. Il contient obligatoirement le mobilier liturgique prévu pour le baptême : la piscine baptismale ou la cuve baptismale. Il faut comprendre qu’aux premiers temps du christianisme, il n’y avait pas de baptistère. La cérémonie du baptême pouvait avoir lieu n’importe où, dans une rivière, dans des thermes privés ou dans une pièce annexe de l’église. Ce n’est que bien plus tard que l’on voit apparaître des constructions destinées à la cérémonie du baptême. Ces baptistères sont des constructions à plan centré. Celui-ci a un plan en croix grecque, les branches de la croix étant formées d’absides semi circulaires (image 6). Ce plan est exceptionnel. Il faudrait le comparer à d’autres plans de baptistères afin d’en connaître l’origine (donatiste ? orthodoxe ? vandale ?).


Image 12 : Chapiteau surmonté d’un bas-relief. Le chapiteau est « à crochets ». Il est surmonté d’un oiseau très stylisé dont il manque la tête. Un arc au-dessus de l’oiseau représente le Ciel. L’oiseau est vu ici comme un messager de Dieu (ou des dieux).

Image 13 : Chapiteau surmonté d’un bas-relief. Le chapiteau est « à crochets ». Il est surmonté d’une scène représentant un homme aux bras levés en attitude d’orant entouré de deux fauves. C’est probablement l’épisode biblique de Daniel et des lions.

Image 14 : Chapiteau surmonté d’un bas-relief. Le chapiteau est d’ordre ionique. Il est surmonté d’un décor marin (un dauphin et un poisson). Le dauphin est présent dans les décors associés à Neptune ou au dieu Océan. On le retrouve parfois dans des décors chrétiens.

Image 15 : Chapiteau surmonté d’un bas-relief portant un décor en forme d’étoile à 6 branches.

Image 16 : Chapiteau surmonté d’un bas-relief. Le chapiteau est d’ordre ionique. Il est surmonté d’une pierre à décor en forme de temple à fronton triangulaire. Ce dernier contient un oiseau. Il est possible que ce décor soit en rapport avec des stèles votives païennes représentant des temples. Mais pour ces dernières, le fronton contient des représentations de dieux et non un oiseau qui pourrait représenter le Saint-Esprit.

Image 17 : Chapiteau surmonté d’un bas-relief. Le chapiteau est d’ordre ionique. Le décor de la pierre qui le surmonte représente deux cerfs s’abreuvant à un grand vase. Il s ‘agit là d’une reprise de la scène classique que nous avons appelée : « les oiseaux au canthare ».

Image 18 : Pierre décorée d’un chrisme.


Datation envisagée pour les basiliques chrétiennes de Tigzirt : an 375 avec un écart de 75 ans.