Le musée du Bardo à Tunis : les sarcophages sculptés
Concernant les informations générales
sur ce musée, son histoire, sa visite, lire la page
antérieure intitulée Le
musée du Bardo : palais et quelques collections.
Lors de notre visite de ce musée, nous avons eu l’occasion
de photographier certaines œuvres sculptées qui ne
semblaient pas retenir l’attention du public. C’étaient
principalement des stèles, cippes ou sarcophages à
destination funéraire. Certes, les thèmes funéraires
représentés ont moins de célébrité que les thèmes
mythologiques ou historiques qui ont permis de créer les
statues de divinités antiques ou d’empereurs romains que
l’on voit au musée du Bardo. Mais ils se révèlent plus
importants pour nous par ce qu’ils révèlent de la vie des
gens de l’époque, de leur système de pensée. Nous estimons
en effet qu’une sculpture funéraire ne peut pas être un
simple décor car l’évocation de la mort suscite une
réflexion profonde sur la vie et le devenir. Les images
suivantes devraient nous poser des questions : pourquoi les
Saisons sont-elles représentées ? Pourquoi les Trois Grâces
? Pourquoi les strigiles ?
Image 1. Affichette
du musée : « Stèle
funéraire de Marcus Licinius Fidelis originaire de Lyon
qui a servi comme cavalier dans la IIIe Légion
d'Auguste pendant 16 ans et décédé à l’âge de 32 ans. Iersiècle
ap. J.-C. Hammaedara (Haïdra). »
Image 2. Affichette
du musée : « Cippe
funéraire en quatre faces dont trois sont sculptées et une
porte une épitaphe bilingue latine et néo-punique de
Quarta, fille de NypTtn et épouse de Celer qui a vécu 59
ans. Fin du Iersiècle - début du IIe
siècle ap. J.-C. ; Calcaire ; Gales (Djebel Mansour). »
Image 3 :
Ensemble de trois cippes funéraires. Affichette du musée
concernant celui de gauche : « Cippe
en forme d’autel de la sage-femme Caelia Bonosa Mazika qui
a vécu 42 ans et trois mois ainsi que de son époux Publius
Flavius Felix qui a vécu 75 ans et six mois. Dans le
fronton, un siège de prêtre. Sur la face : banquet funèbre
; un homme et une femme servis par des Amours. Deuxième
moitié du IIe siècle ap. J.-C. ; Calcaire
; Mustis (Henchir Mest). »
Image 4. Affichette
du musée : « Cippe
funéraire en trois faces d’une famille de
Defensores publici
: le père, la mère, le fils ou le gendre, la fille.
[...] Milieu
du IIIe siècle ap. J.-C.. ; Calcaire ; Mactaris
(Makthar). »
Image 5. Affichette
du musée : « Sarcophage
en marbre ; Au centre, l’époux et sa femme échangent une
poignée de main, signe de leur union, en présence d’un
petit génie, Hyménée, divinité grecque qui préside au
mariage. De part et d’autre, les Quatre Saisons : l’Hiver,
l’Automne, le Printemps et l’Été. Vers 235 ap. J.-C..
Henchir Romana au Sud-Est de Téboursouk. »
Image 6.
Affichette du musée : « Sarcophage
à strigiles ; marbre. Deux défunts : à gauche, la femme, à
droite son époux. Atelier de Rome. Première moitié du IIIe
siècle ap. J.-C. Environs de Curubia (Korba). »
Image
7. Affichette du musée : « Sarcophage
en marbre. Les Neuf Muses. Atelier de Rome. Premier quart
du IIIe siècle (Ghar el Mell). »
Image 8. Affichette
du musée : «
Sarcophage en marbre. Le jeune défunt qui tient un
rouleau, signe de culture, est encadré par les Quatre
Saisons. Fin du IIIe siècle, trouvé dans un
tombeau, près de Carthage. »
Image 9. Affichette
du musée : « Sarcophage
en marbre . Les Trois Grâces, divinités romaines de la
beauté (Aglaé, Thalie et Euphrony me) entre les Quatre
Saisons : le Printemps, l’Été, l’Automne et l’Hiver,
atelier de Rome. Vers 300 ap. J.-C. Oued Er’mel. En
remploi dans le baptistère d’une église. »
Image 10.
Affichette du musée : « Sarcophage
à strigiles (ondulations), en marbre. Au centre se trouve
le défunt. À chaque extrémité, un génie funéraire appuyé
sur une torche renversée, symbole de la mort. IIIe
siècle. Lieu de découverte inconnu. »
Image 11.
Affichette du musée : « Sarcophage
à strigiles (ondulations), en marbre. Au centre se trouve
le défunt. Le sarcophage avait été remployé à l’époque
vandale (428-533 ap. J.-C.) pour y inhumer une femme
accompagnée de riches bijoux. IIIe siècle ;
Carthage Koudiat Zasteur. »
Image 12.
Affichette du musée : « Sarcophage
en calcaire. Le défunt est étendu sous les arbres, au
repos. À chaque extrémité, un génie funéraire appuyé sur
une torche renversée, Atelier local. Fin du IIIe-
début du IVe siècle, Environs du Kef. »
Éléments de conclusion de
cette visite
Nous constatons d’abord le petit nombre de sculptures
funéraires de ce musée. Nous sommes certes convaincus que la
collection lapidaire est nettement plus importante et que
les pièces présentées ici ne sont que les plus
représentatives de cette collection. Cependant, nous sommes
obligés de constater, d’une part, la très grande richesse de
ce musée en ce qui concerne les mosaïques romaines (le plus
important au monde ... et celui de Sousse est lui aussi très
riche), et d'autre part, une relative pauvreté en ce qui
concerne les sculptures funéraires : il suffit de comparer
avec le musée archéologique d’Arles, sur ce site Internet.
Mais d’autres musées en France ou en Italie sont, de même,
riches en sculptures funéraires et pauvres en mosaïques.
Dans les pages de conclusion sur la Tunisie, nous essaierons
d’apporter une réponse à cette anomalie.
Image
13. Affichette du musée : « Sarcophage
de Tilla, décoré de thèmes bibliques évoquant le Salut
Éternel de la défunte ; Jonas, Daniel, le Bon
Pasteur et la barque, symbole de l’Église. Hammamn-Lif-
Naro-; fin du Ve siècle ap. J.-C. »
Image 14. Détail du
couvercle du sarcophage de Tilla : croix à l’intérieur d’une
couronne ?
Image 15. Autre
détail du couvercle du sarcophage de Tilla : homme nu en
attitude d’orant ?
Datation envisagée
pour les sarcophages sculptés du musée du Bardo : an 200
avec un écart de 100 ans.