Les monuments de plaisir à Timgad
Les textes en
italique ont été extraits de la page de Wikipédia
décrivant Timgad.
Remarque
préalable : Nous n‘avons que peu de commentaires à
faire concernant les descriptions de ces monuments de
plaisir. Nous exprimons seulement notre étonnement face à
l’absence d’un amphithéâtre et (ou) d’un cirque
(l’amphithéâtre était principalement utilisé pour les
combats d’hommes ou d’animaux ; le cirque, pour les courses
de char). Il semblerait que la colonie de Timgad, de
création romaine, était plus attentive aux jeux de l’esprit
(théâtre, bibliothèque), qu’aux jeux de lutte et de sport.
Le théâtre (images
de 1 à 6)
«
Le théâtre est le principal édifice de spectacle à Timgad
où l'on n'a pas retrouvé trace d'un amphithéâtre, mais il
a pu en exister un en bois à titre temporaire. Situé au
sud du forum ,
au flanc d'une colline, le théâtre, avec une cavea
de 63 mètres de diamètre, pouvait accueillir environ 3 500
personnes. La base d'une statue de Mercure, élevée pour le
salut des empereurs Septime Sévère et Caracalla, y
célébrait les jeux scéniques donnés par Lucius Germeus
Silvanus, pour l'honneur de ses fonctions d'augure : à
Timgad comme ailleurs, la vie municipale n'était pas
séparable des fêtes et spectacles, avec plus ou moins de
fastes en fonction de l’évergétisme des notables.
[...] »
La
bibliothèque (images
de 7 à 12)
« Les
fouilles de Timgad ont révélé un bâtiment relativement
inhabituel qui n’a été identifié comme une bibliothèque
publique qu’en 1906 grâce à la découverte d’une
inscription latine. Le texte de l’inscription précise
qu'au IIIe siècle sans doute – mais Paul
Corbier considère que la datation est inconnue –, le
sénateur Marcus Iulius Quintianus Flavius Rogatianus avait
légué par testament 400 000 sesterces à la cité pour la
construction d’une bibliothèque. La cité fit construire la
bibliothèque et honora le généreux donateur d’une statue
honorifique.
La
bibliothèque était organisée autour d'un portique à trois
côtés ouvrant largement sur la rue. Face à la rue, au fond
du portique, une grande salle semi-circulaire en abside
était aménagée avec des niches destinées à accueillir les
ouvrages. De part et d'autre, six salles annexes donnaient
sur le portique. On a tenté d’estimer le nombre de volumes
qu’elle pouvait accueillir : ainsi on a pu estimer que sa
salle principale pouvait accueillir seize armaria
(armoire de bibliothèque) et donc peut-être 6 800 volumes
; avec les six pièces secondaires, le total des ouvrages
est estimé entre 16 000 et 28 000. Ces chiffres sont
toutefois très contestables, car la bibliothèque pouvait
aussi accueillir des archives et les calculs sur lesquels
ils reposent sont très spéculatifs. Elle est située au
cœur de la ville, signe de l’importance qu’elle avait dans
la culture urbaine. »
Remarque :
Nous avons déjà eu l’occasion de parler de cela. Il existe
une légende selon laquelle les romains ne connaissaient pas
le papier. Cette légende n’existe peut-être plus chez les
historiens, mais elle reste encore très vivace chez le
commun des mortels qui croit profondément que le papier
aurait été inventé par les chinois. Ici, on nous dit qu’il y
aurait eu entre 16 000 et 28 000 volumes. Sur quels supports
ont été écrits ces volumes ? Des plaques de marbre ? Dans ce
cas, il devrait rester quelque chose des 16 000 plaques de
marbre. Le papier nous semble le support le plus adéquat. Il
n’est pas surprenant qu’il ne reste plus rien de ces
milliers de volumes.
Les
thermes
«
Les thermes romains étaient un des lieux essentiels de la
vie quotidienne dans l'Empire romain, un symbole et un
facteur de romanisation. Pour les habitants d'une cité,
les thermes sont vus comme quelque chose d'indispensable,
une des commodités nécessaires que la ville doit procurer
à ses habitants, un signe et un instrument de civilisation
et de bien-être. À Timgad, sur une dalle du forum,
une inscription célèbre résume bien cette conception de la
vie urbaine : “Venari, lavari, ludere, ridere,
occ est vivere” (chasser,
aller au bain, jouer, rire, ça, c’est vivre). Les thermes
sont donc un lieu de sociabilité fondamental qui construit
l'identité civique et municipale en même temps qu'ils
rendent manifeste les principes de la cité antique : nus
et partageant le même bain, les citoyens se côtoient de
manière indifférenciée : les bains sont souvent peu chers,
et occasionnellement gratuits. Leur décoration et leur
entretien sont aussi l'occasion d'acte d'évergétisme.
Toutefois à partir du IIe siècle, on assiste au
développement de bains privés, construits dans les plus
riches demeures, développement qui s'accroît durant
l'Antiquité tardive. On
peut voir dans cette évolution à la fois le souci d'une
plus grande intimité et la recherche d'une distance
sociale : le notable se distingue désormais du commun et
peu recevoir ses intimes dans le cadre choisi de ses bains
personnels. Par le vaste dégagement dont elle a fait
l'objet, Timgad offre une image quasiment unique de la
place des bains dans la cité, même si tous les bains
dégagés n'ont pas nécessairement été en service de manière
simultanée et si leurs fouilles ont été souvent – au
regard des critères actuels – trop rapidement conduites :
les stratigraphies manquent, les plans ne sont pas
toujours sûrs. Il n'en reste pas moins que l'importance et
la diversité de l'équipement balnéaire ressortent et que,
de ce point de vue, Timgad peut rivaliser avec une ville
comme Ostie. Les bains de Timgad offrent donc une image
remarquable de la prospérité de l'Afrique romaine et de
son insertion dans la communauté culturelle que formait la
Méditerranée antique. Les thermes de Timgad ont fourni un
nombre important de mosaïques : 85 sur les 235 de
l'inventaire fait par Suzanne Germain Warot en 1969. Sur
les quatorze thermes recensés dans son étude, douze
avaient conservé au moins en partie leur pavement. Le
décor y est essentiellement géométrique agrémenté parfois
de tableaux comme la représentation de Neptune pour les
grands thermes Est ou la représentation de Jupiter pour
les thermes des Philadelphes. Les salles annexes de ces
thermes pouvaient aussi avoir des décors non négligeables.
»
Les thermes du Sud
(images de 13 à 18)
Les
thermes du Nord (images
de 19 à 24)
Thermes
des Filadelfes (images
de 25 à 30)
Remarque :
Nous avons utilisé la graphie « filadelfes » pour désigner
ces thermes. C’est en effet, semble-t-il, la graphie
utilisée le plus couramment sur ce site archéologique. La
graphie, « philadelphes » nous semble cependant plus
appropriée. Le mot « philadelphes » pourrait ainsi désigner
des habitants de la ville de Philadelphie, ville antique du
Fayoum, en Égypte.
Datation
envisagée pour les monuments de plaisir à Timgad :
an 200 avec un écart de 100 ans.