La basilique Sainte-Salsa de Tipaza  

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La page du site Internet Wikipédia décrivant le site archéologique de Tipaza nous apprend ceci :


La passion de Sainte Salsa

« La passion de sainte Salsa est l'histoire d'une jeune fille de quatorze ans animée de la foi chrétienne mais dont les parents sont restés attachés au paganisme. Un jour, ceux-ci l’amènent sur la colline des temples pour assister à une fête en l'honneur d'une idole en forme de dragon en bronze à tête dorée et aux yeux brillants de pierres précieuses. Indignée par les sacrifices et les réjouissances impures de la foule en adoration, elle profite de la nuit pour précipiter la tête du dragon dans la mer. Une fois le sacrilège dévoilé, la fille est lapidée, piétinée et jetée en mer afin de rester sans sépulture. Un marin gaulois ayant jeté l'ancre par temps calme au port de Tipasa, se voit confronté à une tempête qui met le vaisseau en danger. Le soir, il reçoit l'ordre en plein sommeil de recueillir le corps et lui donner sépulture. Il se jette dans la mer, prend le corps dans ses bras et dès que le corps est sorti de l'eau, la mer s'apaise. La jeune fille est ensevelie dans une humble chapelle sur une colline en dehors des remparts. [...] »


Au sujet de la légende de Sainte Salsa

On retrouve de nombreux éléments caractéristiques des croyances de l’antiquité. Le dragon représente le cheval solaire qui, chaque soir, accompagne le soleil dans sa chute vers la mer, et revient le jour suivant. L’acte de Sainte Salsa consistant à jeter une reproduction de ce dragon dans la mer afin qu’il y reste définitivement reproduit peut-être un évènement réel au cours duquel des chrétiens ont jeté une statue de dragon dans la mer.

À la suite de cet acte sacrilège, Sainte Salsa est jetée à la mer. Mais son corps est repêché quelques jours plus tard. On songe à l’histoire biblique de Jonas dévoré par un monstre marin, rejeté trois jours après. Mais dans le cas présent, il n’y a pas résurrection du corps de Sainte Salsa.

Remarquer que le marin qui a repêché le corps de Sainte Salsa est un gaulois. On note à nouveau la présence sur le sol africain, à Tipaza plus précisément, d’un peuple barbare du Nord de la Méditerranée.



La basilique de Sainte-Salsa

« La basilique est située à environ 300 mètres en dehors des remparts au sommet de la colline. Il est très probable qu'initialement à cet endroit, une petite chapelle a été édifiée au milieu d’une nécropole païenne pour abriter le tombeau de la sainte, dans le lieu de sépulture familial. Cette chapelle a été agrandie progressivement pour se transformer en église. La basilique Sainte-Salsa était initialement de forme carrée de 15 mètres de côté ; l’entrée selon l’usage s’ouvre vers l’orient tandis que l’abside a une orientation occidentale, les murs de l’église étaient bâtis en pierre de taille. À l’intérieur, l’église est formée d’une nef centrale de 7 mètres 50 de large délimitée par deux rangées de piliers surmontés d’archivoltes et de deux bas-côtés larges de 2,5 mètres chacun. Au centre de cette basilique, une tombe bien conservée à cause de sa valeur religieuse pour la communauté tipasienne, surmontée par un cippe de forme semi cylindrique, présente une épitaphe qui nous apprend qu’elle appartenait à Fabia Salsa, une matrone très probablement ancêtre païenne de sainte Salsa.

Au Ve siècle, toute la nef centrale excepté le tombeau de Fabia Salsa, était occupée par une mosaïque ornementale ; du côté de l’abside, un cadre entoure une inscription commémorative dédiée à Potenti, très probablement un évêque du milieu du Ve siècle. Dans la première moitié du VIe siècle, l’église a subi d’importantes modifications ; elle a été agrandie pour atteindre 30 mètres de long, les bas-côtés collatéraux ont été surmontés de tribunes dont les escaliers existent encore de part et d’autre de l’entrée. Au nord, une petite porte ouverte dans le mur mène à une
area martyrum (cimetière des martyrs) qui descend en pente vers la falaise. Une chambre quadrangulaire renferme une table à agapes ("mensa"). Au sud, l'église est flanquée d'un enclos funéraire plus somptueux et d'une pièce "des combattants".

À l’intérieur de l’église, le tombeau de Fabia Salsa a été recouvert par un socle revêtu de plaques de marbre et entouré d’une grille. Sur ce socle, un sarcophage en marbre représentant la légende de Séléné et Endymion a été posé ; en raison de son emplacement central et la sauvagerie avec laquelle il a été détruit, S. Gsell avança l’hypothèse que ce sarcophage a renfermé les restes vénérés de sainte Salsa. »


Datation de la basilique

On remarque tout d’abord que les archéologues ont donné une date un peu tardive pour les débuts de la construction : le Ve siècle. Alors que, dans le cas général, on fait démarrer les constructions aux réformes de Constantin (milieu du IVe siècle).

Mais ce qui nous intéresse le plus est la suite : « Dans la première moitié du VIe siècle, l’église a subi d’importantes modifications ; elle a été agrandie pour atteindre 30 mètres de long, les bas-côtés collatéraux ont été surmontés de tribunes dont les escaliers existent encore de part et d’autre de l’entrée. ». Elle nous informe que la pratique consistant à construire des tribunes accessibles pourrai remonter au VIe siècle. Cette information peut se révéler importante pour nos recherches en évaluation des nefs à trois vaisseaux.

Datation envisagée pour la basilique Sainte-Salsa de Tipaza : an 450 avec un écart de 100 ans.