Le site archéologique de Tipaza : généralités 

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La page du site Internet Wikipédia décrivant le site archéologique de Tipaza nous apprend ceci :

« Histoire

Époque punique


L'emplacement du comptoir a été choisi comme un point de relâche entre Icosium (Alger) et Caesarea (Cherchell), offrant un refuge pour les navigateurs sur leur route vers les Colonnes d’Hercule (Gibraltar). Le comptoir se développe et devient vers le IIe siècle av. J._C. une véritable cité punique inféodée à Carthage.
[...]

Époque numide

À part des pièces de céramiques campaniennes, des lampes hellénistiques et des pièces de monnaie représentant Massinissa, Juba Ii et Ptolémée, aucun monument datable de cette époque n'a pu être retrouvé par les archéologues, très probablement en raison des remaniements architecturaux de l'époque romaine. Toutefois, étant sur l'axe routier est-ouest de la Maurétanie, la ville ne pouvait échapper aux rivalités berbères sur ces territoires.
[...] Cependant, la ville connaît un certain essor sous le roi Juba II et devient avec sa capitale Caesaria (Césarée) située à une vingtaine de kilomètres à l'ouest, l'un des foyers de la culture gréco-romaine et un centre de transit et de négoce actif.

En 40 apr. J.-C., Ptolémée, fils de Juba II, est exécuté par Caligula, et la Maurétanie passe définitivement sous administration romaine directe.

Époque romaine


Sous le règne de l’empereur romain Claude Ier entre 41 et 54 apr. J.-C., la Maurétanie est divisée en deux provinces : la Maurétanie césarienne qui tire son nom de sa capitale Césarée (actuelle Cherchell) sur un territoire correspondant au centre et à l'ouest de l'actuelle Algérie, et la Maurétanie tingitane avec Tingis (actuelle Tanger) comme capitale, sur un territoire correspondant au nord de l'actuel Maroc.

En l'an 46, Tipasa prend le statut de municipe de droit latin (jus latinus). Initialement, la ville se situe sur la colline à l'emplacement actuel du phare dominant le vieux port et comporte des maisons, le forum, la basilique judiciaire et le capitole, l'ensemble délimité par une enceinte. La ville s'étend ensuite sur la plaine ainsi que sur les collines Est et Ouest avec de nombreux édifices publics et privés tels que la villa aux fresques ; le tout est entouré d'une enceinte plus grande d'environ 2 200 mètres. Tipasa fut ainsi élevée au rang de colonie romaine : colonia Aelia Tipasensis. La cité reçoit toutes les prérogatives de la citoyenneté romaine et à la fin du IIe siècle, la ville connaît son apogée à l'époque des derniers Antonins et des Sévères avec une population qui s'élève, selon les estimations "avec réserve" de Stéphane Gsell, à 20 000 habitants appelés Tipasitani ou Tipasenses.

Époque paléochrétienne


Dans la première moitié du IIIe siècle, le christianisme y fait son apparition. L'épitaphe de Rasinia Secunda dont le décès est daté au 17 octobre 237 est la plus ancienne inscription chrétienne datée d’Afrique (238).

Du IIIe au IVe siècle, le christianisme a connu un véritable essor, comme en témoigne la multitude d'édifices religieux comme la grande basilique considérée parmi l'une des plus grandes d'Afrique antique, la basilique de l’évêque Alexandre, la basilique de sainte Salsa, ainsi que la multitude de nécropoles développées autour des lieux de culte
.

Au milieu du IVe siècle, Tipasa subit comme beaucoup de cités d'Afrique du Nord, les affres du schisme donatiste. Cette période a été marquée entre 371 et 372 par la révolte de Firmus soutenue par nombreuses tribus indigènes, des pillards ainsi que les donatistes pleins de haine religieuse contre l'Empire romain de Valentinien Ier. Contrairement à Icosium et Caesarea prises d'assaut par Firmus, Tipasa a pu résister à cette invasion ce qui accroît vraisemblablement la prospérité de la ville pour quelques années encore.

Décadence


Bien qu’elle ait été entourée d’une enceinte de protection, cela n’a pas empêché sa destruction en l’an 430 par les Vandales menés par Genséric. À la fin du Ve siècle, sous Hunéric, les chrétiens sont persécutés et fuient par mer vers l’Espagne. En 534, les Byzantins reprennent l'Afrique, Tipasa a dû retrouver une certaine paix et prospérité comme en témoignent certains travaux d'agrandissement, de remplois ou de réadaptations. Au-delà du VIe siècle, la vie continue dans la précarité et le provisoire et Tipasa finit par subir le sort de toutes les cités abandonnées, livrée aux alluvions des oueds et à l'ensevelissement des dunes. [...] »


Commentaires divers concernant le texte de Wikipédia

– Concernant la navigation durant les époques punique puis romaine, nous avons ici une nouvelle confirmation de l’existence d’une chaîne de ports situés le long de la côte Nord de l’Afique de manière à assurer un commerce maritime par cabotage. Ces ports étaient régulièrement espacés, la distance entre deux ports consécutifs sur une ligne commerciale donnée ayant pu augmenter en fonction des progrès de la navigation. Par ailleurs, il pouvait y avoir des ports intermédiaires servant de refuges dans des cas de tempêtes subites. Nous pensons que ces lignes maritimes permettant à des bateaux du Proche Orient d’accéder au détroit de Gibraltar puis de le franchir ont joué un rôle très important dans l’Antiquité. Selon nous, leur contrôle aurait d’ailleurs été à l’origine des guerres puniques.

– Le paragraphe , « En l'an 46, Tipasa prend le statut de municipe de droit latin (jus latinus) ... Tipasa fut ainsi élevé au rang de colonie romaine : colonia Aelia Tipasensis. », nous apprend d’une part que Tipasa est devenue en 46, municipe de droit latin. L’information est nouvelle pour nous car dans les cas précédemment examinés, le qualificatif « de droit latin » n’est pas mentionné. Nous devons nous poser la question de l’importance de cette mention. Y a-t-il eu dans l’empire romain des municipes qui n’étaient pas de droit latin ? Il faut comprendre que dans l’Antiquité, les notions de droit pouvaient être différentes des nôtres. Il y avait certes la loi latine. Mais aussi d’autres lois : la loi des Goths, la loi des Francs. Et, pour l’Afrique, probablement, la loi des Numides, la loi des Maures, la loi des Vandales, etc. Les peuples étant mélangés, il devait y avoir des accords pour régler les litiges en fonction des actes commis et de l’appartenance à un peuple donné du responsable de l’acte commis. Nous avons ici deux exemples de cette complexité juridique. Après son arrestation au Jardin des Oliviers, Jésus Christ passe par deux tribunaux successifs : un juif et un romain. À la fin du premier millénaire, un acte concernant l’église Saint-Jacques de Béziers aurait été écrit en respectant trois lois : la latine, la franque et la gothique.

– La deuxième partie du paragraphe précédent fait envisager que la création de la colonie et celle du municipe ont été simultanées. Nous ne pensons pas que cela puisse être le cas. Les statuts de municipe et de colonie sont différents, et, dans les cas rencontrés auparavant, le statut de colonie est postérieur au statut de municipe. Il faut par ailleurs comprendre que le principe de « colonisation » des romains était différent du nôtre. Ainsi des villes d’Italie conquises longtemps avant les villes africaines ont parfois demandé le statut de « colonie ».

– Examinons à présent les phrases : « Bien qu’elle ait été entourée d’une enceinte de protection, cela n’a pas empêché sa destruction en l’an 430 par les Vandales menés par Genséric. A la fin du Ve siècle, sous Hunéric, les chrétiens sont persécutés et fuient par mer vers l’Espagne. ». La première phrase correspond à ce que nous connaissons sur l’invasion des Vandales (en fait nous en savons peu de choses). C’est la deuxième phrase qui pose question car les chrétiens persécutés par les Vandales fuient par mer vers l’Espagne … d’où viennent les Vandales. Remarquons qu’ils ne fuient pas vers l’Italie ou vers Constantinople où ils seraient censés être accueillis par des bons chrétiens. En fait, nous pensons que cette situation apparemment contradictoire n’est que le résultat d’une carence d’informations : concernant l’histoire du premier millénaire, ce que nous ignorons est beaucoup plus important que ce que nous connaissons.


Toujours selon la page de Wikipédia :

La basilique de Saint-Pierre et Saint-Paul (images de 25 à 37)

« Adossée et s'ouvrant sur les remparts, les vestiges d'une petite basilique datant de la fin du Ve siècle où le culte était rendu aux martyrs Pierre et Paul, attesté par une plaque de marbre actuellement conservée au patio du musée sur laquelle on lit “aux bienheureux Pierre et Paul ...” Les fouilles à l'intérieur de la basilique ont révélé deux sarcophages anonymes ainsi que des lampes ornées de symboles de résurrection (paons, Jonas sortant du ventre de la baleine), du chrisme et de saint Pierre terrassant Satan. Autour des murs de la basilique, de nombreux sarcophages se côtoient particulièrement le long du mur sud où on retrouve 14 autres sarcophages délimités par un enclos ; l'ensemble représente vraisemblablement un martyrium. »

Remarque

Le texte ci-dessus insiste sur les nombreux sarcophages trouvés à proximité de la basilique des saints Pierre et Paul. Nous avons aussi constaté qu’il y en avait à d’autres endroits du site archéologique. Et nous sommes un peu surpris de cela car nous n’avons pas vu ailleurs au Maghreb un nombre aussi important de sarcophages. Nous avions d’ailleurs auparavant été surpris de l’absence de sarcophages dans la grande majorité des sites étudiés en Algérie et en Tunisie. Nous avions envisagé à ce moment-là que la pratique d’enterrer dans des sarcophages de pierre ou dans des tombes rupestres était européenne, ou plus exactement, d’inspiration barbare.

Nous déduisons de cette observation que la colonie de Tipaza aurait pu accueillir des populations barbares venues d’Europe, ayant peut-être transité par l’Espagne qui a accueilli des Goths, des Suèves et des Vandales.

Nous avons cherché en vain un plan et des images par satellite de cette église, qui est probablement cachée par la végétation. Seule l’image 25 est considérée comme appartenant à cette église. Les images 26 et 27 sont celles de la nécropole située à proximité.


Reprenons le texte de Wikipédia :

La basilique d’Alexandre (images de 28 à 30)

« Deux cents mètres plus loin, au sud-ouest, une basilique dédiée à Alexandre, évêque de la cité, jouxte un cimetière des martyrs. Bâtie sur un terrain rocheux, accidenté, l'église est de forme irrégulière, trapézoïdale et développe une contre-abside à l'ouest. Elle fut explorée en 1892 par l'abbé Saint-Gérand, curé de Tipasa. À son chevet, neuf sarcophages réunis forment une estrade qui était recouverte d'une inscription en mosaïque. [...] »


Datation envisagée pour le site archéologique de Tipaza, hormis la basilique des saints Pierre et Paul et celle d’Alexandre qui seraient plus tardives : an 200 avec un écart de 100 ans.