Le musée du Bardo à Tunis : le palais et quelques collections
Nous avons eu l’occasion de visiter ce
musée archéologique durant notre voyage effectué en Tunisie
en avril 2025. La plupart des images de cette page ont été
prises lors de cette visite. Les autres ont été extraites de
galeries d’images d’Internet afin de compléter
l’information.
La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site
archéologique nous apprend ceci (extraits) :
«
Histoire
Le palais du Bardo, dont le musée fait partie, est un
ensemble de bâtiments édifiés à partir du XVe
siècle. Comme les autres palais des souverains de Tunis,
tels ceux de Ma Marsa, Carthage, Hammam Lif, La Goulette,
Mornage et La Manouba, ce palais a été construit à environ
4 kilomètres en dehors de la médina de Tunis, au milieu
d'une grande plaine. Il emprunte son nom au mot espagnol
prado qui
signifie pré ou jardin.
Selon Paul Sebag, le palais a été construit sur le modèle
des résidences princières de l’Andalousie musulmane, avec
l'aide d'artistes andalous.
Le
palais a bénéficié de plusieurs restaurations et
extensions durant le règne des beys mouradites : Hammouda
Pacha Bey (1631-1666) restaure et embellit ainsi le palais
et en fait la résidence permanente de la dynastie. À
partir du XVIIIe siècle, les beys husseinites
successifs font agrandir et embellir leurs possessions du
Bardo ; une mosquée, des salles d'apparat parmi lesquelles
une salle de justice et une salle pour les audiences
beylicales, ainsi que des fortifications complètent le
dispositif. Ultérieurement, le mur méridional du palais
est remplacé par une esplanade. [...]
À
partir d'octobre 1882, avec la mort de Sadok Bey, son
frère et successeur Ali III Bey, installé dans son palais
de La Marsa, ramène les femmes du bey défunt (dont Lalla
Kmar) dans son harem; les bâtiments du harem de Sadok Bey
au Bardo, désormais inutilisés, sont cédés aux autorités
du protectorat dès le mois de novembre et abritent les
collections antiques dès 1888. Le palais de Mahmoud Bey
abrite pour sa part les collections arabes dès 1900. En
1899, les autorités adjoignent au Grand Palais un second
espace, le Petit Palais, construit en 1831-1832, qui
abrite désormais les collections d’art islamique.
De nos jours, le musée du Bardo prend place dans le Grand
et le Petit Palais auquel on accède par la façade à
portiques et colonnettes de marbre rouge aménagée en 1968.
[...] »
La page de Wikipédia poursuit sa description du musée et de
ses collections. Bien qu’il y soit écrit, « En
raison de l'ampleur des collections, il ne saurait être
question dans ce cadre de présenter ici l'ensemble des
pièces exposées. », cette page se révèle très
intéressante et nous en conseillons vivement la lecture.
Nous parlerons plus particulièrement dans cette page de nos
« coups de cœur » avec, en première partie, les salles du
palais du XIXe siècle, en seconde partie, la
première approche du musée avec la découverte d’œuvres
spectaculaires, et en troisième partie certaines pièces du
musée qui soit n’appartiennent pas à notre cadre d’étude, le
premier millénaire de l’ère chrétienne, soit ne font pas
partie des deux pages suivantes : les mosaïques romaines et
les œuvres paléochrétiennes. Ajoutons par ailleurs que dans
certaines pages étudiées auparavant comme Oudhna ou Thuburbo
Majus, nous avons eu l’occasion de décrire certaines œuvres
déposées dans ce musée : nous ne reprendrons pas ces
descriptions.
Le palais du XIXe
siècle (images de
1 à 9)
Image 5 : Ce
magnifique décor date du XIXe siècle. Et
pourtant, le thème qui est ici décrit s’apparenterait plus à
un thème développé sur des mosaïques du IVe ou Ve
siècle (des rinceaux portant des feuilles, des fleurs et des
fruits jaillissant d’un cratère) : le thème de l’Arbre de
Vie.
Image 6 : Et de
même pour cet autre décor. Si, dans la partie supérieure, on
croit reconnaître une mosquée très stylisée, on identifie
plus facilement dans la partie inférieure deux oiseaux
symétriques picorant dans un vase. C’est la scène très
classique que nous appelons « les oiseaux au canthare »,
fréquente au IVe siècle, et que nous avions cru
disparue depuis.
Parcours dans le musée (images
de 10 à 15)
Dès l’entrée dans le musée, nous pouvons voir une grande
mosaïque posée sur le sol (image
10). Elle représente un ensemble de plusieurs îles
contenant des ports dédiés à Vénus. Nous consacrerons très
prochainement une page entière sur cette mosaïque, et, d’une
façon plus générale, aux ports dédiés à Vénus.
Un peu plus loin, le visiteur se trouve face à une très
grande mosaïque dressée presque à la verticale (image
11 : partie inférieure ; image
12 : partie supérieure). Elle représente, au
centre, le triomphe de Neptune. Celui-ci est entouré de
médaillons contenant des Sirènes et des Néréides chevauchant
des monstres marins. Là encore, pour cette mosaïque, nous
consacrerons une page spéciale.
On poursuit la visite en direction d’un couloir pavé de
mosaïques. Une belle statue antique a été placée à l’entrée
de ce couloir. Elle représente la Concorde, déesse de la
Paix (IIe-IIIe siècle après J.-C. ;
marbre ; Gigthis ; Henchir Bou Ghrara). Elle a été placée
pour commémorer l’attentat ayant eu lieu à cet endroit le 18
mai 2015 et ayant causé la mort de 21 personnes (image
13).
La visite continue avec ce long couloir pavé de mosaïques
romaines (images 14 et 15).
Nous sommes surpris de pouvoir marcher sur ce pavement
antique. Mais il faut dire que dans beaucoup de sites
archéologiques de Tunisie, on marche sur des mosaïques qui,
de toute façon, seront dégradées à cause de la végétation.
Les collections libyques ou puniques (images
de 16 à 20)
Image 16 : Deux
bétyles. Les surfaces apparaissent planes. En fait, une vue
plus agrandie fait apparaître des traits de gravure.
Image 17 : Statue
de Ba’al Hammon, divinité phénicienne qui été ultérieurement
vénérée sous le nom de Saturne.
Image 18 : Pierre
sculptée montrant huit divinités ; une déesse occupant la
cinquième position est encadrée par sept dieux barbus.
Image 19 : Trois
stèles de « la Ghorfa ». Le musée du Bardo en possède sept.
Pour en savoir plus lire de commentaire de l'image
14 de la page
concernant le musée archéologique de Makhtar (sur le
présent site Internet). Ce musée possède trois autre stèles
de la Ghorfa.
Image 20 :
Cuirasse de Ksour Essef. IIIe-IIe
siècle avant J.-C.
Les collections romaines (images de 21 à 24).
Nous présentons ici quelques sculptures romaines exposées
dans le musée.
Image 21 : Statue
d’Apollon, dieu de la musique et du chant, de la beauté
masculine. Époque romaine ; théâtre de Carthage.
Image 22 : Autel
de la Gens Augusta, avec, en arrière-plan, une mosaïque de
chasse à courre.
Image 23 :
Mosaïque des jours de la semaine et du zodiaque, observée
dans notre parcours du musée. Cette mosaïque fera l’objet
d’une page spéciale.
Image 24 :
Diverses têtes sculptées d’empereurs, d’impératrices ou de
personnages moins connus de l’époque impériale romaine.
Les collections musulmanes
(images de 25 à 27)
Lors de cette visite du musée, nous n’avons pas eu assez de
temps pour voir les collections musulmanes exposées qui sont
d’ailleurs en moins grand nombre que les autres œuvres du
musée et, en particulier, les mosaïques romaines. Y a-t-il
là une moins grande importance des collections musulmanes ?
Ou le fait que les mosaïques ou sculptures romaines sont
plus prisées par les touristes ? Toujours est-il que ces
œuvres nous ont impressionnés par leur qualité artistique et
un certain côté mystérieux qui les entoure. Nous ne voyons
pas en effet le fil conducteur entre, d’une part, les
réalisations artistiques romaines et byzantines de Tunisie
et les œuvres exposées ci-dessous.
Image 25 : Le
Coran bleu. En voici la description par un panonceau du
musée : « Unique
en son genre et d’une grande célébrité, le Coran dit bleu
fait partie d’une importante collection de manuscrits de
différents types datés des cinq premiers siècles de
l’Hégire (VIIe-XIIe siècle). Copié
sur un parchemin de couleur bleu indigo, ce coran est
l’œuvre d’artisans habiles dans le traitement et la
teinture du parchemin, la calligraphie et le choix du type
d’écriture ainsi que la pose des lettres tracées en encre
dorée et fixées avec du blanc d’œuf et entourées avec de
l’encre marron afin de dissimuler toute trace de
distraction de l’artisan. Le décor végétal, très répandu,
se signale par un bandeau formé d’un rinceau feuillu
stylisé et doré, ponctué de rouge et de bleu ; il indique
le début de la sourate. La division des versets est
indiquée par des rosettes argentées, aujourd’hui oxydées.
»
Image 26 :
Ensemble de pièces de monnaie en or. On ne distingue pas de
représentation humaine ou animale mais des inscriptions en
caractères coufiques, probablement des versets du Coran.
Image 27 : Plat en
céramique vernissée (IXe-XIe siècle).
Datation
Il est difficile de proposer une datation pour l'ensemble
des œuvres d'un musée national, du fait que chacune des
œuvres a sa propre datation au cours d'une période qui peut
dépasser un millénaire. Cependant, il arrive parfois qu'une
grande majorité d’œuvres appartiennent à une période de
taille plus réduite. C'est le cas ici : les œuvres exposées,
dans leur grande majorité, remontent à la première moitié du
premier millénaire.
En conséquence, nous proposons comme datation
pour les œuvres exposées du musée du Bardo, l'an
300 avec un écart de 200 ans.