Le musée archéologique de Timgad 

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Les images de cette page ont été extraites de diverses galeries d’Internet. Les textes en italique ont été extraits de la page de Wikipédia décrivant Timgad :


Le musée archéologique de Timgad

« Situé à l'entrée du site archéologique, le musée conserve et présente de nombreuses sculptures, mosaïques, inscriptions ainsi que des petits objets (poteries, lampes, verrerie, ustensiles en bronze, monnaies, fibules) trouvés dans la fouille du site ou de ses environs. On y accède par une vaste cour, agrémentée de colonnes et de statues.

On peut admirer des sculptures de divinités gréco-romaines, comme pour les bustes de Mercure et d’Apollon, la statue de la Fortune, les têtes de Sérapis et d’Esculape provenant du fort byzantin. Des bas-reliefs, des stèles dédiées à Saturne (Ba'al Hammon des Numides) provenant des environs de Timgad et de Lambafundi, sont exposés. Le musée possède une statue de l'empereur Lucius Veru, des nymphes soutenant des coquilles trouvées dans les thermes du Sud. À l'intérieur du musée, un vase colossal représente le sacrifice et l'Amour de Psyché et enfin figurent de nombreuses inscriptions.


Une porte, qui fut celle de la chapelle de Patrice Grégoire, donne accès à des salles, où sont exposées de nombreuses mosaïques qui ont servi de décoration et qui ont été souvent retrouvées dans les thermes ou dans des riches demeures privées, comme la mosaïque avec Neptune sur son char, Vénus, Diane au bain, etc. Le musée est un élément important de la préservation du site et de ses richesses. [...] »


Les stèles votives dédiées à Saturne (images de 3 à 8)

Il s’agit là d’une hypothèse de notre part mais elle semble confirmée par plusieurs observations. Tout d’abord, le dieu phénicien Ba’al Hammon, particulièrement vénéré en Afrique durant la période pré-romaine aurait continué à l’être après la conquête sous la forme du dieu romain Saturne. Celui-ci est souvent représenté assis. Il est barbu et chevelu. Saturne est le maître du temps. On le voit donc avec des représentations qui rythment ce temps : le soleil et la lune, les jours de la semaine, le zodiaque.

Image 3 : Une stèle votive est destinée à commémorer une scène de sacrifice à un dieu. Elle est en général composée de trois ou quatre registres. Le célébrant occupe la partie centrale, à l’intérieur d’un temple. Dans le registre supérieur, on a l’image du dieu vénéré, et, dans le registre inférieur, l’animal du sacrifice.

Image 4 : Registre supérieur de la stèle précédente. Le dieu Saturne, assis, est encadré par les personnifications du Soleil, à gauche, et de la Lune, à droite. Tout comme les Dioscures (dieux romains Castor et Pollux), chacun de ces dieux est accompagné du cheval qui le transporte dans le ciel.

Image 5 : Sur cette stèle, la Lune est à gauche de Saturne, et le Soleil, à droite. Lune et Soleil portent des chapeaux, l’un à croissant de lune, l’autre de rayons solaires.

Image 6 : Autre stèle dans laquelle Saturne est représenté entre la Lune et le Soleil.

Image 7 : Paradoxalement, Saturne apparaît à moitié allongé. C’est bien Saturne : il tient dans sa main tendue son attribut, une faucille. Et, ici encore, il est encadré par la Lune et le Soleil. Nous pensons que cette représentation de Saturne allongé témoigne d’une évolution dans la croyance religieuse. Notre interprétation est que Saturne n’est plus décrit comme un intervenant direct dans la vie des hommes. Saturne est « au repos » suivant une lecture semblable à celle de la Genèse : « Le septième jour, Dieu se reposa ».

Image 8 : Sur cette stèle, Saturne, allongé, brandit sa faucille. Mais il n’y a plus de Lune et de Soleil, ce qui pourrait signifier une nouvelle évolution. À remarquer la différence entre la scène de célébration de la stèle et celles vues précédemment. À gauche, un serpent encercle l’autel du sacrifice, alors qu’à droite, un enfant nu se tord de douleur. Dans le registre inférieur, deux hommes font un gros effort pour soulever sur une guirlande le bélier du sacrifice. Ce qui montre l’importance de ce sacrifice. La présence du serpent et de l’enfant souffrant font envisager un vœu exaucé pour la guérison d’un être cher.

Image 9. Cette stèle est tout à fait différente des précédentes : le dieu représenté n’est probablement pas Saturne. Il est entouré par deux dauphins chevauchés par des hommes. On songe à une religion en rapport avec la mer (le dieu Océan ? Vénus ? Neptune ?). Par ailleurs, le registre médian, tout comme le registre inférieur, sont tout aussi énigmatiques.


Les stèles funéraires (images de 10 à 14)

La principale différence entre stèle votive et stèle funéraire est dans le fait que, pour la seconde, il n’y a pas de célébration par un sacrifice. Souvent les défunts ou le couple de défunts sont représentés. Il peuvent l’être en présence du dieu. C’est le cas de la stèle de l'image 10, le dieu étant Saturne.

La grande découverte que nous avons faite sur Timgad est celle des stèles de repas funéraires. Les repas funéraires sont représentés sur des sarcophages, mais ici c’est un peu différent : c’est la table qui est dressée en vue du repas funéraire pour accueillir le visiteur (images de 11 à 14).

Nous n’avons pas vu de représentation de divinité qui permette d’identifier la religion du défunt.

Mais quelques indices. Ainsi, le poisson qui décore les tables des images 12 et 13 : le poisson était utilisé comme symbole chrétien au temps des persécutions. Il y a aussi l’épitaphe de l'image 13 signalant que Caecilia Matutina a vécu 21 ans (texte proche des épitaphes chrétiennes). Il y a enfin le décor très abîmé de l'image 14. Nous pensons qu'à l’origine il devait y avoir une croix pattée avec seulement trois branches apparentes.


Trois sarcophages sculptés (images 15, 16 et 17)

Nous sommes surpris du petit nombre de sarcophages sculptés présents en Afrique, en particulier de sarcophages chrétiens. Ceci en comparaison avec ce que l’on voit en Europe où, inversement, le nombre et la qualité des mosaïques sont moins importants.


Statues romaines (images de 18 à 26)

La statue de l'image 22 est interprétée comme étant celle du Bon Pasteur. Il s’agit donc, en apparence, d’une statue chrétienne, le Bon Pasteur étant associé à Jésus-Christ. Cependant le dieu païen Hermès est parfois représenté portant sur ses épaules une brebis. Cette statue est-elle donc réellement la statue du Bon Pasteur
Jésus-Christ ? Ou une statue de Hermès ? Nous penchons plutôt pour la seconde hypothèse, car cette statue est sculptée en ronde-bosse, technique que n’utilisaient pas les chrétiens des premiers siècles.


Les mosaïques (images de 27 à 45)

On retrouve à Timgad les mêmes décors de mosaïque rencontrés tout autour de la Méditerranée. Nous ignorons si des études systématiques et statistiques ont été faites pour comparer ces décors dans le détail. Car de nombreuses questions se posent sur la signification de certains décors. Ainsi, nous avons donné pour légende de
l‘image 27 : « Mosaïque à décor géométrique.  », explication très neutre. Mais on constate la présence d’une conque stylisée sur trois des quatre coins de la mosaïque : les conques sont liées à la naissance de Vénus. Et sur les bandes verticales qui encadrent la scène, apparaissent des canthares d’où jaillissent des rinceaux d’acanthes (symbole de vie). S’agit-il là d’un simple décor ? Ou existe-t-il un symbolisme caché ?

La mosaïque de l'image 30 est une mosaïque de victuailles (on dit encore : une xenia). L’explication est la suivante : le propriétaire qui voulait bien accueillir ses invités étalait par terre sous la forme d’une mosaïque, les victuailles qu’il comptait leur offrir (pain, gâteaux, vin, viandes sur pied). C’est ce qui semble être le cas dans la partie centrale. Mais sur la frise du pourtour, on peut voir une représentation en alternance de couples de conques et de couples de dauphins. Les dauphins sont souvent associés au culte de Neptune. Là encore, la question se pose de savoir si on est en présence d’une scène purement profane ou d’une scène mythico-religieuse.

L'image 31 de la tête de méduse d’où sortent des serpents est fréquemment représentée. Mais nous sommes surpris d’une particularité caractéristique de cette tête : elle est de petite taille, inscrite dans un cercle ne dépassant pas 20 cm de rayon. Mais elle se trouve comme ici dans un plus grand ensemble de plusieurs mètres carrés constitué d’un décor imitant des écailles. La question qui se pose est la suivante : pourquoi ne voit-on pas de tête plus grande, couvrant tout le panneau comme celle du dieu Océan de l'image 39 ? Et une autre question annexe : pourquoi ce décor noir et blanc d’écailles et non un décor de bandes entrelacées ?

Image 32 de la mosaïque des Philadelphes. Dans une des pages précédentes consacrée aux monuments de plaisir de Timgad, nous avons cité les Thermes des Philadelphes en ignorant la provenance de cette appellation. Nous pensons à présent que c’est cette mosaïque trouvée dans ces thermes et déposée depuis dans le musée qui en est l’origine. La scène de la partie centrale (image 33 : Antiope, déguisée en ménade, est poursuivie par Zeus, déguisé en satyre) est dominée par l’épitaphe
« FILADELFISVITA », traduite par : Vie des Philadelphes. Cette épitaphe permet de comprendre que certaines scènes mythologiques qui, à l’origine, pouvaient avoir un contenu symbolique ou religieux, ont pu être détournées en scènes érotiques dès l‘antiquité (et c’est encore plus vrai durant les périodes de la Renaissance ou du Classique).


Image 36 : Artémis, couronnée par un nimbe, se baigne toute nue dans un cours d’eau. Deux nymphes, l’une à gauche, l’autre à droite, l’assistent. Actéon est présumé l’épier à partir du haut et de la gauche. On peut voir son reflet dans l’eau. En retour, elle a transformé Actéon en cerf, et il a été mis en pièces par ses propres chiens.

Image 37 : Mosaïque marine de Vénus. La déesse est représentée nue chevauchant un centaure marin, en compagnie d’un autre centaure marin.

Image 40. Cette image était ainsi légendée : « Cette déesse, sous le nom de Dea Patria, était la principale divinité de l’Aqua Septimiane Felix à Timgad. ». Coiffée d’une dépouille d’éléphant, elle est plus connue sous le nom d’Africa.

Image 45. Cette image était ainsi légendée : « Épitaphe chrétienne de Flavia Albula ». L’épitaphe que nous lisons est « SETULA IN PACE VIXIT XXVIII » : « Setula a vécu en paix pendant 28 ans » : Une « Sétula » mais pas de « Flavia Albula ».


Les lampes à huile (images de 46 à 57)

Ces lampes à huile, objets communs, sont de véritables petites œuvres d’art par la qualité de leur réalisation et l’inventivité des décorateurs. On trouve, en effet, une grande variété des décors. Certains sont géométriques (image 46). D’autres sont figuratifs, représentant peut-être le propriétaire de la lampe (image 52) ? Un personnage important (image 53). ? Un diable (image 47) ? Un dieu (image 50) ?

La représentation d’un taureau dont la tête est tournée vers le spectateur pourrait être liée à la religion du dieu Mithra (image 48). C’est un dauphin à trois queues qui est présent sur l'image 49. On trouve ce type de représentation dans les mosaïques marines du dieu Océan ou du Triomphe de Neptune.

Notons enfin les représentations des chrismes dans les lampes des images 55, 56 et 57. Remarquons d’une part l’absence sur chacune des lampes de lettres alpha et oméga. À leur emplacement, ont été percés les trous de remplissage en huile de la lampe. Est-ce tout à fait un hasard ?



Datation envisagée
pour le musée archéologique de Timgad : an 200 avec un écart de 100 ans.